Rivarol n°3482 du 28/7/2021
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Rivarol n°3482 du 28/7/2021 (Papier)

Editorial

Leur régime tyrannique est l’exact opposé de la France du Maréchal

C’est dans ce contexte dramatique que nous commémorons le soixante-dixième anniversaire de la disparition du Maréchal dont le régime fut quasiment en tous points l’inverse de celui que nous subissons depuis la fin de la guerre. Le lundi 23 juillet 1951 s’éteignait en effet Philippe Pétain. Six ans jour pour jour après le début de son procès devant la Haute Cour de justice (ou plutôt d’injustice). Sept décennies se sont écoulées depuis. Et l’on n’a toujours pas réhabilité le Maréchal. Ses cendres n’ont toujours pas été transférées à Douaumont. Au contraire, ces dernières années la situation s’est considérablement aggravée. Les dernières rues qui portaient encore le nom du Vainqueur de Verdun dans quelques rares villages de France ont été débaptisées en 2010. Le portrait du Maréchal qui figurait au même titre que tous les autres chefs d’Etat français, entre Albert Lebrun et Vincent Auriol, dans la salle des mariages d’une humble mairie du Calvados a également été décroché, le préfet aux ordres de la LICRA exigeant, comminatoire, que le maire s’exécute. Macron, lors du centenaire de l’armistice de 1918, a été morigéné par le Lobby auquel il était pourtant soumis et rappelé à l’ordre par Attali lui-même pour avoir osé sa petite phrase sur Pétain qui fut « un soldat courageux ». Cet épisode est le dénouement d’une longue escalade. En effet, auparavant, François Mitterrand qui fleurissait chaque 11-Novembre la tombe du Maréchal a dû y renoncer en 1993 devant les pressions du lobby auquel rien ni personne n’ose plus résister. 

De grands procès qui rappellent à bien des égards ceux de l’Epuration n’ont eu de cesse d’alimenter la chronique judiciaire : ceux de Klaus Barbie, du milicien Paul Touvier, puis du haut fonctionnaire Maurice Papon, longtemps le plus vieux prisonnier de France comme le Maréchal fut le plus vieux prisonnier du monde. Car la haine ne recule ni devant l’âge ni devant la maladie. René Bousquet fut, lui, sauvagement assassiné à son domicile parisien par un vrai ou faux déséquilibré qui croyait ainsi s’acheter un brevet de Résistance. Chaque semaine plusieurs émissions de télévision et de radio ressassent le discours convenu sur l’Occupation et sur Vichy. Et la France a été jugée officiellement coupable de complicité de crime contre l’humanité par ses plus hauts dirigeants, Jacques Chirac en 1995 et Lionel Jospin en 1997. Et depuis par tous leurs successeurs. C’est désormais une obligation morale. Comme présider le dîner annuel du CRIF et y annoncer de nouvelles mesures attentatoires aux libertés, la mise en ban des coupables (Reynouard, Soral, Dieudonné…), la dissolution de mouvements (le Bastion social, etc.) pour rassasier la soif de sang, inextinguible, du Sanhédrin. Quant à la France, elle doit expier ses fautes, faire repentance. Et sans cesse donner des gages. Y compris en espèces sonnantes et trébuchantes. La religion de la Shoah, c’est la religion de Mammon ! 

Dans ce règne du mensonge et de l’imposture, le Maréchal Pétain doit être considéré comme un traître. Ainsi le serinent les media. Ainsi le répètent les manuels. Car si le personnage de Louis XVI a été en partie réhabilité, il n’en va pas de même de Philippe Pétain. Est-ce parce qu’il s’agit d’un passé plus récent et que les passions ne se sont pas encore apaisées ? Nous ne le pensons pas. C’est bien plutôt parce que le régime que nous subissons depuis 1945 tire sa légitimité de la disqualification politique, morale, intellectuelle et judiciaire du pétainisme et ne reconnaît donc aucun mérite au Maréchal. Au contraire. Plus ce régime s’enfonce dans le scandale, plus il manifeste sa nocivité, sa malfaisance intrinsèque, plus il se montre tyrannique, injuste, cruel, plus il éprouve le besoin de diaboliser la personne, l’action et la pensée du Maréchal. C’est pour lui une question de survie. Il doit sans cesse réactiver la haine dont il est sorti et qui le fait vivre. 

Et logiquement la diabolisation de Philippe Pétain, due essentiellement au traitement de la question juive sous Vichy (nous vivons sous la domination de ce puissant lobby), s’étend jusqu’aux vertus qu’il a promues, jusqu’aux principes qu’il a fait siens, jusqu’à la célèbre devise de l’Etat français. De sorte que quiconque entend défendre la patrie, exalter le travail, honorer la famille, promouvoir la religion est aussitôt traité de pétainiste. C’est-à-dire dans le langage médiatique de complice des nazis et de la solution finale. C’est ainsi que le régime en place installe une terreur intellectuelle qui compromet toute renaissance nationale. Alors que l’action menée pendant quatre ans par le Maréchal reste à bien des égards un modèle. Il n’est en effet pas difficile de voir où nous ont conduits ceux qui ont pris l’exact contrepied de ce qu’a tenté l’Etat français de 1940 à 1944. 

* Le Maréchal avait honoré le travail, en avait rappelé dans ses discours l’éminente dignité. C’est, disait-il, « le moyen le plus noble et le plus digne que nous ayons de devenir maîtres de notre sort ». La Révolution nationale était inséparable dans son esprit de la Révolution sociale. Aussi la Charte du travail définissait-elle, dans une perspective neuve et hardie, les rapports entre patrons et salariés dans la communauté de l’entreprise, en rejetant à la fois le dogme ruineux de la lutte des classes et le dévergondage d’un libéralisme incontrôlé. Vichy institua le 1er Mai fête du travail et des travailleurs afin d’œuvrer à « l’union et à l’amitié » de tous les Français. Or, après soixante-dix-sept ans de régime gaullo-communiste, qui a encore l’amour du travail bien fait ? 

On décourage de travailler. En faisant miroiter un revenu universel de quelques centaines d’euros distribués comme une pitance en échange de la servilité du récipiendaire. En multipliant des aides et des allocations distribuées sans discernement ni contrôle. En empêchant même les gens de travailler, en le leur interdisant sous peine d’amende et de prison, ce qui est inouï, comme on l’a vu pendant les confinements successifs, pour toute une série de professions, et singulièrement celles du secteur tertiaire. En prélevant sur les revenus des sommes telles qu’on décourage l’effort et qu’on tue l’initiative. En transformant les entrepreneurs, comme naguère les paysans, en serfs modernes en les privant de toute vraie liberté et en leur versant de petites aides pour les neutraliser et les faire vivoter. En permettant de gagner facilement des gains substantiels grâce à des jeux qui ne cessent de croître en nombre et en imbécillité : « Qui veut gagner des millions ? », tel est significativement le titre d’un divertissement télévisé. Or, la civilisation de loisirs n’a jamais rien créé. Elle est un signe de décadence. 

* Le Maréchal avait promu la famille. En créant la Fête des Mères. En encourageant moralement et matériellement les familles nombreuses. Le fameux baby boom n’a-t-il pas commencé sous son régime ? C’est que, disait le chef de l’Etat, « l’individu n’existe que par la famille dont il reçoit avec la vie, tous les moyens de vivre ». Et, ajoutait-il, « les époques où l’individualisme a fait loi sont celles qui comptent le moins d’individualités véritables ». Que ne dirait-il aujourd’hui, alors que l’institution familiale est parodiée, éclatée, décomposée, recomposée, que s’élabore un nouveau droit de la famille ouvert à toutes les perversions, à toutes les excentricités, que l’on a introduit officiellement dans l’enseignement dès la rentrée scolaire 2011 la folle théorie des gender selon laquelle l’identité sexuelle est librement choisie par l’individu, que des groupes LGBtistes vont dans des classes de mineurs faire sans vergogne l’apologie des sexualités déviantes, que l’on a légalisé et remboursé la contraception, l’avortement, le Pacs, le “mariage” homosexuel, la PMA désormais ouverte aux lesbiennes, que deux femmes peuvent être très officiellement considérées comme les deux parents de l’enfant, que l’on peut créer des chimères animal-homme ? 

A quoi sert-il à l’homme grâce aux techniques nouvelles de fabriquer la vie s’il en a perdu le sens ? On a fait croire qu’il était obsolète de parler d’engagement, de parole donnée, de fidélité, de loyauté, d’honneur, d’effort, de dévouement et de sacrifice. Moyennant quoi, on a précipité le malheur des gens : dépressions, drogue, divorces, suicides, actes de barbarie sans nombre, jusqu’à des actes d’anthropophagie, y compris en France, tels sont les fruits amers de la perte des principes et des repères les plus élémentaires.

* Le Maréchal avait défendu la patrie. Qui l’a mieux aimée, qui l’a plus servie que lui ? Et qui en a été aussi peu, aussi mal récompensé ? Car il n’avait pas besoin de se faire comme De Gaulle « une certaine idée de la France », il l’aimait charnellement. Intensément. Il en aimait les routes. Ah ces routes du pays d’Artois mystérieuses, changeantes, pleines du pas des hommes ! Ce fils de paysans aimait la terre de France, il aimait les paysages, les forêts, les coteaux de notre pays. Il en aimait les gens. D’où sa volonté d’économiser les vies humaines lors de la Première Guerre mondiale. D’où son souci constant d’améliorer les conditions de vie de ses chers Poilus. 

En ne laissant rien au hasard. En veillant à la qualité de la cuisine, de l’hygiène, à la mise en œuvre effective des permissions. En remontant le moral des troupes. Car, à la différence d’un général de brigade à titre temporaire, il n’a jamais désespéré des Français ; il ne les a jamais traités de “veaux” ; même lorsqu’à son retour en France en avril 1945 bien peu de nos compatriotes sont venus le soutenir, lui dire leur sympathie, leur gratitude ; que restait-il alors des quelque cinq cent mille Parisiens qui s’étaient pressés pour l’acclamer quelques mois plus tôt ? Même quand il fut abandonné de (presque) tous, il n’a jamais douté de son peuple, ne l’a jamais méprisé. 

Qui peut sérieusement douter que le Maréchal ait servi au mieux les intérêts de la France, qu’il ait essayé d’adoucir au maximum les souffrances de ses compatriotes dans des conditions extrêmement difficiles ? Un court instant, il a même réussi ce miracle de rassembler autour de sa personne et de son action tous les Français, eux si naturellement enclins aux divisions et aux discordes. L’ambition et l’orgueil de quelques-uns, les aléas de la guerre, les passions humaines n’ont hélas pas permis de maintenir une unité nationale qui ne s’est toujours pas reconstituée. Depuis, ses successeurs à la tête de l’Etat ont bradé son héritage sans vergogne ni remords de conscience. Le drapeau national qu’il avait maintenu malgré les contraintes de la défaite et de l’Occupation, et qui figurait autrefois dans tous les dictionnaires à la première place est désormais relégué à la soixantième entre la Finlande et le Gabon tandis que l’emblème européiste à douze étoiles, signe de la sujétion de notre pays à un machin supranational et mondialiste, occupe le premier rang du protocole. L’empire colonial qu’il avait maintenu intact a été démembré, dépecé dix ans à peine après sa mort par celui-là même qui l’accusait d’avoir trahi les intérêts français. Le Maréchal laissait une France française (lorsque les actualités de l’époque nous montrent les voyages du chef de l’Etat français en province, l’on observe des gens de tous âges, de toutes conditions, mais tous leucodermes !) ; aujourd’hui elle est métissée, mélanisée, défigurée. Et elle s’est aussi américanisée en même temps que marxisée, tout à la fois laïcisée et islamisée. 

S’il n’est plus d’armée étrangère qui occupe militairement notre pays, il est d’autres formes d’occupation. Plus insidieuses, plus redoutables. Celle d’une immigration de masse qui en détruit la substance corporelle, culturelle et spirituelle. Celle d’une idéologie mortifère qui promeut le désordre, qui exhorte à la haine et qui ne se complaît que dans le vice, la laideur et la destruction. Et si la France n’a pas connu récemment de grandes défaites militaires, il est d’autres défaites. Plus pernicieuses, plus angoissantes encore. Celles qui consistent à abdiquer son idéal de grandeur et de générosité, à ne plus croire en son destin, à ne plus avoir la force de haïr « ces mensonges qui nous ont fait tant de mal ». A ne plus avoir l’énergie de lutter activement contre la tyrannie : politique, idéologique, sanitaire, moderniste, holocaustique.

* Le Maréchal laissait une jeunesse belle, fière et ardente qu’il avait contribué à éduquer à travers les Chantiers de jeunesse, Uriage, les Centres de jeunes travailleurs. Il disait de l’école française qu’elle ne devait plus « prétendre à la neutralité ». Car, ajoutait-il, « la vie n’est pas neutre ; elle consiste à prendre parti hardiment. Il n’y a pas de neutralité possible entre le vrai et le faux, entre le bien et le mal, entre la santé et la maladie, entre l’ordre et le désordre, entre la France et l’Anti-France ».

Les puissants qui nous gouvernent ont compris le danger que pouvait représenter une jeunesse croyant en un idéal. Alors ils ont fait tout ce qui était possible pour l’affaiblir, l’avilir, la pervertir. Par l’étalage nauséabond de la pornographie. Par la promotion de toutes les déviances. Par la diffusion de la drogue. Par une école et des media qui lui apprennent la haine de la France, l’oubli de son passé, de ses racines, qui lui enseignent qu’on peut changer d’identité et d’orientation sexuelles. 

Ce n'est pas un hasard si aujourd’hui tous les politiciens, de Mélenchon à Marine Le Pen, exècrent le Maréchal. Il représente en effet par excellence tout ce qu’ils haïssent, tout ce dont ils sont dépourvus : l’honneur, la fidélité, la loyauté, le désintéressement, le souci du bien commun, le sens du sacrifice, le service de la patrie, l’oubli et le don de soi jusqu’au martyre. Le Maréchal Pétain fut assurément notre dernier vrai chef d’Etat. Après lui nous n’avons eu que des cloportes conduisant notre pays au tombeau. […]

RIVAROL, <jeromebourbon@yahoo.fr>. 

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Billet hebdomadaire

De l’appauvrissement à l’insurrection ?

Nous avons conclu notre précédent article dans les colonnes de RIVAROL sur la possible révolte des Français sortis de leur torpeur après plus d’une année de chocs successifs qui les ont mis dans un état de sidération paralysante. 

Les manifestations contre le pass sanitaire préfigurent peut-être une révolte plus massive et radicale que ne l’était celle des Gilets jaunes. 

Hécatombe économique : le pass sanitaire aggrave la situation provoquée par les confinements

La politique de confinement, de semi-confinement, de couvre-feu, a eu l’effet escompté par le pouvoir : la destruction de l’économie. En 2020, la France a connu une récession massive, la plus importante depuis la Seconde Guerre mondiale, avec une chute de 8,2 % du PIB (produit intérieur brut). 

D’ici la fin de l’année 2021, une vague de faillites frappera la France et le reste de la zone euro. «Plus d’un an de restrictions à l’activité économique n’ont jusqu’à présent pas entraîné d’instabilité financière » mais « la menace d’une vague d’insolvabilité est grande » à présent, selon un rapport publié par le comité des risques systémiques au sein de la BCE (Banque centrale européenne). Il y a un risque accru « d’une vague majeure d’insolvabilité » des entreprises. En conséquence, seules les entreprises jugées capable de survivre sans le soutien public bénéficieront d’un « soutien accru ». Continuer à laisser vivre ces firmes “zombies”, déjà en difficulté avant la pandémie, pourrait « ralentir considérablement la reprise post Covid-19 », écrit la BCE..

En langage clair : l’État soutiendra les plus gros et achèvera les petites entreprises qu’il a méthodiquement détruites avant et pendant le Covid-19.

Le 14 avril 2021, le cabinet d’étude Altares a publié une analyse indiquant une explosion des procédures et des liquidations à partir de mars 2021. Au cours des trois premiers mois de l’année, 7406 défaillances d’entreprise ont été enregistrées, un nombre « exceptionnellement bas » en recul de 32,1 % par rapport au premier trimestre 2020, dont seule la toute fin avait été affectée par la crise sanitaire. « Le mois de mars pourrait cependant constituer un point de bascule », souligne Thierry Millon, directeur des études Altares.

La deuxième quinzaine de mars a été marquée par une explosion de 155 % des défaillances par rapport à la même période en 2020. « C’est aussi en mars qu’émergent des chiffres concrets sur la détresse de centaines d’entreprises qui se trouvent en cessation de paiements, en dépit des dispositifs de soutien public », précise Thierry Millon.

En mars 2021, 79 % des jugements se sont soldés par une liquidation directe de l’entreprise concernée, « un niveau jamais atteint depuis 20 ans », souligne-t-il. Pour Thierry Millon, « la stratégie de soutien à l’économie réelle déployée par l’Etat s’est avérée efficace », permettant à environ 20 000 entreprises mises sous perfusion d’échapper à la défaillance en 2020. Mais nombre d’entreprises, nuance le quotidien L’Indépendant, risquent d’avoir des difficultés à surmonter le cap de l’allègement, puis de l’extinction inéluctable de ces aides. La Banque de France a estimé en début d’année que 4,5 % à 6 % des prêts garantis par l’Etat (PGE) auraient du mal à être remboursés. Et Altares rappelle que les 63 000 entreprises françaises dites “zombies” — déjà fragiles avant la survenue de la pandémie de Covid-19 — devraient également avoir du mal à survivre sans le soutien de l’Etat.

Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), sur l’ensemble de l’année 2020, « 8,8 % des heures de travail dans le monde ont été perdues (par rapport au quatrième trimestre 2019), ce qui équivaut à 255 millions d’emplois à temps plein », soit quatre fois plus d’heures de travail disparues que durant la crise financière de 2008, précise l’OIT. Et l’organisation onusienne d’ajouter que les chiffres officiels du chômage sont trompeurs, car : « 71 % de ces pertes d’emplois (81 millions de personnes) relèvent de l’inactivité plutôt que du chômage, ce qui signifie que ces personnes ont quitté le marché du travail parce qu’elles n’étaient pas en mesure de travailler, peut-être en raison des mesures de restrictions liées à la pandémie ou, tout simplement, parce qu’elles ont cessé de chercher du travail. »

Il faut par conséquent prendre avec des pincettes le taux de chômage en France, de 8,1 % de la population active au premier trimestre 2021, car il n’intègre que les chômeurs inscrits au Pôle emploi, et non pas ceux qui ont été radiés ou qui ne sont plus à la recherche d’un emploi.

L’imposition du pass sanitaire en France ne fait et ne fera qu’aggraver les choses, notamment pour nombre de commerces et de restaurants. Par exemple, depuis l’entrée en vigueur du pass sanitaire, les entrées dans les cinémas sont en chute libre. Libération rapporte ainsi dans un article du 23 juillet 2021 : « La mise en place du pass sanitaire dans les lieux de culture et de loisirs, entré en vigueur mercredi (21 juillet 2021), a entraîné une chute drastique de la fréquentation des cinémas français. Les entrées des salles ont baissé brutalement de 70 % entre mardi et mercredi, pourtant jour de sortie des nouveaux films. La fréquentation a encore baissé de presque 60 % entre mercredi et jeudi, selon les données de Comscore. ‘‘Une catastrophe industrielle’’, dénonce la Fédération nationale des éditeurs de films (FNEF), qui regroupe les principaux distributeurs français (Gaumont, Universal pictures, Studiocanal…), alors que le secteur commençait à retrouver des couleurs après plusieurs mois de fermeture et des jauges réduites. »

Le pass sanitaire concerne déjà les cinémas, théâtres, salles de concerts, de sport, piscines, chapiteaux, salles de jeux, parcs d’attractions, expositions, foires ou salons. Et peut-être bientôt aussi (début ou mi-août en principe) les bars, restaurants et grands centres commerciaux. Ainsi que les trains (les TGV mais pas les TER, comprenne qui pourra !), les cars (pour une longue distance) et les avions. Mais curieusement ni les bus, ni les métros ni les tramways où les gens pourtant s’agglutinent plus qu’ailleurs aux heures de pointe.

L’hécatombe économique et sociale ne fait donc que commencer. D’autant plus que l’Assemblée nationale a voté, dans la nuit du 22 au 23 juillet dernier, l’obligation du pass sanitaire dans les entreprises recevant du public et la vaccination obligatoire pour les professionnels de santé. Si le Conseil constitutionnel valide cette loi, l’employeur pourra alors suspendre le contrat de travail ainsi que le salaire de l’employé en cas de non-respect de ces obligations. 

Si un employé en CDI refuse de régulariser la situation et si son contrat est suspendu pendant une durée cumulée supérieure à deux mois de journées travaillées, il peut s’agir d’un motif « spécifique constituant une cause réelle et sérieuse de licenciement », signale le gouvernement dans ses amendements. « Le gouvernement crée ici un nouveau motif de licenciement, non disciplinaire. Il ne s’agit pas d’une faute, mais on fait le constat que le salarié n’est pas en mesure de présenter un pass sanitaire valide ou qu’il n’est pas vacciné », explique Delphine Robinet, avocate spécialisé en droit social.

Pour les salariés en CDD ne respectant pas ces obligations, l’employeur peut rompre le contrat avant son terme, au bout de deux mois d’inactivité en raison de la suspension du contrat.

L’histoire reprend son cours : des Gilets jaunes à la révolte nationale ?

Le temps a été suspendu pour les Français sidérés durant plus d’un an. La séquence de révolte, démarrée le 17 novembre 2018 par les Gilets jaunes, a été mise en pause. Mais durant cette pause, le pouvoir a très largement avancé dans son agenda destructeur. 

La tyrannie sanitaire accompagnant et justifiant la pulvérisation de ce qui reste de tissu économique, social et du code du travail permettra peut-être de coaguler des catégories socio-professionnelles jusque-là atomisées.

Cette masse centrale atomisée (sur le plan professionnel), comme l’appelle le démographe Emmanuel Todd, regroupe « les professions intermédiaires (les techniciens, infirmières, etc.), les employés qualifiés, et les artisans ou petits commerçants, dont les professions sont, par nature, très atomisées. Cette masse centrale fragmentée et atomisée, dont l’unité se justifie par les niveaux de vie et l’interaction des mariages, je considère qu’elle représente 50 % de la population », écrit Todd.

Cette masse centrale autour de laquelle la société française est organisée se caractérise par sa paupérisation, sa baisse de pouvoir d’achat. Et cette masse s’accroît en agrégeant, par le bas, des strates supérieures du monde ouvrier et, par le haut, les jeunes paupérisés de la petite bourgeoisie.

Jusqu’à présent, la majorité atomisée, a fait montre d’une totale incohérence politique. Elle se « caractérise par un très grand flottement, une très grande indécision. Le vote nodal passe de Chirac en 2002 à Royal en 2007 puis Hollande en 2012. On note une étonnante embardée frontiste aux européennes de 2014, où le parti de Marine Le Pen, à en croire les sondages de l’Ifop, obtient 24 % des suffrages de cette catégorie. Aux présidentielles de 2017, Macron est, au sein de la majorité atomisée, à 27 %, mais Mélenchon le talonne, à 26 %. Aux européennes de 2019, LREM et surtout LFI s’effondrent chez les intermédiaires qui plébiscitent les écologistes, à 20 %. Ce groupe atomisé a donc beau être central, il ne possède, contrairement au prolétariat, aucune conscience de soi, ainsi que le prouve sa trajectoire politique désordonnée. »

Au sein de cette masse centrale, l’on peut compter les salariés de la fonction publique (20 % des salariés) qui font partie des héritiers de la classe moyenne comme les qualifie le géographe Christophe Guilluy qui explique que leur poids démographique (combiné à celui des retraités représentant 24 % de la population) maintient la consommation et assure la survie du système politique. « En 2017, écrit Guilluy, ce sont ces catégories qui ont freiné la vague populiste en France, en reportant massivement leurs suffrages au second tour de l’élection présidentielle sur le candidat Macron. Ironie de l’histoire, ce sont ces mêmes catégories qui sont désormais visées par les réformes du gouvernement macroniste en place. »

Nous n’en sommes aujourd’hui plus à de simples réformes contre telle ou telle catégorie mais à une guerre ouverte du gouvernement à toute la société, à toutes les catégories socio-économiques, et (presque) à toutes les professions, à l’exception des gendarmes et des policiers dont a besoin le régime pour se protéger du peuple, c’est pourquoi la police et la maréchaussée ne sont pas contraints à la vaccination, pas folle la guêpe !) 

Cette guerre ouverte, cet appauvrissement de masse et la disparition complète des libertés individuelles pourraient mettre fin à cette « inconscience de classe » qui empêchait une partie de la masse centrale atomisée de rejoindre les Gilets jaunes et de se sentir concernée par les problèmes de leurs concitoyens qu’ils regardaient de haut. Peut-être est-ce Macron et son gouvernement qui parviendront à unir ces Français qui surestimaient leur position dans la société. Il est en tout cas permis de l’espérer.[…]

Jean TERRIEN.