Rivarol n°3440 du 30/9/2020 (Papier)
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Rivarol n°3440 du 30/9/2020 (Papier)

Editorial

Macron veut supprimer l’école à la maison et persécuter les établissements hors contrat ! 

Dans le discours qu’il a tenu aux Mureaux le 2 octobre, Emmanuel Macron, au nom de la lutte contre ce qu’il appelle le « séparatisme islamiste », a annoncé une mesure liberticide, mettant gravement en cause la liberté de l’enseignement et l’autorité des parents dans le choix de l’éducation et de l’instruction pour leurs enfants : « J’ai pris une décision, sans doute l’une des plus radicales depuis les lois de 1882 et celles assurant la mixité scolaire entre garçons et filles en 1969. Dès la rentrée 2021, l’instruction à l’école sera rendue obligatoire pour tous dès 3 ans. L’instruction à domicile sera strictement limitée, notamment aux impératifs de santé. Nous changeons donc de paradigme, et c’est une nécessité. » Ainsi que l’a dit fort justement l’AGRIF dans un communiqué, « cette décision liberticide (d’école obligatoire à trois ans et d’interdiction de l’école à la maison), piétine le principe universel du droit fondamental des parents de choisir l’éducation de leurs enfants. Pire, comme les plus acharnés francs-maçons non seulement anticléricaux mais antireligieux des vieilles obédiences les plus laïcardocratiques, le fanatique Macron présente l’école comme ce qui « protège les enfants de manière complète par rapport à tout signe religieux, à la religion ». On a dû fêter cela avec force libations dans les agapes les plus étatistement fanatiques  de la franc-maçonnerie. Tout un clergé “catholique” débilité comprendra-t-il enfin qu’il ne sert à rien de se coucher devant un pouvoir dirigé par un personnage manifestant, apparemment sans distinction de religion, autant d’aversion — lisons-le bien — contre « tout signe religieux », contre « la religion » ?

Le 9 décembre, anniversaire de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905, ce qui prouve que Macron met ses pas dans ceux de la IIIe République anticléricale et anticatholique, le ministre de l’Intérieur présentera en Conseil des ministres un projet de loi « contre le séparatisme » qui aura en effet pour objet d’interdire, sauf cas particuliers, l’école à la maison dès septembre 2021, de rendre obligatoire la scolarisation des enfants dès l’âge de trois ans (mais cette mesure était déjà officielle depuis la rentrée scolaire 2019) et de contrôler de manière beaucoup plus sévère les écoles confessionnelles hors contrat afin qu’elles respectent et défendent « les valeurs de la République ». Mais précisément, si les parents choisissent des écoles hors contrat qu’ils payent intégralement de leurs deniers (puisque ces établissements ne sont en rien financés ni aidés par l’Etat et les collectivités locales), c’est précisément pour que leurs enfants soient (du moins l’espèrent-ils) à l’abri des initiatives pédagogiques et des dérèglements moraux de l’Education nationale, qu’ils n’aient pas à subir dans les classes l’enseignement de la théorie du genre, de l’homosexualisme, de l’antiracisme unilatéral et obligatoire, du métissage forcé, de la mixité religieuse et raciale, non plus que le compagnonnage de voyous et de vicieux et la visite dans les classes d’associations activement homosexualistes ou de pseudo-déportés matraquant et tétanisant nos têtes blondes avec le Dogme holocaustique qui agit comme un gaz incapacitant sur leurs cerveaux et leurs défenses immunitaires. 

Car que sont « les valeurs de la République » prônées par Macron, sinon la loi Pleven et la loi Gayssot qui ont permis d’embastiller un écrivain comme Hervé Ryssen pour de très longs mois (aux dernières nouvelles, qui restent à confirmer, il ne pourrait sortir de sa geôle qu’en décembre 2021 !), ce qui n’empêche pas le chef de l’Etat de vanter dans son discours aux Mureaux la liberté d’expression, quel cynisme ! Que sont les valeurs de la République, sinon l’avortement légalisé et remboursé jusqu’au jour de l’accouchement en cas de « détresse psycho-sociale », c’est-à-dire le massacre industriel des enfants à naître en toute impunité ? Que sont les valeurs de la République, sinon la Gay Pride parrainée chaque année très officiellement par l’Elysée, le Parlement repeint aux couleurs de l’arc-en-ciel, la mairie de Paris et le conseil régional d’Ile-de-France et où Sodome et Gomorrhe se donnent libre cours dans d’immondes bacchanales ? Que sont les valeurs de la République, sinon la drogue et la pornographie dont la diffusion massive et en accès libre permet de détruire, d’avilir, de scandaliser au sens évangélique du terme l’enfance et la jeunesse dès le plus jeune âge ? Que sont les valeurs de la République sinon la négation et la falsification de notre histoire ? Que sont les valeurs de la République, sinon la destruction méthodique de la religion, de la nation, de la famille, de l’armée, de la morale, des corps intermédiaires ?

Macron prétend viser l’islam mais, comme à chaque fois, au nom d’une conception agressive de la laïcité, et compte tenu des fondements anti-catholiques de leur République, ce sont toujours les catholiques qui sont visés. La loi sur les signes religieux ostensibles a permis d’interdire la plupart des croix à l’école et dans la fonction publique. On s’en est également pris aux crèches qui sont désormais interdites dans les municipalités. Le Conseil d’Etat a pris un arrêté très explicite dans ce sens, là encore au nom de la laïcité, en 2016. Qu’on ne prétende donc pas que la Gueuse respecte les croyances religieuses ! Et désormais avec la loi sur le séparatisme, la République (mot que Macron utilise des dizaines de fois dans son discours aux Mureaux, alors qu’il ne parle jamais de la France !) va pouvoir exercer une pression considérable sur les écoles confessionnelles hors-contrat, en s’essayant à les faire passer sous les fourches caudines du laïcisme, du féminisme, de l’homosexualisme, de la mixité, du droit de l’hommisme et du shoahtisme. Nous connaissons plusieurs écoles catholiques hors contrat qui ont été “contrôlées” ces derniers mois par l’inspection académique et force est de constater que les “visites” se sont très mal passées. Au nom du « socle commun », on s’en prend frontalement à la liberté pédagogique et aux orientations doctrinales, morales et spirituelles de ces écoles. C’est ainsi que l’on a reproché à ces établissements de prévoir des activités différenciées pour les garçons et les filles. Si les éléments masculins font du football, la gent féminine doit également jouer à la balle au pied, et avec les garçons ! Ne reculant devant aucune provocation, aucune brimade, des inspectrices ont enjoint à des religieuses stupéfaites d’assurer elles-mêmes l’éducation sexuelle à l’école, car cela fait partie des missions de l’éducation, leur a-t-on doctement expliqué. 

Voilà où nous en sommes. Ce régime tyrannique se fait chaque jour plus oppressant, plus cruel, plus étouffant. Il embastille des écrivains, il pourchasse des journalistes, il persécute des écoles catholiques, il nie le droit des parents à choisir ce qui leur semble le mieux pour leurs enfants, il veut imposer à tous ses vaccins, sa culture de mort, ses vices, ses immondices. Face à ces prétentions exorbitantes et diaboliques, il ne faut rien céder, rien lâcher, rien renier. Utiliser tous les recours légaux possibles. Se battre comme des lions sur le plan juridique, administratif, constitutionnel. Avoir recours à tous les subterfuges, toutes les ruses, toutes les roueries, toutes les habiletés afin de gagner du temps, d’obtenir des victoires, ou, à tout le moins, de sauver, de préserver, de sauvegarder ce qui peut l’être. Et ne pas négliger non plus dans ce combat l’arme si puissante de la prière, singulièrement en ce mois du Rosaire et des Saints Anges. Afin que reculent les puissances de ténèbres qui aujourd’hui se déchaînent et font de ce monde et de ce pays un chaudron infernal. 

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Billet hebdomadaire

Trump, bête noire de l’arc-en-ciel

Ce n’était pas mieux avant. C’était la même chose. Rien de nouveau sous le soleil de la propagande et du spectacle. Le virtuel est remarquablement stable. Un exemple ? Trump. Et encore Trump. Et one more time Trump.Trump a le Covid. C’est bien fait pour lui, le Nouvel Obs titre : « La revanche de l’ennemi négligé » ! Trump est mauvais. Trump est vulgaire. Trump va perdre. C’est comme ça. Trump est une image. Or les images sont sages. Elles peuvent bouger, elles ne changent pas. Si ce sont de mauvaises images, elles restent de mauvaises images. C’est ce que fait Trump. C’était le diable en 2016, cela reste le diable en 2020. Selon CNN, la chaîne de télévision américaine qu’adulent les chaînes de télévision françaises, après le premier débat entre Hillary Clinton et Donald Trump, 62 % de ses spectateurs avaient jugé Hillary plus convaincante, contre 28 % pour Donald. Après le premier débat entre le président sortant et le candidat démocrate Joe Biden, c’est le même rapport 60/30 en faveur de la gauche progressiste. Ils sont bien, quand même, ces téléspectateurs. Fiables. Et les sondeurs aussi. 

Bien avant que Donald Trump ne fût désigné candidat républicain à la Maison-Blanche, dès 2015, la plupart des media américains et européens nous avaient expliqué en quoi il était tout à fait indigne d’occuper le poste et pourquoi il était évident qu’il ne deviendrait jamais président. Une fois la campagne déclenchée, on s’aperçut que s’opposaient à lui non seulement ses adversaires démocrates, c’est naturel et ordinaire, mais aussi… tout le monde. Ses anciens concurrents républicains le soutiennent avec retard, de mauvaise grâce et du bout des lèvres. Les ex-candidats républicains Romney et Mac Cain aussi. La famille Bush, père, fils, frères et neveux, appelle à voter contre lui ou blanc. La presse américaine est à soixante-seize pour cent (cela a été quantifié) pour Hillary Clinton. Même les journaux et les chaînes qui soutiennent d’ordinaire le parti républicain le dénigrent (à quelques exceptions notables près, dont la chaîne Fox News et le site Breitbart, alors dirigé par Steve Bannon). En Europe, c’est encore plus flagrant. Ne parlons pas des sondages : plus de 90 % des 360 sondages effectués le donnent perdant. Et bien sûr, tout ce qui pense, de Bernard-Henri Lévy à Robert de Niro l’exècre, souhaite sa défaite et la prédit. De très grands acteurs américains se fendent d’un film publicitaire contre lui pour dissuader l’électeur de fourvoyer son vote. Les associations féministes ou racistes noires militent contre lui. Tout cela est de notoriété publique, même Wikipédia le reconnaît dans sa notice. Une fois le résultat du vote connu, au lieu de manger son chapeau, tout ce beau monde va continuer son travail de dénigrement, son devoir politique. Le président européen Donald Tusk et le président du Parlement Européen Martin Schultz expriment leur “défiance”. Les femmes défilent contre lui. Les acteurs continuent à l’accabler. Meryl Strip l’invective en janvier 2017 en pleine cérémonie des Golden Globes. Il n’y a ni trêve ni répit : la chasse au Trump est ouverte toute l’année.

On pourrait critiquer vraiment cet homme. Relever ses exagérations, ses vrais mensonges (il est à la fois homme d’affaires, homme de media et politicien : trois raisons de mentir). Ses vantardises. Relever que son mur tarde. Qu’il n’a pas fait le Vietnam. On pourrait parler de sa politique étrangère. De ses rapports avec la Russie, la Chine, la Corée. Examiner ses relations avec l’extrême droite israélienne, les traités judéo-arabes qu’il parraine. Sa contribution à la paix et à la guerre dans le monde. Les raisons de son soutien à la Turquie. Ses détestables habitudes d’hégémon américain. Bref, on pourrait penser un peu. Mais il ne s’agit pas de cela, il s’agit, pour l’arc-en-ciel, de tuer un ennemi. Par tous les moyens, même légaux.