Rivarol n°3457 du 3/2/2021
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Rivarol n°3457 du 3/2/2021 (Papier)

Editorial

Mémoire, immigration, censure et dissolution

A l'instar du dîner annuel du CRIF, la « Journée internationale à la mémoire des victimes de la Shoah », chaque 27 janvier, est l’occasion de nouvelles concessions exorbitantes faites aux organisations juives : indemnisations financières, restriction de la liberté d’expression et de recherche, construction de nouveaux centres de mémoire, grandes déclarations d’allégeance à la synagogue. Dès que les pouvoirs publics, les géants du web rencontrent le Congrès juif mondial ou une autre structure de ce type, ils se soumettent avec empressement et manifestent leur docilité. Quelques exemples récents parmi d’autres : Amazon a annoncé la suppression de 92 publications révisionnistes après des discussions avec des dirigeants juifs. Parmi ces ouvrages figurent Le Rapport Leuchter, L’escroquerie des Six Millions et Le Mythe d’Auschwitz — Légende ou réalité. Amazon, tout à sa frénésie de complaire aux organisations communautaires, a également supprimé de nombreux volumes du Journal for Historical Review, une publication de grande qualité intellectuelle qui existait de 1980 à 2002 et qui était ouvertement révisionniste. Ces publications ont été supprimées d’Amazon Grande-Bretagne, ainsi que dans dix-sept centres différents où Amazon opère ; plus de 850 liens vers ces publications sur les sites Web d’Amazon ont été supprimés. Ce matériel révisionniste a été retiré après que les représentants du Congrès juif mondial et du Conseil des députés des juifs britanniques ont rencontré l’équipe des politiques publiques d’Amazon Grande-Bretagne. Marie van der Zyl, vice-présidente du Congrès Juif mondial, a déclaré : « Alors que nous nous réunissons pour commémorer le Jour de la Mémoire de l’Holocauste, nous saluons la décision d’Amazon de retirer de son offre plusieurs titres de publications négationnistes. La négation de l’Holocauste est sans équivoque antisémite ; il prétend que l’Holocauste a été fabriqué et que, par conséquent, les Juifs mentent pour faire avancer un programme néfaste. » 

Le pire, c’est la réaction d’Amazon qui se vante d’exercer une censure pour complaire à la coterie juive : « Nous prenons au sérieux les préoccupations du Conseil des députés des Juifs britanniques et du Congrès juif mondial et avons travaillé avec eux directement sur cette question. En tant que diffuseur, nous pensons qu’il est important de donner accès à l’écrit. Nous sommes conscients que l’histoire du monde a multiplié les exemples de censure des livres et nous ne prenons pas cela à la légère. Nous examinons attentivement les contenus que nous mettons à disposition dans nos centres de diffusion et examinons régulièrement nos critères, en écoutant les commentaires, en évaluant notre politique et en enquêtant sur les préoccupations de nos clients. Nous investissons beaucoup de temps et de ressources pour nous assurer que nos consignes relatives au contenu sont respectées et supprimons les offres qui ne respectent pas nos consignes. »

Il est donc manifeste que nous avons affaire à une censure juive, qui s’étend à tous les domaines désormais : les réseaux sociaux, l’imprimé, et qui ne tolère aucune exception. Plutôt que de supprimer des contenus révisionnistes, pourquoi ne pas tenter de les réfuter ? Cela ne devrait pas être si difficile puisqu’on nous dit qu’ils sont mensongers et absurdes. Ou alors les choses seraient-elles plus complexes qu’on nous le dit ?

Quand ce n’est pas la censure de livres et de périodiques, c’est le versement de nouvelles indemnisations financières qui est au programme. Le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel a ainsi annoncé le 27 janvier la signature d’un accord jugé historique avec la communauté juive. Quand on parle d’accord ou de dialogue avec ladite coterie, c’est en fait toujours une capitulation sans condition, comme c’est le cas du dialogue religieux entre les catholiques (ou prétendus tels) et les juifs. L’accord est conclu notamment avec la Fondation luxembourgeoise pour la mémoire de la Shoah, dont le président luxembourgeois François Moyse a salué « la fin d’une terrible injustice ».

Il prévoit le versement d’un million d’euros — somme jugée comme seulement “symbolique” pour les organisations juives — aux “survivants” (chaque jour plus nombreux) et ayants-droit des déportés ayant vécu au Grand-Duché pendant la Seconde Guerre mondiale. La Fondation pour la mémoire de la Shoah se voit par ailleurs dotée de 120 000 euros par an pendant une durée de trente ans (oui, vous avez bien lu !) pour poursuivre son travail mémoriel. Par ailleurs, tout un symbole, le couvent de Cinqfontaines (au nord du Luxembourg) doit être acquis et rénové par l’État pour y créer un « centre éducatif et commémoratif » avec un investissement de 25 millions d’euros. Rappelons qu’en 1998, les banques suisses avaient accepté d’indemniser les juifs à hauteur de 1,1 milliard de francs. Cela ne s’arrête jamais.

Toujours dans le même ordre d'idées, le président du Conseil européen, Charles Michel, a fait le 27 janvier une déclaration solennelle d’allégeance au culte holocaustique, au nom de toute l’Union européenne : « Se souvenir de l’Holocauste est un devoir moral et historique. Pas seulement pour rendre un hommage aux victimes, mais aussi pour renouveler notre allégeance (sic !) à nos valeurs humaines les plus profondes. […] C’est sur le sol européen que l’Holocauste a été orchestré, et que la haine des Juifs a été nourrie. […] Combattre l’antisémitisme de toutes ses forces est notre devoir commun. Le discours antisémite est un discours de haine et nous le punirons. Nous veillerons à ce que la vie des Juifs européens en Europe reste aussi naturelle et normale que la vie de tout autre Européen, quelle que soit leur origine ou leur croyance ». La directrice générale de l’UNESCO, la communautaire Audrey Azoulay, a, quant à elle, appelé à la vigilance : « Je lance un appel à la vigilance et à l’action, pour lutter contre les causes profondes de la haine et empêcher que de nouvelles atrocités ne soient commises ». Au Parlement européen à Bruxelles, une cérémonie commémorative virtuelle « en mémoire des victimes de l’Holocauste » a été organisée à l’hémicycle en présence des parlementaires. David Sassoli, président du Parlement européen, a invité à la vigilance et à la responsabilité. « Evitez le négationnisme et les pertes de témoignages. Nous devons avoir une conscience pour prévenir et intervenir lorsqu’on sent se diffuser les graines du mal absolu. Il faut lutter pour un monde meilleur, un monde de libertés et de justice, en honorant la mémoire des disparus », a souligné Sassoli.

Comme le note l’excellent rédacteur de Bocage info, « les Européens, de victimes du nazisme, sont maintenant promus complices implicites de l’Holocauste. C’est ainsi que la Commission anti-européenne instrumentalise un Dogme incapacitant pour masquer sa politique génocidaire à l’encontre des peuples européens par une invasion migratoire de masse et les pandémies. » Car il est évident, comme nous l’avons souvent écrit et démontré, que le Dogme holocaustique sert à tuer les défenses immunitaires des Européens et à empêcher toute résistance contre la submersion migratoire du Vieux Continent. A preuve la dissolution réclamée à cor et à cri par la LICRA et autres organisations de ce type de Génération identitaire coupable d’avoir organisé quelques actions coup de poing, essentiellement symboliques et médiatiques, contre l’invasion des migrants. Les pouvoirs publics veulent dissoudre ce mouvement parce qu’il s’oppose à l’immigration de masse. C’est une preuve de plus que les différents gouvernements ne sont là que pour organiser et mener à son terme le Grands Remplacement, et non pour défendre et préserver le peuple français. Quant à la LICRA, elle ne manque pas d’audace : elle exige la dissolution de Génération identitaire qui n’a conduit que des actions pacifiques, ne faisant aucun blessé, même léger, mais elle n’avait rien trouvé à redire au massacre, lui réel, d’une grosse cinquantaine de Palestiniens tués par l’armée israélienne en mai 2018. Ils étaient venus manifester lors du 70e anniversaire de l’entité sioniste pour défendre leur territoire et avaient été tirés comme des lapins parce qu’accusés d’avoir franchi la frontière, pourtant seulement marquée au sol, entre la bande de Gaza et l’Eretz. Est-il possible de faire preuve de davantage de cynisme 

Jérôme BOURBON, RIVAROL.

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Billet hebdomadaire

Anne-Claire, le Ramponneau et le Prince

Voilà quelques années parut un livre intitulé La madone et le culbuto, censé raconter l’histoire de Ségolène Royal et François Hollande. Pour Ségolène, il y avait maldonne confinant au blasphème, car l’agitée du Meldois n’a jamais rien eu d’une Madone, même des sleepings ; mais pour Hollande, ce n’est pas si mal vu : l’homme a le physique rond, lisse, et bas du centre de gravité qu’ont ces jouets, et comme eux, il s’est longtemps relevé tout seul des innombrables coups de pieds au derrière que son caractère appelait. En France, cet objet ludique qui doit ses surprenants redressements au poids dont il est lesté était aussi nommé Ramponneau, du nom d’un fameux cabaretier du dix-huitième siècle — qui était, comme François Hollande, le roi du tonneau et de la cuite à deux sous pour les sans-dents, et qui a donné son nom depuis à une solide correction, un croquemitaine et un filtre à café. Pourquoi vous causé-je de cela ? Parce que l’actualité, entre deux alertes oranges submersion ou avalanche, et trois modulations façon Yodel sur le covid, ses variants, ses études contradictoires et néanmoins définitives, ses masques, ses gestes barrières, ses acquis, ses incertitudes, ses révoltes, son assujettissement croissant, parce que l’actualité, donc, illustre à notre intention quelques caractéristiques notables de la révolution arc-en-ciel dont nous n’avons pas encore parlé et qu’il est temps d’aborder.

Première caractéristique, la révolution arc-en-ciel est un Ramponneau, un culbuto. Vous pensez la renverser, elle reprend son assiette l’instant d’après. En France, c’est entendu entre tous les partenaires de l’arc constitutionnel et formalisé sous le nom d’effet cliquet. Quelle que soit la volonté populaire, la morale naturelle, le bon sens, il est entendu qu’il y a des réformes sur lesquelles on ne revient pas. C’est ainsi. Marine Le Pen et Jordan Bardella ont pris soin de le préciser pour tenter d’entrer dans la ronde du pouvoir, non seulement on a le droit d’embrasser qui l’on veut, mais le Rassemblement national, si d’aventure il parvenait aux affaires comme de récents sondages lui en font miroiter l’espoir, ne reviendrait pas sur le “mariage” pour tous, définitivement tenu pour acquis. Ça, c’est la France. La république. La république française. Mais même en des pays où des populistes à poil apparemment plus dur ont saisi le manche, le résultat est le même. Voyez les Etats-Unis de Monsieur Trump. Le grand Ramponneau roux, mauvais coucheur, sioniste, sexiste, islamophobe, suprémaciste, etc, l’homme qui bousculait la volaille démocrate et les institutions les doigts dans le nez et la bouche pleine de pop-corn, l’homme qui ,faute d’une majorité au congrès, a imposé 32 décrets (executive orders) dans ses cent premiers jours, eh bien, c’est comme s’il n’avait jamais existé : malgré ses poses et ses cris de Rodomont, il est tombé sur l’imperturbable culbuto de la démocratie arc-en-ciel. En une semaine de pouvoir Joe Robinette Biden a pris 34 décrets (executive orders) pour détricoter tout ce que Trump avait fait, le mur, les décrets sur l’immigration, il a réintégré l’OMS et l’accord de Paris, et permis aux transgenres d’entrer dans l’armée américaine. Tout cela, bien sûr, avec l’approbation unanime des démocrates philanthropes du monde entier et de leurs media. Ce n’est pas plus compliqué que cela. Et c’est partout pareil. Voyez l’Italie. Du temps que Matteo Salvini était l’homme fort du premier gouvernement Conte, il avait, en tant que ministre de l’Intérieur, mis fin à la clownerie des documents d’identité portant, à la place des indications “père” et “mère”, les mentions « parent 1 » et « parent 2 ». Mais, une fois Salvini éjecté par la conjugaison de sa propre erreur de jugement et de la trahison du parti des Cinq étoiles, Conte est retourné aux vomissements du système : juste avant de donner sa démission, à bout de souffle, il a préparé une loi visant à rétablir les mentions parent 1 et parent 2. La politique, dans nos démocraties, est une chose trop sérieuse pour être abandonnée au peuple, et contrairement à ce que croient les inattentifs, cela ne date pas d’hier, ni de la crainte du fascisme ou du populisme, cela a toujours été le cas. Dès le début des années 1900, le radical Clemenceau écrivait dans son journal La Justice : « A-t-on consulté le peuple sur l’instruction laïque ? Jamais, et l’on a bien fait. Le pays, mal éclairé, aurait peut-être répondu : non ». Rien ne doit arrêter la révolution, surtout pas le peuple.

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La deuxième caractéristique de la révolution arc-en-ciel à souligner, c’est que c’est une grande famille dont l’objectif est d’imposer par la peur une nouvelle morale à l’homme pour faire son bonheur. On ne répètera jamais assez que Soros rêvait de gagner assez d’argent pour faire de la philosophie tranquillement, et qu’il y est arrivé. Milliardaires, philanthropes et altesses se servent des mêmes peurs et des mêmes vérités à cours forcé pour mener de conserve l’humain troupeau, successivement, alternativement, en complément et en synergie. Ainsi le covid a-t-il permis de soulager le mythe du réchauffement du climat par l’homme, qui prenait l’eau, et de dégager le soldat Greta, qui s’était complètement discrédité : maintenant le devoir climatique revient en fanfare à l’heure de la grande réinitialisation. Klaus Schwab, le patron du Forum mondial économique de Davos qu’il a créé en 1971, et le prince Charles en ont tracé les grandes lignes en mai dernier. L’objectif est de parvenir à un « capitalisme responsable » par le« développement durable ». En somme, soumettre l’économie mondiale au paradigme écologiste, tant pour les investissements que les taxes : ce qui était déjà le but fixé avant le covid. Le prince Charles l’a d’ailleurs explicitement précisé : « Le changement climatique est un danger bien plus grand que le covid. […] Nous avons une occasion en or de tirer quelque chose de bon de cette crise. » Et Schwab de préciser qu’il faut « changer de mentalité et de mode de vie ». Cela vise à rendre opératoire ce que disait un Al Gore voilà vingt ans, à savoir que le développement durable doit être « le principe d’organisation de notre civilisation ». Un principe qui régit notre morale, comme l’ont écrit ensemble l’UNESCO et le PNUE (Programme des Nations unies pour le développement) : « Un acte est bon quand il tend à préserver l’intégrité, la stabilité et la beauté de la communauté biotique. Il est mauvais dans le cas contraire ».

L’idée de grande réinitialisation est antérieure à l’épidémie de covid, puisque le Financial Times écrivait le 30 décembre : « Pourquoi le capitalisme doit être réinitialisé en 2020 ». Et la première vague n’avait pas atteint son apogée que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, appelait, dans son rapport annuel, à profiter de la maladie pour provoquer une renaissance : « La pandémie COVID-19 pourra marquer un processus de renaissance (“rebirthing”) de la société telle que nous la connaissons aujourd’hui en une société où nous protégeons les générations présentes et futures. » Il affirmait ensuite qu’aucun « pays ne pourrait sortir seul de cette crise » et proposait une gouvernance mondiale de la sortie de crise dont il chiffrait le prix à « 10 % du PIB » mondial. Ce chiffre remarquable est un peu supérieur à la chute constatée à ce jour (en France, 8,4 %, mais on n’est pas au bout de nos peines ni de nos faillites). Et c’est aussi le montant prévu par l’un des plus anciens ouvrages protomondialistes, paru en 1967, Le rapport de la montagne de fer. Je vous ai déjà parlé voilà quelques mois de ce faux parrainé par John Galbraith, le conseiller très connu, très gauchisant et très puissant de trois présidents américains dont Kennedy, qui exprimait les vues de l’Etat profond américain sur l’organisation du monde. Je voudrais ajouter un mot sur le volet économique du document. […]

HANNIBAL.