Rivarol n°3505 du 9/2/2022
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Rivarol n°3505 du 9/2/2022 (Papier)

Editorial

Les leçons des 70 ans de règne d’Elisabeth II

POUR LES NATIONALISTES français, la date du 6 février marque doublement un triste anniversaire puisque c’est la commémoration d’un double crime commis par la République : le froid assassinat le 6 février 1934 de manifestants patriotes et pacifiques près de l’Assemblée nationale (37 morts et plus de 2000 blessés) qui criaient « à bas les voleurs ! » pour dénoncer un régime affairiste et corrompu et l’exécution, onze ans plus tard, le 6 février 1945, du poète Robert Brasillach coupable d’avoir combattu et œuvré pendant la guerre du côté des vaincus et dont le sinistre et cynique De Gaulle, ne se plaisant que dans les rivières de sang et dans les catastrophes, a refusé la grâce. Dans ses Poèmes de Fresnes, Brasillach fait le lien entre les deux événements puisque, avant son exécution, il écrit magnifiquement :
« Les derniers coups de feu continuent de briller
Dans le jour indistinct où sont tombés les nôtres.
Sur onze ans de retard, serai-je donc des vôtres ?
Je pense à vous ce soir, ô morts de février. »
Le six février, et c’est une pure coïncidence, marque également la mort du roi Georges VI en 1952 et donc le début du règne de sa fille aînée, Elisabeth. L’actuelle reine d’Angleterre a donc célébré ces jours-ci son jubilé de platine, même si le Royaume-Uni prévoit une célébration plus solennelle des soixante-dix ans de règne de Sa Majesté pendant quatre jours à la fin du printemps, du 2 au 5 juin 2022. Elisabeth II est le monarque britannique qui a régné le plus longtemps depuis la naissance de ce pays. Depuis le 9 septembre 2015, elle a dépassé la durée de règne de son arrière-arrière-grand-mère, la reine Victoria (63 ans, 7 mois et 2 jours). Depuis le 13 octobre 2016, à la suite de la mort du roi de Thaïlande, Rama IX, elle est même devenue le souverain régnant depuis le plus longtemps et le plus âgé actuellement en fonction. Elle aura 96 ans le 21 avril prochain.
Nous ne sommes nullement, tant s’en faut, des admirateurs inconditionnels de la monarchie britannique, anglicane et mondialiste, ne disposant de surcroît d’aucun pouvoir véritable puisqu’il s’agit d’une monarchie constitutionnelle. L’ami Hannibal, dans sa chronique du 8 décembre 2021, a d’ailleurs montré à quel point Elisabeth II faisait objectivement le jeu de la révolution arc-en-ciel dans les discours officiels qu’on lui fait prononcer. Et il est vrai qu’elle ne dispose d’aucun pouvoir réel, se contentant de dire et de lire ce qu’on lui commande. Les institutions lui interdisent en effet d’exprimer et de défendre une position personnelle, une opinion, une conviction politique. Et bien qu’elle soit officiellement le chef de l’Eglise anglicane, elle ne se mêle nullement des questions morales et religieuses. Elle ne s’est nullement opposée aux dérives sociétales et civilisationnelles du Royaume-Uni. Son long règne marque incontestablement le déclin de la puissance de la Grande-Bretagne, la fin de son immense empire colonial, de sa domination sur les mers et les océans, la cessation de son homogénéité ethnique et spirituelle, la perte du sens moral avec l’introduction de l’avortement, du “mariage” homosexuel et de toutes les déviances et folies qui sont actuellement promues un peu partout en Occident. La famille royale elle-même a souvent donné un très mauvais exemple avec ses divorces, séparations et infidélités, et que dire du Prince Andrew impliqué jusqu’au cou dans la répugnante et criminelle affaire Epstein et accusé d’agression sexuelle par l’Américaine Virginia Giuffre ?

ET POURTANT, malgré tout cela, la reine d’Angleterre jouit encore dans son pays d’une immense popularité et d’un profond respect qui fait quasiment l’unanimité. Cela tient au fait qu’Elisabeth II supplée, par ses qualités personnelles, à la décadence continue et abyssale de la monarchie et du pays. Femme de devoir (on ne lui a jamais connu d’amant et elle a toujours rempli avec exactitude et scrupule ses obligations de représentation), elle impressionne encore par la noblesse de son maintien, sa parfaite élégance, sa retenue, sa discrétion et la longévité exceptionnelle de son règne. Elle est dépourvue de tout pouvoir véritable mais les Britanniques lui savent gré d’être là dans les jours heureux comme dans les jours sombres, toujours fidèle au poste. Elle a connu quinze Premiers ministres successifs, de Winston Churchill à Boris Johnson. Elle a rencontré des centaines de chefs d’Etat et de gouvernement, les occupants successifs du siège de Pierre, du Pape Pie XII jusqu’à l’intrus François zéro, elle a connu les dix présidents de la République française de la IVème et de la Vème République, de Vincent Auriol à Emmanuel Macron. Et elle est toujours là, impassible.
C’est la force de la monarchie, même constitutionnelle, même en grande partie dévoyée et limitée, elle s’inscrit dans la durée, elle marque une grande stabilité. Or les peuples ont besoin de cette durée, de cette invariance, de cette solidité que ne permettent pas le jeu du suffrage, les compétitions électorales incessantes, les luttes fratricides, la démagogie répugnante dont nous ne voyons que trop les manifestations et conséquences délétères dans l’actuelle campagne présidentielle en France. Les partis politiques divisent le peuple, un monarque le réunit. Les jeux électoraux nous font oublier que nous sommes d’abord et avant tout Français, des fils de France ayant une histoire et un destin communs et qu’il est criminel de se diviser sans cesse pour des questions électorales dérisoires et fugaces. La République n’a pas son pareil pour diviser les Français entre jeunes et vieux, entre hommes et femmes, entre travailleur et retraité, entre fonctionnaires et personnes travaillant dans le privé, entre droite et gauche, entre tel parti, telle étiquette, telle catégorie. On oublie ainsi que nous constituons d’abord et avant tout un peuple et une nation.On perd le sens du collectif, de l’intérêt général, du bien commun. On ne pense plus à s’oublier et à se transcender. Quelle tristesse de voir que le camp national et populiste (ou ce qui en tient lieu) se divise atrocement entre “marinistes”, “zemmouriens”, “philippotistes” ou autres ? Déjà, sur les réseaux sociaux, les insultes et noms d’oiseaux fusent. Dans quelques mois, lorsque toute cette comédie électorale sera terminée, tout cela apparaîtra bien dérisoire. Et pourtant les animosités, les haines et les divisions laisseront immanquablement des traces, les blessures auront du mal à cicatriser. Pour rien hélas. La monarchie a ceci de supérieur à la république, c’est que le souverain dès son enfance est préparé à servir. Il ne dépend pas d’une élection, d’une coterie, d’une oligarchie. Et il a le temps pour lui. Il peut unir le peuple autour de lui car précisément il n’en dépend pas. Il n’a donc pas à le flatter, à le séduire, à capter ses suffrages, son attention, à multiplier les promesses les plus démagogiques et les plus irréalistes.
LA PLUPART des Britanniques n’ont connu comme reine qu’Elisabeth II. Elle leur est familière. Dépourvue de pouvoir, elle n’en a que l’apparence, elle n’est qu’un symbole. Et pourtant dans la vie des peuples et des nations les symboles ont de l’importance, les apparences elles-mêmes comptent. Dans l’allocution télévisée qu’elle avait prononcée lors de la crise du covid et du confinement en 2020, la Reine d’Angleterre n’avait pas tenu un discours révolutionnaire, sulfureux, transgressif ou anticonformiste. Elle n’est pas une briseuse de barrage, ce n’est d’ailleurs ni son rôle, ni sa fonction. Mais dans son maintien, dans sa prestance, dans son élocution, dans le vocabulaire employé, dans le ton adopté, elle avait su toucher les esprits et les cœurs de ses compatriotes, leur donnant de l’espoir, de la joie et de la fierté au milieu de la tristesse et du désarroi, ne fût-ce que quelques instants. Elle avait brièvement évoqué son message radiodiffusé en 1940 au début de la Seconde Guerre mondiale. Quatre-vingts ans plus tôt, elle était déjà là, au milieu des siens. Certes la crise covidesque n’a rien à voir en gravité, ni de près ni de loin, avec la dernière guerre mais ce qui est remarquable, c’est qu’à près d’un siècle de distance, le même souverain s’exprimait solennellement et avec des mots simples, rares, et donc d’autant plus précieux, s’essayait à remonter le moral de ses sujets, à les encourager, à leur redonner force, foi et confiance en l’avenir de leur pays.
C’est cette longévité, cette fidélité à un poste, à une mission, sans jamais se plaindre, sans jamais parler d’elle, sans jamais se mettre en avant qui donnent à la souveraine, malgré toutes les limites et les tares de la monarchie britannique, et Dieu sait qu’elles sont nombreuses, une certaine légitimité et un prestige certain. Dans cette même allocution de 2020, Elisabeth II avait encouragé à prier pendant le confinement. Elle n’avait certes pas associé cette exhortation à la prière et à l’oraison à une religion ou à un culte particuliers mais cette simple suggestion était en soi tout sauf négligeable. Imagine-t-on un chef de gouvernement ou d’Etat français, ou même un quelconque candidat ou chef de parti, de l’extrême gauche à l’extrême droite de l’échiquier politique, exhorter, fût-ce seulement lors de grandes épreuves nationales, le peuple à la prière ? C’est absolument impensable, surtout dans un pays gangrené par plus de deux siècles de fanatisme laïciste et d’irréligion.
On peut critiquer à bon droit la monarchie britannique, on peut déplorer l’absence de pouvoir de la Reine d’Angleterre et sa soumission à la doxa. Il n’empêche. Par sa seule présence, son maintien, sa distinction qui n’a d’égale que sa discrétion, sa longévité, son grand âge, sa dignité personnelle, son strict respect du protocole et des traditions, elle en impose infiniment plus que tous les gredins, coquins et faquins de la république. Il ne faut jamais l’oublier : la monarchie catholique et française — qui valait infiniment mieux que la monarchie britannique — pendant treize siècles a été la gloire de la France. La république en est la honte, l’affreuse cicatrice et la fossoyeuse depuis plus de deux cents ans.

RIVAROL, <jeromebourbon@yahoo.fr>. 

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Billet hebdomadaire

Chronique de la France asservie et… résistante

Marine Le Pen fume-t-elle la moquette, abuse-t-elle de certaines substance illicites ? En tout cas, elle perd ses nerfs, crache de la bile et du venin, tenant des propos hallucinants et hallucinés dans une interview parue dans le Figaro du 4 février : « Je retrouve chez Éric Zemmour, accusé de “chercher à défendre le village d’Astérix et de vouloir détruire le RN” toute une série de chapelles qui, dans l’histoire du Front national, sont venues puis reparties remplies de personnages sulfureux. Il y a les catholiques traditionalistes, les païens, et quelques nazis » et l’ex-présidente du RN d’ajouter : « L’ivresse de la brutalité, des mots chocs et de la polémique permanente, j’en suis revenue » Mettre sur le même plan, sous le vocable de « chapelles remplies de personnages sulfureux », les catholiques traditionalistes (qu’elle déteste tous sans exception, elle parlait encore récemment de “cathodingues” !) et les nazis, même Marlène Schiappa n’aurait pas osé, confie un vieil adhérent, ulcéré.
Pauvre chérie, qu’elle a dû souffrir dans le parti néo-nazi fondé par son père ! Bon, elle a certes fréquenté quelques supposés nostalgiques allemands, autrichiens et italiens, elle a eu comme ami intime, financier et proche collaborateur Frédéric Chatillon, l’ancien chef du GUD, et Axel Loustau, peu suspects l’un et l’autre d’être des centristes mous et des anti-nazis primaires, mais c’était sans doute à l’insu de son plein gré. Elle a participé à un bal en Autriche organisé par une association notoirement peu hostile au pangermanisme et au Troisième Reich (Jean-Marie Le Pen avait pu dire à l’époque avec son habituel sens de la formule : « c’était un bal avec Strauss, mais sans Kahn ! ») mais elle l’ignorait sans doute.

Marine Le Pen, présidente de SOS Racisme ?

Réaction de Gilbert Collard, ancien proche de Marine Le Pen et désormais porte-parole du parti Reconquête : « c’est le signe que la candidate du RN est aux abois ». « Je le prends avec compassion, elle se fait de la bile. Et donc elle crache de la bile. Mais c’est tout de même extraordinaire de voir que Marine Le Pen utilise contre le mouvement Reconquête une insulte du type que le Rassemblement national a subi pendant des années. C’est incroyable. » Et le vibrionnant Collard d’ajouter : « Je pense que quand il n’y aura plus personne au RN, elle va finir présidente de SOS Racisme, c’est son destin, il n’y a pas de doute. » Il est vrai que Marine Le Pen a des soucis. Les défections s’accumulent. Nicolas Bay, porte-parole du RN, au centre de la tourmente, après ses propos ambigus quant à son soutien à la candidate, vient de prendre prétexte du Covid pour sécher la convention présidentielle de Marine Le Pen à Reims. Rejoindra-t-il prochainement Zemmour ? C’est fort possible. Notons un nouveau ralliement : celui de l’eurodéputée guadeloupéenne RN Maxelle Pirbakas. C’est le troisième eurodéputé RN à rejoindre Zemmour après Jérôme Rivière et Gilbert Collard. Autant de signatures en moins.
Le reccueil des parrainages ne s’annonce pas être un long fleuve tranquille. Au dernier comptage, le jeudi 3 février au soir, mis en ligne sur le site du Conseil constitutionnel, Marine Le Pen ne comptait que 35 parrainages déposés, contre 58 à Zemmour qui pourtant, ne dispose pas, comme elle, d’un matelas de près de 300 élus (Macron est déjà qualifié avec 529 signatures, Pécresse en a 324; Hidalgo 266, Mélenchon 100, le communiste Roussel 159, Dupont-Aignan 77, Asselineau 56; Poutou 54, Jadot 80.)
Notons aussi que dans la dernière livraison de l’étude Ipsos réalisée pour le Parisien du 4 février, concernant les intentions de vote, Eric Zemmour et Marine le Pen sont à égalité, à 14 %, derrière Emmanuel Macron (24 %), et Valérie Pécresse (16,5 %). C’est dire que la lutte pour la seconde place, et donc pour la finale de la présidentielle, s’annonce serrée, palpitante et que tous les coups vont donc être permis.
Mais que dit Jean-Marie Le Pen (victime d’un AVC, Dieu merci, sans gravité) ? Solidarité familiale oblige, il défend sa fille, perinde ac cadaver et, répondant sur son blog aux questions incisives de son conseiller Lorrain de Saint-Affrique, dit curieusement : « Je demande (à mes amis) de me pardonner de cette nécessité dans laquelle je me suis trouvé », ajoutant que bien sûr, il voterait Zemmour au second tour en cas de duel avec Pécresse ou Macron. Quant à Bruno Gollnisch, égal à lui-même, il déplore les divisions, déclarant : « Quand le navire tangue, ça me prédispose à rester », mais critique en creux la stratégie de MLP. « Nous payons d’avoir été moins visibles par rapport aux thèmes sociétaux qui étaient ceux du FN (famille, etc.) », reconnaissant qu’« avec Marion, nous sommes assez proches ». Concluons avec Eric Ciotti, présenté par certains comme un “droitard”. Il vient de déclarer : « Il y a des gens dangereux auprès d’Eric Zemmour ». En voici un dont la place serait aux côtés de Marine Le Pen…
Mais l’ex-présidente du RN n’est pas la seule à s’en prendre aux catholiques traditionalistes, potentiels égorgeurs, comme on le sait. La scène se passe dans l’émission « Place aux jeunes ! », sur LCI. Des champions “juniors” de chaque candidat à la présidentielle s’y affrontaient. Et voici qu’Ambroise Méjean, représentant “jeune” de LREM, s’en prend avec une lucidité inouïe et un courage sans nom, non pas aux islamistes, mais aux catholiques traditionalistes, déclarant : « Voir la droite républicaine ne pas être capable de condamner les dérives d’association catholiques radicalisées, c’est un problème. Ces associations qui sont contre l’avortement insultent généralement les femmes qui font des choix courageux. » Sur l’échelle de Richter de l’imbécillité, il atteint des niveaux stratosphériques… Concluons par le trait d’humour d’un internaute : « À votre avis, pourquoi il y a des militaires devant les églises ? C’est pour nous protéger des catholiques radicalisés »…

Thomas Joly et “le crétin de Perpignan”

Mercredi 2 février, dans l’émission « Mission Convaincre » sur LCI, David Pujadas et Ruth Elkrief ont sommé Éric Zemmour de rejeter le soutien du Parti de la France à sa candidature car le PDF serait un mouvement “antisémite”, “néo-fasciste” et composé de “skinheads”, citant en exemple Philippe Milliau, patron de TV Libertés, Hervé Ryssen et Franck Buleux, directeur des cahiers d’histoire du nationalisme (Synthèse nationale), tous trois skinheads bien connus. Refus de Zemmour qui répliqua : « Je suis de confession juive. Comment un antisémite pourrait-il me soutenir ? » Thomas Joly, le président du Parti de la France, qui a succédé à son fondateur Carl Lang, et qui a annoncé soutenir Eric Zemmour, suscita une réaction de rage sur LCI chez Louis Aliot, maire de Perpignan, ancien concubin de Marine Le Pen, surnommé Loulou la purge pour sa propension à exterminer les voix trop catholiques, trop identitaires, trop rebelles au sein du Rassemblement national. Il s’est énervé, déclarant : « J’ai vu que le parti de la France venait de soutenir Zemmour. Je n’ai pas entendu Collard, ni Peltier dire qu’ils ne voulaient pas de ce soutien qui est un ramassis de nostalgiques de la 2e Guerre mondiale ». Eh bien, dites donc ! Voici Thomas Joly pris la main dans le sac à grenades estampillées Hakenkreuz (croix gammée) !
On se doutait bien que le sournois, nonobstant son apparence juvénile, avait fait partie de la division Charlemagne et s’était battu sur le Front de l’Est. Le voici démasqué… Curieusement, il n’a pas apprécié la plaisanterie et a déclaré : « Voilà que le crétin de Perpignan crache son venin, tel un antifa, sur le Parti de la France parce que nous soutenons Zemmour. On dirait un pitbull à qui l’on aurait touché la gamelle ». Pas possible ! Réaction de Zemmour au sortir de cette séquence : « Je ne lâche rien ».

Les cochons dirigeront-ils demain la France ?

On sait depuis la lecture du fantastique livre de George Orwell, la Ferme des animaux (lisez-le absolument !) que les cochons sont les animaux les plus intelligents et aussi de la graine de dictateurs, qui disposeraient d’ailleurs d’un patrimoine génétique qui est à 95 % identique à celui de l’homme (97 % pour le chimpanzé). Les cochons dirigeront-ils demain la France ? C’est une éventualité à ne pas écarter. Hélène Thouy, avocat au barreau de Bordeaux et cochonne émérite, va en effet plaider pour les animaux au cours de l’élection présidentielle à venir. Elle portera, pour la première fois dans le cadre d’une élection présidentielle, les couleurs du Parti animaliste, parti fondé en novembre 2016. Le parti avait présenté, aux élections législatives de 2017, 142 candidats et obtenu un score loin d’être ridicule de 2,17 % aux élections européennes de 2019. .Il avait même obtenu quelques élus aux élections municipales de 2020 dans diverses communes : Nantes, Grenoble, Montpellier, Boulogne-Billancourt, etc. La difficulté réside aujourd’hui dans le recueil des 500 parrainages, les cochons ne disposant pas pour l’instant du droit de vote. Mais cela pourrait changer à l’avenir. Le programme électoral des cochons est très simple : interdiction de la chasse et fin de l’élevage intensif. Pour ce qui est de la prolifération des sangliers et des dégâts considérables sur les cultures, Hélène Thouy, la cheffe des cochons et des cochonnes, a une alternative à proposer : la stérilisation des sangliers. Une idée typiquement nationale-socialiste…
Mais si elle obtient ses parrainages, ce qui à ce stade paraît plutôt bien parti, elle pourrait recueillir un nombre de voix non négligeables, notamment dans un électorat populaire et rural souvent très dépolitisé. Probablement au détriment d’une éleveuse de chats quinquagénaire elle aussi dans la course présidentielle.

Pécresse s’affole et dénonce

Au coude à coude dans les sondages avec Zemmour et Le Pen, Valérie Pécresse, dont la campagne est actuellement des plus poussives, est très inquiète. Son équipe considère que le danger principal vient de Zemmour, qu’elle accuse d’être le « candidat de la fusion des extrêmes droites ». Un responsable de sa campagne vient de déclarer avec finesse : « Ce n’est pas une équipe qu’il a autour de lui. C’est une milice ». Une note vient d’être adressée aux porte-parole et aux relais de sa campagne, qui donne une idée de la panique qui la submerge. Son titre : « Les sympathies nazies d’Eric Zemmour » (sic !) Cette note insiste sur le « soutien de la plupart des formations d’extrême droite radicales », du Parti de la France, qualifié de « parti néofasciste comptant de nombreux skinheads dans ses rangs », aux « anciens mégrétistes, en passant par des militants identitaires et d’anciens militants néo-païens issus notamment du Grèce ». Le pedigree de quinze personnalités soutenant Zemmour et accusées d’être sulfureuses, dont Philippe Schleiter, neveu de Robert Faurisson et directeur de la campagne législative du parti zemmourien Reconquête, y figure notamment. […]

Robert SPIELER.