Rivarol n°3504 du 2/2/2022
Version papier

Rivarol n°3504 du 2/2/2022 (Papier)

Editorial

Macron utilise la Mémoire pour se succéder à lui-même !

COMMENT savoir si nous sommes en période électorale ? C’est très facile, il suffit de constater les sollicitations dont sont — ou non — l’objet les associations de Pieds-Noirs. Pour complaire aux Algériens et se marquer à gauche, Macron avait dénoncé, lors de la campagne présidentielle de 2017, la colonisation française, « crime contre l’humanité », puis le supposé “massacre” d’Algériens à Paris, « crime inexcusable », soixante ans plus tôt, puis reconnu les “crimes” commis par l’armée française, à l’encontre de Maurice Audin et d’Ali Boumendjel, en oubliant bien sûr les abominables exactions du FLN. Et voici que le quasi-candidat vient de s’autoriser, avec un culot et un cynisme dont il a le secret, lors d’une rencontre à l’Élysée ce 26 janvier, à commettre « une parole de reconnaissance  » à l’adresse des Pieds-Noirs. Recevant des associations de rapatriés français, le président de la République a enfin reconnu le “massacre” de “dizaines” de manifestants français, opposés à l’abandon de l’Algérie française, par des militaires, le 26 mars 1962 à Alger.
Cet épisode tragique, la « fusillade de la rue d’Isly », qui n’avait jamais été reconnu par la France, est « impardonnable pour la République », a déclaré le chef de l’Etat. Dans son vagabondage mémoriel, il a également exhorté à reconnaître et à « regarder en face » le « massacre du 5 juillet 1962 » à Oran, qui toucha « des centaines d’Européens, essentiellement des Français ». Macron a annoncé vouloir « reconnaître la singularité de chacune d’entre elles, harkis, rapatriés, appelés, militaires, politiques, etc., pour construire une mémoire apaisée, partagée. » On ignore si parmi ces “singularités” figureront Robert Brasillach et ceux qui furent massacrés à la Libération, et si le colonel Bastien-Thiry sera de ces « porteurs de douleurs que l’on n’a pas reconnus ». Mais ne rêvons pas… En attendant, campagne électorale oblige, Eric Zemmour a, lui aussi, rencontré les Pieds-Noirs. Son commentaire sur Twitter est le suivant : « Rencontre passionnante et émouvante avec l’association Jeune Pied-Noir. Face à Emmanuel Macron qui considère la colonisation comme “un crime contre l’humanité”, je suis leur plus grand défenseur ». Commentaire judicieux d’un internaute : « Difficile de se proclamer gaulliste et en même temps de faire les yeux doux à la communauté des rapatriés d’Algérie ».

MAIS c’est essentiellement d’une autre Mémoire que Macron veut se servir pour se succéder à lui-même. Alors que l’annonce officielle de sa candidature est imminente et qu’elle devrait, sauf surprise de dernière minute, intervenir dans la première quinzaine de février, et qu’il a déjà fait savoir qu’il ne participerait à aucun débat télévisé ou radiophonique avec d’autres candidats à la présidentielle d’ici le premier tour (comme tout cela est commode !), officiellement parce qu’il entend exercer pleinement et jusqu’au bout sa fonction, et surtout les avantages et privilèges inouïs que cela lui confère, en réalité parce qu’il n’entend pas s’abîmer dans des débats où son image pourrait être écornée et où il pourrait devoir rendre des comptes, le chef de l’Etat a jugé bon de se rendre à nouveau le 25 janvier dernier à Oradour-sur-Glane. Ce n’est pas une première pour lui car Macron avait déjà visité ce village lors du second tour de la présidentielle en avril 2017, alors qu’il était opposé à Marine Le Pen, et il s’était même rendu, la même semaine, au mémorial de la Shoah dans le Marais pour bien montrer qu’il faisait sien l’antifascisme et qu’il entendait se draper dans une Mémoire orientée, voire falsifiée, pour la mettre au service de ses ambitions et de sa carrière. C’était aussi une façon de diaboliser, de délégitimer par l’histoire ses adversaires. En se rendant à Oradour-sur-Glane le 25 janvier, en demandant à son Premier ministre Jean Castex de se rendre à Auschwitz deux jours plus tard, le 27 janvier, « journée internationale de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité », Macron sait parfaitement ce qu’il fait.
Il s’agit de dire qu’il incarne, lui, la paix, la stabilité, le cercle de la raison, les droits de l’homme, l’Etat de droit, face aux vents mauvais du nationalisme, du racisme, de l’extrémisme voire de l’antisémitisme. Il s’agit pour des raisons purement politiciennes et électoralistes de diaboliser « sa droite », et particulièrement ses possibles concurrents populistes au second tour, Eric Zemmour et Marine Le Pen. Que ces deux derniers ne manquent pas une occasion de condamner le fascisme et le national-socialisme ne change rien à l’affaire. Celui qui décide, c’est celui qui diabolise, pas celui qui est diabolisé. Et pourtant les deux candidats donnent des gages, Marine Le Pen plus encore puisqu’elle n’a pas eu la chance d’être née juive. En se rendant en Pologne, lors d’une cérémonie larmoyante à souhait (il faut faire beaucoup de cinéma pour espérer être agréé !), elle a dernièrement rendu un hommage appuyé aux juifs du ghetto de Varsovie, saluant, photo à l’appui, leur résistance forcément héroïque, et Eric Zemmour a twitté, quant à lui, le 27 janvier : « Les souvenirs de mon oncle Jacques, rescapé d’Auschwitz, ont profondément marqué mon enfance. 77 ans après la libération du camp, je pense à lui et à toutes les victimes », c’est beau comme l’antique ! L’ex-présidente du Rassemblement n’a pas voulu être en reste puisqu’elle a twitté ce même 27 janvier : « La France et les Français font œuvre de mémoire de la Shoah, pire atrocité de l’histoire humaine (sic !), commise par le régime nazi et leurs complices à travers les pays européens occupés et les gouvernements collaborationnistes », rien ne manque dans ce tweet misérable qui marque une écœurante soumission à la doxa, pas même l’attaque directe contre le Maréchal Pétain à travers l’expression de « gouvernements collaborationnistes », et dire qu’il en est encore pour oser nous dire que Marine Le Pen est une femme courageuse, il est interdit de pouffer !

EN TOUT CAS, on peut être sûr que, quel que soit le président élu, le révisionnisme sera toujours persécuté. Puisque dans ce domaine, comme dans tant d’autres, tout va toujours plus mal. Ainsi, que Vincent Reynouard soit exilé et pourchassé au Royaume-Uni ne suffit manifestement pas aux gardiens de la Mémoire puisque le tribunal judiciaire de Paris vient d’ordonner ces jours-ci le blocage immédiat de Shoarnaque et du Blogue-sc (Sans Concession), les deux sites Internet de Vincent Reynouard, chez les principaux fournisseurs d’accès français.
Faut-il que les analyses et démonstrations du chercheur soient jugées dérangeantes pour que, toutes affaires cessantes, alors qu’il ne représente rien sur le plan social et politique, qu’il est de surcroît exilé et en clandestinité, qu’il est globalement inconnu du grand public, on ordonne par voie judiciaire le blocage de ses très modestes sites et qu’on agisse à son égard comme le fait le menteur inquiet ? N’est-il pas profondément révélateur qu’on veuille écraser une humble mouche avec un marteau, qu’on ne souffre pas le simple chuchotement d’une pensée dissidente, qu’on pourchasse, et avec quel acharnement, un penseur libre, courageux et marginal échoué quelque part au fin fond de la Grande-Bretagne ? Voilà assurément qui devrait donner matière à réflexion.

RIVAROL, <jeromebourbon@yahoo.fr>. 

6,00 €
Quantité
6,00 €

Billet hebdomadaire

Chronique de la France asservie et… résistante

L’événement de la semaine est le quasi-ralliement de Marion Maréchal à Eric Zemmour qui fait énormément parler. Notons de suite qu’il s’est produit un événement dont on n’a quasiment pas parlé dans les media et qui peut avoir pourtant des conséquences des plus importantes pour Valérie Pécresse et Eric Zemmour : Gilles Platré, le maire LR de Chalon-sur-Saône, vice-président des Républicains, a décidé de quitter le navire, à quelques semaines des présidentielles. Nous avions évoqué cette éventualité dans de récentes chroniques, en notant que l’homme, adversaire déterminé de la candidate LR, dispose de réseaux très importants. Pour l’instant, il a annoncé sont retrait du comité de soutien à Valérie Pécresse. Son ralliement (probable ?) à Eric Zemmour aurait un poids bien plus important que celui de Guillaume Peltier, lui aussi ex-vice-président de LR.

SÉISME À “DROITE” : MARION MARÉCHAL NE SOUTIENDRA PAS SA TANTE !

Dans une interview au Parisien, Marion Maréchal vient donc de lâcher une bombe : elle ne soutiendra pas Marine Le Pen à l’élection présidentielle. Pas plus qu’elle n’avait soutenu la liste Rassemblement national conduite par Jordan Bardella lors des européennes de mai 2019. Elle annoncera d’ici un mois son (probable) soutien à Eric Zemmour. « Si je soutiens Éric, ce n’est pas juste pour passer une tête et dire coucou », assure l’actuelle directrice de l’Issep Lyon, enceinte de quatre mois, qui veut clairement revenir en politique. L’ancienne élue FN du Vaucluse qui dit « cela fait un an que la politique me titille » confie que « la cohérence, la vision, la stratégie » la font pencher pour Éric Zemmour. Officiellement, sa décision n’est pas prise, mais c’est tout comme. Une nouvelle catastrophique pour Marine Le Pen qui, bonne nouvelle pour elle, venait d’obtenir un prêt de 10,6 millions d’euros auprès d’une banque européenne, dont la nationalité n’a pas encore été révélée. « C’est brutal, c’est violent, c’est difficile pour moi », a réagi Marine Le Pen, désemparée. Mais n’a-t-elle pas été elle-même “brutale” et “violente” avec son père qu’elle a exclu du mouvement qu’il avait co-créé, et avec les centaines de cadres et de militants sincères et intègres qu’elle a éjectées du parti pour avoir été trop cathos, trop identitaires, trop proches de Jean-Marie Le Pen, trop proches de Marion Maréchal ? La guillotine qu’elle a actionnée avec constance ruisselle de sang… C’est son tour…
Mais revenons à Marion Maréchal. Celle-ci semble vraiment déterminée à revenir dans le jeu politique d’autant, dit-on, que son école lyonnaise, l’ISSEP, ne rencontrerait pas vraiment un franc succès. Elle déclare : « Ce qui est sûr, c’est que je ne retournerai pas dans le privé. Je vais refaire de la politique ! J’étais très contente d’arrêter il y a cinq ans, mais là j’ai envie de retourner en politique ». Les raisons de cette décision (en dehors des raisons “alimentaires”) ? Il y a, selon elle, ces trahisons incessantes de sa tante dont elle désapprouve les allers-retours idéologiques et programmatiques permanents, notamment sur le mariage pour tous ou la Cour européenne des droits de l’homme, démontrant un manque total de cohérence et de vision. Marine Le Pen, sonnée, déclare : « Le but, c’est de me tuer politiquement ». Pauvre Marine, cela fait longtemps qu’elle est morte dans le cœur des patriotes et des Identitaires, mais elle ne le savait pas… Marion ne cache pas son vif souhait de retrouver un mandat de député. Elle hésiterait entre la perspective de s’implanter dans le Morbihan, ou de reconquérir sa circonscription du Vaucluse. Gilbert Collard, désormais eurodéputé, lui a aussi proposé de reprendre sa circonscription dans le Gard. Enceinte de quatre mois, nous raconte le Figaro Magazine, avec un terme prévu à la date du second tour des législatives, « la jeune maman ne voit pas sa grossesse comme un handicap, loin de là ». « Ça fera très combat féministe », s’amuse-t-elle, citant comme exemple la campagne municipale romaine réalisée, à huit mois de grossesse, de la présidente du parti national « Fratelli italia », Giorgia Meloni, dont son époux est un cadre influent. Son (quasi-) ralliement à Zemmour s’expliquerait aussi par le fait qu’elle a été impressionnée par la dynamique de sa campagne et le nombre considérable d’adhésions (85 000 constatées par huissier) en à peine huit semaines. Elle dit : « Même au sommet de sa gloire et de sa dynamique, le Front national n’a jamais réuni 90 000 adhérents » et constate : « Contrairement à Marine Le Pen, Éric Zemmour dispose encore d’une large marge de progression. »
Celui-ci affirme : « Marine Le Pen ne peut pas gagner la présidentielle. Les électeurs LR ne veulent pas voter pour elle  », avant de poursuivre : « Valérie Pécresse ne veut pas les électeurs du RN, je suis le seul à faire l’union des droites  ». Gilbert Collard évoque, lui, le « ralliement d’une icône, d’une Le Pen », relevant avec sadisme un « échec à la fois familial, affectif et politique » pour Marine Le Pen. C’est le moins qu’on puisse dire… Le ralliement de Marion Maréchal à Eric Zemmour constituerait (constitue ?) en tout cas un événement majeur dans cette campagne : en juillet 2021, un sondage IFOP lui accordait 66 % d’opinions favorables chez les sympathisants LR, et 86 % au RN.
Mais qu’en dit Jean-Marie Le Pen ? Il vient d’envoyer un twitt aux protagonistes : « Je souhaite m’entretenir dans les prochains jours avec Marine Le Pen et Marion Maréchal. J’exprimerai ma pensée ultérieurement quand je le jugerai utile à la clarté des débats présidentiels et législatifs à venir. » Depuis ce tweet, Le Pen père a précisé sa pensée sur BFMTV : il soutient sa fille Marine, ce qu’il juge “naturel” et qualifie de “choquant” un éventuel ralliement de sa petite-fille au leader de Reconquête!. « Je ne comprendrais pas », a-t-il déclaré. Avant d’expliciter sa réponse : « Les programmes sont parallèles, tout doit la porter à être du côté de sa tante et pas d’un inconnu, si sympathique soit-il », a-t-il réitéré en parlant d’Éric Zemmour. On le voit, une fois de plus, le Menhir fait jouer d’abord les solidarités claniques et familiales. Lorsque cela compte vraiment, il soutient toujours sa fille. Malgré son exclusion en 2015, il a soutenu électoralement toutes ses campagnes électorales jusqu’à ce jour et l’a même puissamment aidée financièrement avec Cotelec pour la présidentielle et les législatives de 2017. Voilà au moins une chose qui ne change pas, même s’il avait laissé entendre qu’il pourrait soutenir Zemmour si celui-ci était mieux placé. Mais cela paraît aujourd’hui de l’histoire ancienne : le clan familial avant tout ! Nihil novi sub sole !

PLAINTES EN CASCADE CONTRE ERIC ZEMMOUR

Il faut reconnaître qu’Eric Zemmour fait preuve parfois d’un certain culot dans ses propos. Celui qui est un multirécidiviste des poursuites vient, une nouvelle fois, de susciter l’indignation de SOS Racisme et des officines, semant l’effroi en considérant sur l’antenne de Public Sénat, que la délinquance en France était du fait « des immigrés ou des enfants d’immigrés », déclarant dans l’émission Bonjour chez vous ! qu’un lien systématique existait entre la délinquance et l’immigration en France. « Vous pensez vraiment qu’avec une immigration zéro, il n’y aura plus de délinquance ? », l’a interrogé la journaliste Oriane Mancini sur l’antenne de Public Sénat. « Ah, il n’y en aura quasiment plus, oui. Ça, j’en suis sûr », a affirmé le candidat à la présidentielle. « Vous savez très bien que tous les délinquants ne sont pas immigrés ou des enfants d’immigrés », poursuit la journaliste. « Si. Bah si, excusez-moi, allez voir dans les prisons », répond alors le candidat de Reconquête ! Du coup, le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, a annoncé sur Twitter, mercredi 26 janvier, que l’association allait porter plainte contre « le multirécidiviste de la haine » qui vient d’être condamné à 10 000 euros d’amende pour provocation à la haine après avoir qualifié les mineurs migrants isolés de “voleurs”, d’“assassins” et de “violeurs” sur la chaîne CNews en 2020. Ce n’est pas Marine Le Pen, autrement plus respectable, qui s’autoriserait de tels odieux dérapages…
Par ailleurs, l’association Observatoire Handicap Monde a déposé une plainte pour « propos discriminatoires » contre Eric Zemmour, dont les déclarations récentes sur la scolarisation des enfants handicapés ont suscité l’émoi. Zemmour avait déclaré : « Il faut des établissements spécialisés qui s’en occupent. Sauf les gens qui sont légèrement handicapés évidemment, qui peuvent entrer dans la classe. Mais pour le reste, l’obsession de l’inclusion est une mauvaise manière faite aux autres enfants, et à ces enfants-là qui sont, les pauvres, complètement dépassés par les autres ». Indignation dans toute la classe politique de l’extrême-gauche à l’extrême centre (Marine Le Pen) pour des propos pourtant de pur bon sens. Capucine Lemaire, présidente de l’Observatoire Handicap Monde, se voit cependant obligée de reconnaître qu’Eric Zemmour a le mérite de la franchise : « Je suis en désaccord avec lui, mais il a mis un coup de pied à l’hypocrisie ambiante en pointant du doigt le fait que le gouvernement ne remplit pas sa mission d’assurer des conditions d’accueil correctes pour les enfants handicapés à l’école », mais n’en porte pas moins plainte contre lui. Allez comprendre…

ROBERT MÉNARD, LE GRAND POLITOLOGUE BITERROIS, PARLE

On sait que Robert Ménard, après avoir exprimé son amitié et son soutien à « son ami » Eric Zemmour, puis à « son amie » Marine Le Pen, puis à Eric Zemmour, puis à Marine Le Pen, a des émois politiques quelque peu fluctuants. Aujourd’hui, il apporte son soutien à la présidente du RN. Qu’en sera-t-il demain ? Mystère. Eric Zemmour, qui goûte assez peu les sauts de puceron de « son ami » déclare qu’il le considère désormais comme « un adversaire politique ». Les récents ralliements à Eric Zemmour inquiètent Robert Ménard, d’autant que Reconquête! connaît un essor important : au mardi 25 janvier 2022, le mouvement compte exactement 85 809 adhérents à jour de cotisation (chiffres vérifiés par un huissier). Le maire de Béziers s’inquiète et y voit, avec une certaine lucidité, « une dynamique pas favorable » à Marine Le Pen. Il évoque « une révolution à droite ». Qu’en serait-il demain « si jamais ça continuait, si demain Marion (Maréchal) se rangeait du côté d’Éric Zemmour, ce serait pour ce camp-là et pour le RN d’une autre ampleur », note-t-il. « C’est une catastrophe pour notre camp […] On est en train de tout faire pour rater cette élection » présidentielle et c’est « une dynamique qui n’est pas favorable à Marine Le Pen », poursuit-il. Quant à Eric Zemmour, il attire des élus RN parce qu’il a « des mots forts », et parce qu’il n’y a “personne”, sauf lui, « qui est capable aujourd’hui de réunir autant de militants » à Cannes (Alpes-Maritimes), où ils étaient 4 000 à le soutenir (1 000 n’ayant pas pu entrer dans la salle). Il pousuit son analyse, notant que « ceux du RN qui se rallient à Éric Zemmour savent que, dans tous les cas de figure, ce sera après la présidentielle une espèce de chamboulement dans la totalité de la droite (et) tout le monde se positionne par rapport à ça ». « Ils se disent qu’est en train de se produire un basculement qui va faire que les cartes vont être rebattues […]. Je crois, qu’à droite, il y a aujourd’hui une révolution en cours ». Et voici que l’ex- ami de Zemmour, ami (futur ex-ami ?) de Marine sort la sulfateuse, déclarant : « Il y a une dynamique pas favorable à Marine Le Pen ». Laquelle doit « arrêter de dire n’importe quoi sur un certain nombre de sujets » (c’est un “ami” qui parle !), lui conseillant de se montrer “rassurante”. Et Ménard de qualifier de « bonne décision » le fait que la candidate RN renonce à la suppression de la double nationalité dans son programme. « Elle a raison de couper avec un certain nombre de totems, de tabous de la droite ou de l’extrême droite, qui sont autant de boulets à ses pieds et qui font qu’on perd systématiquement les élections. » Dernière réponse de Ménard au sujet de ses relations avec Marion Maréchal : « Longtemps que je ne lui parle plus. Nous ne sommes plus tout à fait d’accord ». Dieu, qu’il est drôle ! […]

Robert SPIELER.