Editorial

 

Marine Le Pen sera-t-elle élue à l’Elysée ?


Et si l’impensable se produisait ? Marine Le Pen va-t-elle être élue à la magistrature suprême le 7 mai au soir ? Cela paraissait inimaginable il y a encore quelques semaines, ce n’est pas encore aujourd’hui l’hypothèse la plus probable mais plus personne dans les chancelleries ne repousse d’un revers de main cette éventualité. Tout en effet sourit à la candidate du Front national : l’affaire Fillon qui déboussole l’électorat de droite dont une partie, déstabilisée et écœurée, se dit prête à voter pour elle, l’attentat du Louvre et le projet d’attentat dans l’Hérault qui montrent le danger plus menaçant que jamais du terrorisme islamique sur notre territoire, et désormais les banlieues allogènes qui brûlent à nouveau à la suite de l’affaire Théo. Tout concourt à placer sur orbite la présidente du Front national : en interne une gauche décrédibilisée après cinq ans aux affaires et atomisée entre trois principaux candidats qui se neutralisent (Hamon, Macron, Mélenchon), une droite traumatisée par les révélations chaque jour plus dévastatrices sur son candidat, à l’international des événements successifs stupéfiants : la victoire du Brexit le 23 juin dernier au Royaume-Uni, le succès de Donald Trump le 8 novembre aux Etats-Unis, les scores impressionnants du FPÖ autrichien qui, le 4 décembre, manque de peu l’accession de son candidat à la présidence de la République, la victoire du non le même jour au référendum constitutionnel en Italie, qui a conduit à la démission du président du Conseil Matteo Renzi. La colère des peuples autochtones qui en ont assez de la mondialisation sauvage, d’une immigration de remplacement, du chômage de masse et de la perte de tous les repères semble capable de tout renverser sur son passage. 

Tout à leur envie de manifester leur mécontentement et leurs frustrations, les électeurs ne semblent ne tenir aucun compte ni des emplois supposés fictifs des assistants FN au Parlement européen ni du financement présumé illicite du parti. La violente crise qui a opposé en décembre Florian Philippot et Marion Maréchal-Le Pen révélant les fortes tensions existant au sein du parti entre deux lignes et deux ambitions est également tombée aux oubliettes. La candidate du FN ne semble pas davantage souffrir dans l’opinion des démêlés politico-judiciaires avec son père. Aux yeux du grand public elle bénéficie d’une certaine virginité dans un paysage politique qui apparaît comme un champ de ruines, sans doute parce que le Front national est le seul grand mouvement à n’avoir jamais été aux responsabilités sur le plan national et aussi parce que le nom Le Pen qu’elle porte, et qu’elle a pourtant tout fait pour effacer — ne voulant retenir que son seul prénom, d’ailleurs d’emprunt —  est le symbole pour le Français de base d’un combat constant contre l’immigration massive et pour la France française.


Bien sûr il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Le Front national est un parti de premier tour mais il n’a pas encore prouvé qu’il pouvait percer, seul contre tous, le plafond de verre des 50 % des suffrages exprimés au second tour. Il peut y parvenir occasionnellement à l’échelle d’un canton, d’une commune, d’une circonscription mais pas encore à l’échelon d’un département, d’une région, a fortiori du pays tout entier (qu’on songe à son échec aux départementales de mars 2015 qui ont pourtant eu lieu après l’attentat contre Charlie et aux régionales de décembre 2015, pourtant trois semaines seulement après le massacre du Bataclan). Or, contrairement à ce qui prévaut outre-Manche et outre-Atlantique, le système électoral français repose pour toutes les élections, à l’exception des européennes, sur un scrutin à deux tours. Le plus défavorable qui soit pour le Front national car lorsqu’il arrive largement en tête au premier tour, cela laisse le temps et la possibilité à ses adversaires de se coaliser et d’empêcher sa victoire comme on l’a vu fin 2015 en PACA et dans les Hauts de France.

Si comme c’est probable aujourd’hui la candidate du Front national arrive largement en tête le 23 avril au soir, ses adversaires auront quinze jours pour se coaliser, constituer un front républicain, réenclencher artificiellement la mécanique de la diabolisation pour sauver leurs places et leurs prébendes et empêcher son élection. Ne dit-on pas d’ailleurs que dans un scrutin à deux tours « au premier on choisit et au second on élimine » ? Rappelons par ailleurs que Donald Trump a gagné aux Etats-Unis en nombre de grands électeurs (306 contre 232) et d’Etats conquis (30 contre 20) mais il a obtenu moins de voix que sa rivale au niveau national, les grandes villes de la côte Est et de la côte Ouest très libérales-libertaires et comptant nombre d’Américains fraîchement naturalisés ayant plébiscité Hillary Clinton. La pondération introduite par le système des grands électeurs destinée à conserver l’influence des Etats ruraux n’existe pas chez nous et c’est une difficulté supplémentaire pour une candidate handicapée d’une part par la composition sociologique des grandes villes composées pour l’essentiel de bobos et de Français de papier, d’autre part par le poids, non négligeable lors d’une présidentielle, du vote ultra-marin et des Français de l’étranger, catégories jusque-là bien peu favorables au FN. Il est donc peu probable que Marine Le Pen franchisse le 7 mai le seuil fatidique des 50 % plus une voix. Peu probable mais pas totalement impossible. Imaginons en effet que les banlieues brûlent comme lors des émeutes du Ramadan 2005 pendant de longues semaines, que de surcroît des attentats faisant un grand nombre de victimes, comme à Nice ou au Bataclan, se produisent avant le 23 avril et tout alors deviendrait immaîtrisable. Les cartes seraient redistribuées.


L’hypothétique élection de Marine Le Pen constituerait évidemment un séisme politique en France et en Europe dont il est difficile de prévoir d’ores et déjà les répercussions. Il est cependant peu probable qu’elle suffise à régler la question de l’immigration. Car si le Front national a raison de soutenir la police scandaleusement lynchée par les media des jours entiers dans une affaire où l’on ne sait rien de certain et où les pouvoirs publics et la presse préfèrent croire la version des faits d’un “Jeune” plutôt que celle de policiers assermentés, il se garde bien de proposer la seule vraie solution qui est la réémigration de ces populations inassimilables. Quand bien même augmenterait-on en effet les effectifs et les moyens de la police, de la gendarmerie voire de l’armée, quand bien même leur apporterait-on tout le soutien moral et matériel dont elles ont besoin, cela ne réglerait pas le problème de fond. Tant que ces bandes ethniques qui haïssent la France et qui se plaisent à détruire tous les symboles de l’Etat resteront sur le territoire national, il est vain d’espérer un retour durable au calme et une pacification de ces territoires occupés, de ces zones de non-droit où le trafic de drogue, le trafic d’armes et tous les trafics se donnent libre cours. Dès que la police procède à un contrôle d’identité, essaie de démanteler un réseau mafieux, c’est aussitôt l’émeute. Et l’on ne compte plus les guets apens non seulement contre les forces de l’ordre mais aussi contre les pompiers, le Samu, les ambulanciers, les médecins, les chauffeurs de bus. « Rien qu’à Bobigny, les unités de forces mobiles engagées le 11 février au soir ont dû tirer plus de 100 grenades lacrymogènes pour faire reculer les assaillants  » confie au Figaro un gradé des CRS.

Car les violences consécutives au contrôle d’identité le 2 février de Théodore — que les media ont rebaptisé avec affection Théo et qu’ils font passer pour une victime innocente et un saint à canoniser sur-le-champ — n’ont cessé de s’étendre ces derniers jours, d’Argenteuil à Bobigny, d’Aulnay à Tremblay-en-France, du Blanc-Mesnil à Stains en passant par Neuilly-sur-Marne : voitures et bus incendiés, policiers, pompiers et journalistes caillassés. Dans le Val-de-Marne, le domicile du syndicaliste policier qui a déclaré sur BFMTV trouver le terme “bamboula” « à peu près convenable » fait l’objet d’une “sécurisation”, par peur de représailles. Le policier accusé de viol par Théodore lors de l’interpellation d’Aulnay est, quant à lui, ouvertement menacé de mort sur les réseaux sociaux tandis que, dans les mots d’ordre des émeutiers, le parallèle est établi entre cette affaire et le sort des deux jeunes immigrés de Clichy-sous-Bois, Zyed et Bouna, dont la mort, dans un transformateur électrique après une course-poursuite avec la police, le 27 octobre 2005, avait conduit aux émeutes, contraignant Chirac à décréter un couvre-feu. Ainsi un SMS a appelé à un rendez-vous devant la mairie de Drancy pour en découdre avec les “keufs”, au nom de « Théo, Adama, Zyed, Bouna ». Le 12 février, les pompiers étaient appelés pour un « feu de voiture » dans le quartier du Crozet à Scionzier en Haute-Savoie. En fait de voiture, ils trouvaient un amoncellement de portes en feu, et des bouteilles de gaz déposées à côté. Et pour couronner le tout, les sapeurs-pompiers recevaient des pierres au moment d’intervenir. Et face à tout cela que fait le gouvernement ? Il reçoit les associations dites antiracistes (LICRA, LDH, Sos-Racisme, MRAP…) et écoute deux heures durant le 13 février leurs doléances et leurs récriminations contre la police. On marche sur la tête. Les pouvoirs publics ne font pas preuve de laxisme envers les émeutiers. Ils font preuve de complicité active et criminelle envers des délinquants qui insultent, menacent, détruisent et dont la haine de la France et des Français peut conduire à tout moment aux pires extrémités. Face à cela il faudrait, il faudra un pouvoir fort, nationaliste, qui ne se contente pas de demi-mesures et qui procède avec énergie et détermination à une large réémigration.


RIVAROL,

<jeromebourbon@yahoo.fr>.