n°3470 du 5/5/2021
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Rivarol n°3470 du 5/5/2021 (Papier)

Editorial

Tribune des militaires : une tempête dans un verre d’eau ?

Depuis une quinzaine de jours, la classe politico-médiatique s’enflamme et se divise à la suite de la publication, d’abord le 14 avril sur le blog Place d’Armes (place-armes.fr) tenu par le capitaine Jean-Pierre Fabre-Bernadac, ancien officier de l’Armée de Terre et de la Gendarmerie, puis dans l’hebdomadaire Valeurs Actuelles le 21 avril, d’une « lettre ouverte à nos gouvernants » signée à l’heure où nous écrivons par une cinquantaine de généraux et d’amiraux à la retraite, et des centaines d’officiers et de sous-officiers, quasiment tous dégagés des cadres.

Dans cette tribune assez brève, ces militaires dénoncent le « délitement qui frappe notre patrie ». Selon les auteurs de cette lettre ouverte, cette décomposition du pays se manifeste d’abord à travers « un certain antiracisme, qui s’affiche dans un seul but : créer sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés. Aujourd’hui certains parlent de racialisme, d’indigénisme et de théories décoloniales, mais, à travers ces termes, c’est la guerre raciale que veulent ces partisans haineux et fanatiques. Ils méprisent notre pays, ses traditions, sa culture, et veulent le voir se dissoudre en lui arrachant son passé et son histoire. Ainsi s’en prennent-ils, par le biais de statues, à d’anciennes gloires militaires et civiles en analysant des propos vieux de plusieurs siècles. »

Deuxième cible de ces militaires à la retraite : « l’islamisme et les hordes de banlieue » responsables du « détachement de multiples parcelles de la nation pour les transformer en territoires soumis à des dogmes contraires à notre constitution. Or chaque Français, quelle que soit sa croyance ou sa non-croyance, est partout chez lui dans l’Hexagone ; il ne peut et ne doit exister aucune ville, aucun quartier où les lois de la République ne s’appliquent pas. »

Troisième et dernière dénonciation : la féroce répression des gilets jaunes par les pouvoirs publics : « la haine prend le pas sur la fraternité lors de manifestations où le pouvoir utilise les forces de l’ordre comme agent supplétif et bouc émissaire face à des Français en gilets jaunes exprimant leurs désespoirs. Ceci alors que des individus infiltrés et encagoulés saccagent des commerces et menacent ces mêmes forces de l’ordre. Pourtant ces dernières ne font qu’appliquer les directives, parfois contradictoires, données par vous, gouvernants. »

En conclusion, ces militaires appellent « ceux qui dirigent notre pays » à « trouver le courage nécessaire à l’éradication de ces dangers ». Pour cela, selon eux, « il suffit souvent d’appliquer sans faiblesse des lois qui existent déjà ». Critiquant ouvertement le pouvoir en place  « N’oubliez pas que, comme nous, une grande majorité de nos concitoyens est excédée par vos louvoiements et vos silences coupables »), les signataires de ce document affirment qu’ils sont « disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation » et que, si rien n’est fait, « le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant, au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national. On le voit, il n’est plus temps de tergiverser sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers. »

Contrairement à ce que prétend la gauche, Mélenchon en tête, il ne s’agit nullement d’une tentative de putsch. D’ailleurs, en général, un putsch ne s’annonce pas à l’avance, il se fait. Nous avons affaire là à des officiers légalistes et républicains bon teint, qui ont servi sans sourciller pendant toute leur carrière le régime en place, et croire que ces militaires retraités pourraient aujourd’hui ou demain réaliser un soulèvement, prendre le pouvoir relève de la science-fiction. On peut d’ailleurs fortement regretter que, devant le délitement et la déliquescence du pays dans tous les domaines, devant la trahison des gouvernements successifs depuis soixante ans au moins (pour ne pas remonter plus loin !), l’armée ne se soit pas encore soulevée, en dehors du putsch d’Alger qui malheureusement a échoué pour des raisons que nous n’analyserons pas ici. Plutôt que de textes, nous aurions besoin d’actions. Plus que des mots, il faudrait des actes. Et c’est bien ce qui manque hélas aujourd’hui comme hier.

La lettre ouverte de ces généraux n’est toutefois pas inintéressante et rappelle quelques vérités fort utiles. Elle est toutefois très modérée et incomplète, la situation du pays étant bien plus grave que ce qui est décrit. Car le chaos ne concerne pas seulement la question de l’antiracisme, de l’islamisme et des banlieues (c’est-à-dire en clair le problème de l’immigration extra-européenne et du Grand Remplacement), il s’étend à toute la société, aux familles largement décomposées, aux individus déracinés, sans repères et sans racines. Ces militaires n’évoquent pas la destruction de toutes les balises morales et spirituelles, l’apostasie universelle, la subversion de la société, la destruction systématique et obstinée des frontières physiques et morales, avec la propagande sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, la tyrannie globaliste avec ses confinements, ses couvre-feu, sa vaccination de masse et son pass sanitaire. Leur diagnostic est donc très parcellaire.

De plus, ils croient — ou feignent de croire — que la République pourrait résoudre, résorber les maux qu’elle a elle-même créés. C’est aberrant. Comment un pyromane peut-il être pompier ? C’est précisément la République avec son idéologie des droits de l’homme, son dogme égalitariste, son refus de toute discrimination, même naturelle et légitime, qui conduit à la destruction de la nation, de la famille, de la société, de la civilisation, de tout repère, de toute norme, de toute tradition. Les auteurs du texte demandent que « les lois de la République » soient appliquées dans toute leur rigueur mais c’est ne pas comprendre que ce sont précisément ces lois subversives et mortifères qui conduisent chaque jour davantage à notre ruine et au chaos. Ces militaires ont peut-être l’esprit de géométrie, mais ils ne semblent pas avoir l’esprit de finesse !

La France ne se meurt pas en effet de la non-application des lois républicaines, mais au contraire de leur mise en œuvre systématique. Elle se meurt des lois punissant l’incitation à la haine raciale qui empêchent toute résolution de la question vitale de l’immigration, tout débat libre et serein sur le sujet et surtout toute politique énergique et déterminée d’arrêt puis d’inversion des flux migratoires. Elle se meurt de la loi Veil qui tue dans l’œuf toute continuité historique et biologique de la nation française en organisant le massacre de masse des nouveau-nés dans le ventre de leur mère, par centaines de milliers chaque année. Elle se meurt de la loi Gayssot qui détruit nos défenses immunitaires en gravant dans le marbre des mensonges historiques, car en falsifiant le passé de notre pays et de notre peuple, on leur obstrue l’avenir, on les conditionne à la soumission, on les condamne à la servitude. Elle se meurt de la loi Pleven (et de ses nombreuses petites sœurs Lellouche, Perben, etc.) qui empêchent toute expression libre sur la question du Grand Remplacement, sur la défense de la morale naturelle et de la famille traditionnelle. Elle se meurt de l’électoralisme et du système démocratique qui interdisent toute mise en œuvre d’une politique de redressement et de renaissance nationale. Elle se meurt enfin de l’abaissement des caractères, de l’affaissement des volontés, de la perte du sens du bien commun, de la généralisation de l’égoïsme, de l’individualisme et de l’esprit de jouissance provoqués par la médiocrité générale inhérente à la démocratie moderne et mercantile.

Si l’on veut redresser la barre, il faut donc que le diagnostic soit juste et exhaustif, que la volonté soit ferme et le courage de chaque instant. Le courage de dire, et celui d’agir. Pour sauver ce qui peut encore l’être. 

 Jérôme BOURBON, RIVAROL.

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Billet hebdomadaire

Caroline Fourest ou l’itinéraire d’une enfant gâtée

Le moins que l’on puisse dire est que Caroline Fourest ne se prend pas pour une crotte de bique. On la voit partout, et plus elle se produit sur les différentes estrades médiatiques que lui offrent les puissants, plus elle ouvre sa bouche d’ours lippu, plus elle prend de l’assurance, et loin de s’émousser, plus son orgueil se dilate. Il faut dire que si Caroline Fourest n’est pas précisément ce qu’on appelle une érudite, une savante, une chercheuse, une universitaire, elle apparaît au fil du temps comme une redoutable bateleuse qui a su aiguiser la lame de son épée pour taillader en quelques mouvements et moulinets les adversaires les plus coriaces. Cependant, si cette lesbienne revendiquée et militante possède un ciboulot qui fonctionne à cent à l’heure, c’est pour en faire un usage au service de ses passions, de ses intérêts et de ses commanditaires. Et pour convaincre, séduire, elle est capable de toutes les circonvolutions, de commettre tous les tours de force, les plus indétectables de tous les sophismes ; on a l’impression qu’elle ne se fixe aucune limite et, parfois, qu’elle débat, polémique, déclame, comme si sa vie était en jeu. 

Après tout, Caroline Fourest a débuté sa carrière de journaliste en chevauchant la cause du féminisme radical alors en plein rebond en France sous l’impulsion de quelques animatrices ultra-médiatisées comme Isabelle Alonso et sous la menace hyperbolique d’un Front national fantasmé dans ses allures anti-abortives. Après avoir découvert son homosexualité, comme on découvre le Graal, Caroline a perçu dans un accès interminable de narcissisme adolescent tous les individus ne partageant pas ses opinions en la matière comme des ennemis à abattre. Aussi a-t-elle très jeune essentialisé certains groupes et certaines communautés, mouvances politiques particulières et religions dans leur ensemble ainsi que tous les courants antilibéraux en matière de philosophie pour en faire dans son esprit torturé des représentants du mal à dézinguer. Fourest a donc choisi, par symétrie, ses amis, parce qu’ils étaient les ennemis de ses ennemis.

Elle, qui, intimement, n’est en rien concernée par la cause abortive, se jeta dans cette incessante lutte sociétale parce que les militantes IVGistes passaient leur temps à insulter tous ceux qu’elle détestait : les catholiques, la droite dure et l’extrême droite, les intolérants, les machistes, les hommes… Au gré de ses rencontres, elle tombe amoureuse de l’antifasciste radical, Fiammetta Venner, fille d’une épaisse judokate qui s’amusa à faire le tour du monde pour monter des clubs à droite et à gauche et enseigner ses techniques de défense contre les hommes potentiellement violeurs. C’est une aubaine pour la petite Caroline qui peut profiter de la culture, des travaux et du réseau de Venner. Elles travailleront dorénavant, main dans la main si l’on peut dire. Thématique en vogue dans le monde de Science Po et de la bien-pensance au milieu des années 1990 alors qu’une grande partie de la mouvance patriotique célébrait le vertigineux 1500e anniversaire du Baptême de Clovis, la menace du national-catholicisme servit de rampe de lancement à ce couple inséparable qui se précipita dans cette carrière qui menait alors à tout, en plus d’être particulièrement lucrative. Avec sa “femme” Fiammetta, petite flamme qui a su s’épaissir rapidement, Fourest n’avait plus aucun souci à se faire quant à ses arrières. Férue d’arts martiaux, habituée à la tension des combats via ce Liban où elle vécut les vingt premières années de sa vie, fille d’un père secret que d’aucuns imaginent agent (comme sa mère du reste) derrière des activités de grand reporter, Venner prend sous son aile la chétive bourgeoise libérée de l’étreinte familiale du fait du divorce parental mais habituée au confort d’une riche famille. Nous y reviendrons, elle en est la parfaite héritière. 

UNE MOTIVATION : L’HOMOSEXUALISME

Avec Fiammetta, l’infiltrée Fiammetta qui se faisait passer pour un membre de la famille de Dominique Venner (avec succès puisque sa mère Monique porte le même prénom que la sœur de l’historien) pour se faire accepter dans divers groupes d’extrême droite dans le but de rédiger quelques monographies commandées par Pierre-André Taguieff ou Pascal Perrineau puis des livres vendus dans toutes les FNAC, elle entend alors nuire de toutes ses forces aux méchants fachos homophobes, anti-féministes et antisémites. Mais Fiammetta qui fabriquera Caroline ne s’est pas non plus faite tout seule. Arrivée à Paris de son Liban natal au début des années 1990, elle est immédiatement placée sous la protection de Rita Thalmann, cadre de la LICRA, représentante des B’nai B’rith auprès de l’UNESCO, ardente sioniste passionnée par l’histoire de la Shoah (son père est mort à Auschwitz), qui séduit intellectuellement par ses positions, son expérience, son autorité et son formidable réseau, la petite lesbienne déracinée. Une super maman pour la jeune femme assoiffée d’aventures et de combats, d’autant plus qu’elle est, elle aussi, féministe radicale et homosexualiste dans le cadre de la culpabilisation permanente de l’extrême droite française. 

Ainsi, jusqu’au tout début des années 2000, selon la ligne directrice imprimée par les B’nai B’rith, Caroline Fourest suivra les pas de Fiammetta Venner et exploitera à fond la psychose fabriquée autour du Front national en pratiquant à outrance la dénonciation et notamment ce que les deux donzelles appelèrent bien témérairement les “sponsors” de Jean-Marie Le Pen. 

LES COMBATS DU NOUVEAU SIÈCLE

Puis, la cassure, la fin de la fin de l’histoire, l’achèvement précipité du vingtième siècle, les rayons aveuglants de l’aube du vingtième siècle. Le 11-Septembre, le 11-Septembre qui sonne l’alerte et la mobilisation générale. Un 11-Septembre vraiment très spectaculaire, mais il y a autre chose. Et pour comprendre, il faut lire Madame Fourest à propos de ce mois de septembre 2001 qui ne commence pas le 11 pour elle mais le 2 avec le début de la conférence de Durban. Rappelons-nous, il s’agissait déjà d’une fracture majeure opérée entre le tiers-monde et la communauté organisée. Caroline Fourest fit le voyage en Afrique du Sud certainement sous l’égide des Bnai B’rith et accompagnée de Rita Thalmann. Elle était excitée à l’idée d’assister, comme elle l’imaginait, à un déferlement de haine contre l’homme blanc en général, européen et américain, chrétien de la classe moyenne, alors sa cible favorite (après tout, qu’était alors un électeur du Front national ?). Mais elle assista à un véritable tremblement de terre politique, à un changement de paradigme qui la tétanisa. Lors de cette conférence internationale « contre le racisme, la discrimination et l’intolérance », les débats se focalisèrent particulièrement sur Israël et rarement sur les autres parties du monde, et nombre de propos sont considérés comme haineux ; certaines personnalités juives et israéliennes sont affreusement insultées. Les délégations des États-Unis et d’Israël quittent alors la conférence, le 3 septembre, après avoir été impuissants à la recentrer sur ses « nobles objectifs initiaux relatifs au racisme dans le monde ». Une déclaration finale contre le racisme est votée, à l’arraché, par la conférence. Cette déclaration est condamnée par l’Australie et le Canada, qui dénoncent l’“hypocrisie” de la conférence qui ne servait pas la résolution du conflit israélo-palestinien mais qui cherchait surtout, selon le délégué canadien, « à délégitimer l’État d’Israël et à déshonorer son histoire et la souffrance du peuple juif ». Et le 63e point de la déclaration finale affirmait : « Nous sommes préoccupés par le sort du peuple palestinien vivant sous l’occupation étrangère. Nous reconnaissons le droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination et à la création d’un État indépendant, ainsi que le droit à la sécurité de tous les États de la région ». […] (Lire la suite)

François-Xavier ROCHETTE.