Rivarol n°3481 du 21/7/2021
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Billet hebdomadaire

Tyrannie et folie contagieuse, comment la France en est arrivée là ?

Le discours d’Emmanuel Macron le 12 juillet dernier était surréaliste, mais ce n’était pas une hallucination collective. Les lecteurs assidus de RIVAROL n’ont sans doute pas été surpris par les annonces du tyran en herbe, qui n’est en réalité que le porte-parole des véritables dirigeants de la France et du monde occidental.

Nous allons essayer de comprendre comment la France en est arrivée là ; comment les Français ont fini par accepter que s’impose à eux un système digne d’un livre de science-fiction. 

PREMIER CONFINEMENT : CHOC ET SIDÉRATION

Le premier confinement a été un choc d’une extrême violence qui a suspendu la vie des individus et des sociétés. La panique entretenue par la propagande qui a aggravé verbalement la dangerosité du Covid-19, et le confinement annoncé du jour au lendemain, ont provoqué, ce que l’on appelle dans le domaine psychanalytique « la sidération traumatique » : « C’est un processus psychique, moteur de paralysie face à un danger extrême. Théoriquement, face à un danger, le corps est en état d’alerte et le cerveau met en place une stratégie pour comprendre ce danger, l’analyser, il libère des hormones du stress telles que l’adrénaline et le cortisol pour nous permettre de prendre la fuite ou de nous défendre. Mais il y a des situations tellement terrorisantes, tellement imprévues, inhumaines ou d’une cruauté si impensable, qu’elles entraînent une surcharge de stress et peuvent menacer la vie d’une personne, notamment en provoquant un arrêt cardiaque. Dans ce cas-là, le cerveau bloque tous les processus psychiques, ce qui empêche la victime de penser l’événement sur le moment. Elle ne va pas pouvoir identifier ce qui est en train de se passer, ni mettre en place une réaction appropriée à cette situation absolument hors-norme. C’est donc la qualité traumatique de l’événement qui est en cause, et non la victime elle-même…

En fait, on le retrouve chez tous les êtres vivants. Pensons à l’image bien connue du lapin pris dans les phares d’une voiture : il s’immobilise au lieu de fuir… La sidération est à l’œuvre dès qu’un comportement nous prend par surprise et ne rentre pas du tout dans nos schémas de pensée habituels… »

La sidération provoquée permet à l’agresseur d’installer son emprise sur la victime. « Ces processus lui permettent d’agir comme il l’entend puisqu’il sait que la victime ne pourra pas se défendre. Il va donc travailler cette stratégie. ».

C’est bien cette stratégie de sidération qui a été appliquée par les dirigeants occidentaux en général et le gouvernement français en particulier.

Les psychosociologues n’ont pas encore le recul pour analyser toutes les conséquences que ces confinements et chocs successifs ont sur les populations. Mais l’on a pu constater des nouveautés, comme le suicide des enfants. Après environ une année de crise covidienne, nombre de pédopsychiatres ont alerté sur la hausse des tentatives de suicide chez les enfants et les jeunes adolescents. Pauline Chaste, cheffe de service de pédopsychiatrie à l’hôpital Necker, affirmait à BFMTV, en janvier 2021, que les tentatives de suicide chez les enfants ont “doublé” depuis novembre 2020. Les périodes successives de confinement et de couvre-feu sont à l’origine d’une accentuation des troubles déjà présents chez les plus jeunes. Par rapport aux années précédentes, les services de pédopsychiatrie de plusieurs hôpitaux voient affluer des enfants de moins de 15 ans pour des tentatives de suicide. « Le climat anxiogène et les confinements successifs augmentent le niveau d’anxiété et la sévérité des pathologies des enfants » a expliqué Pauline Chaste.

« La perspective d’un nouveau confinement laisse craindre une aggravation des effets délétères indirects de la pandémie […] sur la santé mentale et sociale des enfants, alors que les bénéfices attendus dans la lutte contre la diffusion de ce virus, […] demeurent hypothétiques » soulignaient en janvier dernier la Société française de pédiatrie et l’association française de pédiatrie ambulatoire.

Essayons toutefois de saisir les mécanismes enclenchés par l’opération covid. D’abord, détachons-nous de l’idée moderne que les choix et l’attitude des peuples sont guidés par la raison. Les modernes ont souvent cru que l’alphabétisation de masse, puis les études supérieures, fabriqueraient des nations de philosophes, de penseurs froids et raisonnables éloignés des sentiments “primitifs”. Rien n’est plus faux. Le psychosociologue Gustave Le Bon l’a parfaitement expliqué : « Dans l’énumération des facteurs capables d’impressionner l’âme des foules, nous pourrions nous dispenser de mentionner la raison, s’il n’était nécessaire d’indiquer la valeur négative de son influence.

Nous avons déjà montré que les foules ne sont pas influençables par des raisonnements, et ne comprennent que de grossières associations d’idées. Aussi est-ce à leurs sentiments et jamais à leur raison que font appel les orateurs qui savent les impressionner. Les lois de la logique rationnelle n’ont aucune action sur elles. Pour convaincre les foules, il faut d’abord se rendre bien compte des sentiments dont elles sont animées, feindre de les partager, puis tenter de les modifier, en provoquant au moyen d’associations rudimentaires, certaines images suggestives ; savoir revenir au besoin sur ses pas, deviner surtout à chaque instant les sentiments qu’on fait naître. »

C’est précisément cette méthode que les gouvernements occidentaux ont suivie. Ils ont instillé un sentiment de peur par une propagande massive quant à la pseudo-mortalité du Covid-19. Accompagnant le discours paniqué, des images frappant l’imaginaire des populations ont été diffusées quotidiennement : des couloirs d’hôpitaux saturés, des malades intubés, le décompte quotidien des morts, etc. 

Et en parallèle, comme l’écrivait Le Bon en 1895, le gouvernement a varié sans cesse son discours : « Cette nécessité de varier son langage suivant l’effet produit au moment où l’on parle, frappe d’avance d’impuissance tout discours étudié et préparé. »

Au début de l’épidémie Macron et le gouvernement se sont voulus rassurants, puis alarmants. L’on nous affirmait que les masques étaient inutiles, avant que le port du masque devînt obligatoire jusque dans la rue dans les mois qui ont suivi. Les malades du covid, y compris les personnes âgées et fragiles, étaient priés de rester chez eux en prenant du Doliprane. Dans le même temps le ministre de la Santé, Mme Agnès Buzyn, interdisait le seul traitement efficace (s’il est pris à temps) contre le Covid-19, l’hydroxychloroquine. Et un peu plus d’un an après, voilà que la vaccination, avec un produit en cours d’expérimentation, est quasiment obligatoire.

Ces contrepieds, ces discours contradictoires, et ces mesures “sanitaires” relevant plus de la superstition que de la science, ont totalement désorienté les Français qui, rappelons-le, étaient pour partie entrés en révolte depuis novembre 2018.

FOLIE CONTAGIEUSE ET MASSE HYPNOTISÉE

Comment cette politique folle a pu s’imposer si facilement à des portions si importantes de la population ? La folie est-elle, à l’instar des virus, contagieuse ?

Ici encore, les travaux de Gustave Le Bon nous permettront de saisir les mécanismes du phénomène actuel. Il évoque, parmi les causes de la modification comportementale de l’individu composant la foule, la contagion mentale qui « intervient également pour déterminer chez les foules la manifestation de caractères spéciaux, et en même temps leur orientation. La contagion est un phénomène aisé à constater, mais non expliqué encore et qu’il faut rattacher aux phénomènes d’ordre hypnotique que nous étudierons dans un instant. Chez une foule, tout sentiment, tout acte est contagieux, et contagieux à ce point que l’individu sacrifie très facilement son intérêt personnel à l’intérêt collectif. C’est là une aptitude contraire à sa nature, et dont l’homme ne devient guère capable que lorsqu’il fait partie d’une foule. »

Et c’est là qu’on en vient au phénomène qui nous intéresse tout particulièrement et qui s’est manifesté avec l’opération covidienne qui a précédé la tyrannie sanitaire. D’après Le Bon, la cause la plus importante déterminant les caractères spéciaux des individus en foules est la suggestibilité, dont la contamination n’est qu’un effet. « Pour comprendre ce phénomène, écrit Le Bon, il faut avoir présentes à l’esprit certaines découvertes récentes de la physiologie. Nous savons aujourd’hui qu’un individu peut être placé dans un état tel qu’ayant perdu sa personnalité consciente, il obéisse à toutes les suggestions de l’opérateur qui la lui a fait perdre et commette les actes les plus contraires à son caractère et à ses habitudes. Or, des observations attentives paraissent prouver que l’individu plongé depuis quelque temps au sein d’une foule agissante tombe bientôt, par suite des effluves qui s’en dégagent, ou pour toute autre cause encore ignorée, dans un état particulier, se rapprochant beaucoup de l’état de fascination de l’hypnotisé entre les mains de son hypnotiseur. La vie du cerveau étant paralysée chez le sujet hypnotisé, celui-ci devient l’esclave de toutes ses activités inconscientes, que l’hypnotiseur dirige à son gré. La personnalité consciente est évanouie, la volonté et le discernement sont abolis. Sentiments et pensées sont alors orientés dans le sens déterminé par l’hypnotiseur. 

Tel est à peu près l’état de l’individu faisant partie d’une foule. Il n’est plus conscient de ses actes. Chez lui comme chez l’hypnotisé, tandis que certaines facultés sont détruites, d’autres peuvent être amenées à un degré d’exaltation extrême. L’influence d’une suggestion le lancera avec une irrésistible impétuosité vers l’accomplissement de certains actes. Impétuosité plus irrésistible encore dans les foules que chez le sujet hypnotisé, car la suggestion, étant la même pour tous les individus, s’exagère en devenant réciproque. » 

Cette réciprocité peut également être appelé mimétisme. L’homme étant un « animal social » (Aristote) et d’imitation. 

Le père de la psychanalyse, Sigmund Freud, bien plus célèbre que Gustave Le Bon, s’est inspiré de ce dernier, sans omettre de citer (contrairement aux nombreux plagiaires de sa communauté) le grand penseur français, tout en poursuivant sa réflexion sur la psychologie des foules sur laquelle il émet quelques critiques constructives. Freud relève que Le Bon établit une identité entre l’individu en foule et l’état hypnotique. Et Freud d’ajouter : « Peut-être interpréterons-nous mieux sa pensée en disant que la contagion résulte de l’action réciproque que les membres de la foule exercent les uns sur les autres, tandis que les phénomènes de suggestion que M. Le Bon identifie avec l’influence hypnotique proviendraient d’une autre source. De laquelle alors ? Nous trouvons une lacune sensible dans le fait qu’un des principaux termes de cette identification, à savoir la personne qui, dans la foule, remplace l’hypnotiseur, ne trouve aucune mention dans l’exposé de M. Le Bon. Quoi qu’il en soit, il distingue de cette influence fascinante, qu’il laisse dans l’ombre, l’action contagieuse que les individus exercent les uns sur les autres et qui vient renforcer la suggestion primitive. »

Dans l’ère covidienne, en France, l’hypnotiseur est l’État français et l’appareil médiatico-politique, l’hypnotisé est le peuple français. Les mécanismes psychosociologiques décrits dans les précédentes lignes expliquent ainsi comment, du jour au lendemain, les Français se sont mis, sans aucune raison scientifique, à porter des masques dans la rue et en voiture, à en faire porter à leurs enfants en bas âge, et aujourd’hui à se précipiter par dizaines de millions pour se faire injecter un produit dangereux qui est toujours en cours de test.

Celui qui est à l’origine de cette « suggestion primitive », nous l’avons dit, est le système politico-médiatique, mais ce qui explique que ces injonctions délirantes et dangereuses soient suivies par le peuple, est la contagion par mimétisme.

D’ailleurs, l’un des pères des techniques de manipulation des masses, de la propagande moderne dans les sociétés libérales, est Edward Bernays (1891-1995), le neveu de Freud. Bernays a théorisé la manipulation mentale des masses dans un ouvrage intitulé Propaganda : Comment manipuler l’opinion en démocratie publié en 1928 aux Etats-Unis. Edward Bernays s’est mis au service du gouvernement américain et de grandes multinationales pour faire accepter au peuple états-unien l’entrée dans la Première Guerre mondiale, pour pousser les femmes à fumer avec des techniques publicitaires qu’il a mises au point, ou encore pour mettre en place des campagnes de déstabilisation politique en Amérique latine, lesquelles accompagnèrent notamment le renversement du gouvernement du Guatemala, en collaboration avec la CIA.

La lecture de Bernays est édifiante, car depuis bientôt un siècle, les techniques qu’il a élaborées en s’inspirant des travaux de Gustave Le Bon et de son oncle Sigmund Freud, sont toujours d’actualité. Ce sont les mêmes techniques qui ont été utilisées depuis le début de la crise covidienne, dont l’effet a été amplifié par les évolutions technologiques. Ayant bien compris le mécanisme du mimétisme, Bernays expliquait que si un nombre assez important de personnes défie la norme en le faisant savoir par la masse, alors il pourra imposer une nouvelle norme ou l’acceptation d’une idée mal perçue jusque-là. Raison pour laquelle les médias et les politiques ont mis en scène des vaccinations et ont matraqué la population avec des images de Français se vaccinant massivement. Bernays parlait ouvertement de « gouvernement invisible » à la manœuvre dans la manipulation des masses, mais il avertissait : « La seule propagande qui perdra en crédit au fur et à mesure que le monde deviendra plus subtil et plus intelligent est celle qui est fallacieuse ou foncièrement antisociale. »

Et c’est précisément l’erreur que le pouvoir macronien est en train de commettre. Une erreur du point de vue du propagandiste social-démocrate, libéral. Or, nous entrons de plain-pied en tyrannie. Un régime qui se transforme en tyrannie a-t-il encore besoin des techniques de propagandes “libérales”, ce que Bernays appelait la « fabrique du consentement » ? Il ne s’agit plus de fabriquer le consentement mais d’imposer et de punir, de réprimer en éborgnant et en arrachant les mains s’il le faut.[…]

Jean TERRIEN.