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Rivarol n°3526 du 6/7/2022 (Papier)

Editorial

Au nom de la Mémoire on emprisonne des centenaires inoffensifs !

ILS VONT TOUJOURS  plus loin dans la démesure et la folie. Voilà désormais qu’au nom de la Mémoire et de la vengeance talmudique, on jette en prison un centenaire inoffensif. Un ancien gardien d’un camp de concentration, âgé de 101 ans, Josef Schütz, a en effet été condamné le 28 juin par la justice allemande à cinq ans de prison ferme pour « complicité de meurtres durant son service dans le camp de Sachsenhausen » entre 1942 et 1945. « Monsieur Schütz, vous avez été actif pendant environ trois ans au sein du camp de concentration de Sachsenhausen où vous avez été complice des meurtres de masse », a asséné le président du tribunal de Brandebourg-sur-la-Havel (est) Udo Lechtermann qui a fait la leçon au plus vieil accusé de l’histoire et qui aurait parfaitement eu sa place comme juge lors des procès de Moscou ou dans celui de Nuremberg : « Vous y étiez conscient que des prisonniers y avaient été tués. Par votre présence, vous avez soutenu » ces actes, a-t-il ajouté. « Toute personne voulant fuir le camp était fusillée. Ainsi, tout gardien de camp a participé activement à ces meurtres », a-t-il dit. La sentence est plus lourde que le minimum de trois ans de prison pour complicité de meurtres inscrit dans le droit allemand, alors même que le vieil homme, impotent, est dans une chaise roulante. Quelle infamie que de faire subir une telle torture psychologique et une telle sentence démente à un centenaire grabataire !
Non, décidément, cette justice n’est pas la nôtre. Que près de 80 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale on se livre à une telle parodie de justice, on fasse preuve d’une telle inhumanité, d’une telle férocité, d’une telle partialité est insupportable. Signe de la lâcheté des hommes de notre temps, personne ne dénonce à haute voix, de manière claire et énergique, ce simulacre de justice. Par crainte sans doute être taxé d’antisémite. Et puis il est tellement d’esprits lobotomisés par la propagande depuis des décennies que la plupart des gens, ceux en tout cas qui sont au courant de ce jugement, doivent trouver cette sentence tout à fait justifiée. Un nazi, ou prétendu tel, ne doit en effet bénéficier d’aucune clémence, même à cent ans passés, il doit être impitoyablement pourchassé, condamné, puni. Tel est leur monde, tel est leur justice. Cela témoigne du recul terrifiant du sens moral et de l’esprit de justice et d’équité dans notre univers post-chrétien. Où sont aujourd’hui les hommes assoiffés de justice que vante le Christ dans les Béatitudes ?
Josef Schütz est un homme simple qui fut paysan puis serrurier, qui après- guerre, fut transféré en Russie dans un camp de prisonniers, ce qui ne fut pas une partie de plaisir. Ce vieil homme se souvient seulement d’avoir planté et arraché des arbres, d’avoir été ouvrier agricole dans le camp de Sachsenhausen, alors qu’il avait à peine vingt ans. « Tout est faux » dit-il à propos de ce que l’on raconte à son sujet. Mais peu importe pour ses tortionnaires que tout soit faux. L’important pour ses juges n’est pas de chercher et de dire la vérité, il est de faire un exemple, de montrer que le nationalisme, c’est le mal et que la seule chose à combattre toute sa vie, avec toute son énergie, c’est le racisme et l’antisémitisme.

QU’IL EST LOIN le temps où des hommes d’Eglise flétrissaient d’une voix claire l’injustice, où le chanoine Desgranges pouvait écrire un livre pour dénoncer les crimes du résistantialisme, les horreurs de l’épuration ! Quel clerc, quel prélat, quel écrivain, quel intellectuel, quel penseur, quel homme public, quelle célébrité aujourd’hui oserait dénoncer l’odieuse persécution des révisionnistes, la traque de vieillards innocents et inoffensifs, qui oserait stigmatiser des législations liberticides qui veulent institutionnaliser le mensonge, empêcher que la vérité soit dite ! C’est à cela aussi que l’on mesure à quel point nous sommes tombés bas. Lorsque Maurice Papon était traqué partout il y a un quart de siècle, qu’il n’y avait pas un lieu où il puisse reposer tranquillement en marge de son inique procès à Bordeaux, le professeur Faurisson nous confiait : « Il n’est pas un seul endroit sur terre où Papon puisse être libre et en sécurité, preuve de la toute-puissance du lobby juif ». Les choses ne se sont pas arrangées depuis. Le 24 juin, l’abbé Olivier Rioult, un des rares prêtres à oser aborder publiquement la question juive d’un point de vue catholique, et à rappeler la guerre de deux mille ans que la Synagogue fait à l’Eglise, a été lui aussi condamné par la XVIIe chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris pour contestation de crimes contre l’humanité et injures à caractère antisémite pour des propos tenus en octobre 2020.
Le Grand Avignon a, quant à lui, annoncé qu’il allait faire recouvrir la fresque jugée antisémite sur le parking des Italiens à l’entrée de la Cité des Papes après avoir mollement résisté pendant quelques jours, au nom de la défense de la liberté d’expression. Le préfet a en effet insisté pour que l’image montrant Jacques Attali en marionnettiste manipulant Emmanuel Macron soit recouverte. Le Grand Avignon s’est couché. Il n’y pourtant aucun mot, aucun slogan sur cette fresque. Mais le fait qu’on puisse penser que Jacques Attali qui est juif — et qui a porté plainte contre l’artiste — puisse manipuler le chef de l’Etat est considéré comme antisémite, alors même qu’Attali a reconnu lui-même qu’il avait « fait Macron ». Mais lui peut le dire, un goy ne le peut pas. S’il le dit, c’est qu’il est antisémite. A l’instar de la pancarte que portait Cassandre Fristot dans les rues de Metz le 7 août 2021 contre la tyrannie sanitaire et sur laquelle on pouvait lire treize patronymes dont certains étaient juifs ou supposés l’être. Or, on n’a pas le droit de citer un nom juif. Sauf pour en dire du bien, sauf pour se montrer dithyrambique. Et pourtant, comme le disait Dieudonné dans un de ses rafraîchissants spectacles « ce n’est pas de ma faute si la vérité est antisémite ».

NOUS SOMMES, quant à nous, également poursuivis par le Parquet, sur signalement des associations habituelles, pour avoir parlé de « religion de la Shoah » et de « culte holocaustique ». Nous venons en effet de recevoir par huissier les citations à comparaître. Après la perte de l’agrément de la CPPAP, le harcèlement continue. C’est décidément un match sans fin. Nous avons souvent par le passé utilisé ces expressions, tant à l’écrit qu’à l’oral, sans jamais jusque-là avoir été poursuivi et condamné. Ce n’est plus le cas désormais, signe que la répression s’aggrave, que la chape de plomb se renforce. Il est pourtant facilement démontrable que la Shoah fonctionne comme une religion, ou plus exactement comme une contre-religion, avec sa loi sur le blasphème (la loi Gayssot), son dogme (l’Holocauste), ses martyrs (les six millions), ses stigmatisés (les déportés tatoués), ses miraculés (les rescapés et survivants de la Shoah chaque jour plus nombreux), ses saints (les Justes récompensés par l’entité sioniste), son inquisition (les tribunaux de la République et du monde entier), ses grands prêtres (Primo Levi, Simone Veil, les Klarsfeld, Elie Wiesel…), ses saintes congrégations (la LICRA, le B’nai B’rith, le CRIF…), ses mémoriaux (de la Shoah), ses reliques (les cheveux, dents et souliers des déportés), son enfer (les révisionnistes, les catholiques fidèles à la doctrine sur le nouvel Israël, les nationalistes sauf ceux de l’Etat d’Israël), sa cité sainte (l’entité sioniste), ses archanges (Tsahal), ses processions et pèlerinages (à Auschwitz, au Struthof…), son catéchisme (le tribunal militaire international de Nuremberg), ses tables de la loi (la déclaration des droits de l’homme), etc.
Le plus piquant dans cette affaire, c’est que nous sommes poursuivis pour contestation de crimes contre l’humanité. On ne voit pas en quoi parler de « religion de la Shoah » est une contestation, sauf à considérer que toute religion est fausse et mensongère en soi, mais on peut compter sur nos contradicteurs pour étendre à l’infini le champ d’application de la loi Gayssot qui, au départ, nécessitait pour être condamné une contestation explicite et publique et qui aujourd’hui peut sanctionner pénalement un point d’interrogation, l’emploi d’un conditionnel, de guillemets, l’expression, même implicite ou minimaliste, d’un doute voire un simple calembour, une plaisanterie, une marque d’ironie. On nous tympanise avec le fameux humour juif. On ne le voit en tout cas guère à l’œuvre, quant à nous, surtout sur ce genre de questions. Les deux procès (car il y en a deux, ce qui peut permettre, espèrent nos persécuteurs, une double condamnation, pas folle la guêpe !) auront lieu le mercredi 7 septembre à 13h30 devant la XVIIe chambre (celle de la presse) du tribunal judiciaire de Paris porte de Clichy. La rentrée s’annonce chaude voire bouillante. Mais ce n’est pas une surprise. Et une nouvelle fois, avec la grâce de Dieu, on fera face. Mais au fond faire face, n’est-ce pas finalement la mission quotidienne et permanente de l’homme ici-bas ?

RIVAROL, <jeromebourbon@yahoo.fr>. 

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Billet hebdomadaire

L’empire et l’histoire

Les empires passent, c’est leur destin, peut-être leur fonction principale. Sumer, Akkad, Élam dont on découvre l’écriture, Babylone, Assur, Ninive, l’Egypte, la Perse, Rome, l’empire britannique, et tant d’autres du Pérou à la Mongolie et de l’Inde au Mexique. Chacun le sait même s’il veut l’oublier. Alexandre confia le sien au plus digne, Biden et Poutine croient les leurs éternels, que Xi observe tel un chat narquois.
Nous avons fini de perdre le nôtre voilà soixante ans tout rond. Albert Dovecar (1937-1962) et Claude Piegts (1934-1962) le sept juin 1962, Roger Degueldre (1925-1962) le six juillet, étaient assassinés par des balles françaises, alors que l’indépendance de l’Algérie donnait le départ à une interminable guerre civile entre factions rivales et ethnies ennemies, quelques heures après que des milliers d’Européens eurent été enlevés, massacrés, mis en esclavage sexuel par le FLN, sous le nez de notre armée consignée. Cette fin d’empire doit être gardée en mémoire pour juger les cris de buses qu’a poussés la NUPES après le discours d’ouverture de la nouvelle chambre des députés. Pour célébrer l’unité française, le doyen d’âge qui le prononçait, José Gonzalez, du Rassemblement national, a rappelé que, né à Oran le 28 avril 1943, il était « l’enfant d’une France d’ailleurs arrachée à sa terre natale par le vent de l’histoire ». Et d’ajouter : « En 1962, j’ai laissé là-bas une partie de ma France ».
Rien d’appuyé, nul éloge de la colonisation, nulle référence même à la cause de l’Algérie française, encore moins de pointe contre telle politique passée, tant celle des porteurs de valise que celle des gaullistes, en somme quelque chose de discret et de parfaitement proportionné au moment et au lieu. Or, de nombreux élus de l’extrême gauche bruyante et créolisée se sont dit “heurtés”, ou “gênés”, exprimant même leur “dégoût” et leur “horreur” devant cette « apologie de l’OAS » et des « crimes de la colonisation ». Notez bien qu’il n’a été question de rien de tout cela dans le discours. Le moteur à procès d’intentions s’emballe à froid. Le sempiternel moulin à diabolisation. Dites, les chochottes ! Vous voulez être gênés, vous cherchez du dégoût ou de l’horreur à propos de cette époque ? Ouvrez donc quelques-uns des albums de photos où l’on voit femmes et enfants déchiquetés par les bombes aveugles du FLN, ou ces hommes laissés sur le terrain le sexe tranché planté dans la bouche. Pauvres cloches ! Pitres sinistres ! Soixante ans ont passé et la même haine ignorante vous anime toujours, militants ad vitam aeternam du mensonge sanglant. Jamais autant qu’ici, jamais autant que maintenant, je n’ai compris combien c’est petit, combien c’est laid, combien c’est bête, combien c’est répugnant, la gauche.



Cette fin de l’empire par l’abandon de l’Algérie, à quoi fut-elle due ? Inutile de lancer un vaste débat sur l’ensemble des causes qui ont pu y concourir, rappelons seulement l’opinion de celui qui l’a perpétrée, le général De Gaulle, tel qu’il en a exprimé les grandes lignes. Sa première, sa plus forte raison de se séparer de l’Algérie, la seule peut-être, qu’on peut décliner de plusieurs manières, est ce que l’intéressé nommait « la nature des choses ». Pour lui « ces gens-là » (tel était son vocabulaire, qu’un tribunal condamnerait aujourd’hui), les musulmans autochtones, n’étaient pas des Français, à cause de leur ethnie, de leur histoire, de leur civilisation, où leur religion, l’islam, tenait une place importante. Il l’avait d’ailleurs avoué à Alain Peyrefitte : à défaut d’une assimilation impossible, l’intégration prônée par Soustelle, ce gaulliste de gauche qui avait touché la réalité en devenant gouverneur général de l’Algérie, allait mener à une submersion de la France, qui changerait la nature de celle-ci en la semant de « Colombey-les-deux-mosquées ».
Parmi les autres motifs avoués par De Gaulle figure le réalisme : il reconnut céder devant la pression internationale, celle, massive, impudente, des « deux grands », URSS et Etats-Unis, celle, plus hypocrite, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne fédérale. Le temps lui manquait en outre, quand il prit le pouvoir à soixante-sept ans, pour mener les réformes intérieures et la grande géopolitique dont il avait l’ambition. Quoique se présentant en non marxiste, il se soumettait enfin au « sens de l’histoire » : on se souvient qu’il compara, dans une moquerie amère, les partisans de l’Algérie française aux amateurs de « marine à voile et lampes à huile ». Sur ce dernier point il eut hélas peut-être raison : pour l’Europe occidentale broyée par deux guerres mondiales, le temps des empires était, semble-t-il, révolu. […]

HANNIBAL.