Rivarol n°3588 du 15/11/2023
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Rivarol n°3588 du 15/11/2023 (Papier)

Editorial

L’abject reniement du Rassemblement national

MARINE LE PEN peut être satisfaite. Elle est adoubée par Serge Klarsfeld. Dans un entretien au Figaro du 9 novembre, le président des Fils et Filles de déportés juifs de France, félicite le Rassemblement national d’avoir « rompu avec l’antisémitisme et le négationnisme ». Après avoir déjà reçu un Prix de la ville de Perpignan par son maire, le sépharade Louis Aliot, ex-concubin de Marine Le Pen, Klarsfeld continue à distribuer de bons points au RN : « Pour moi, l’ADN de l’extrême droite, c’est l’antisémitisme. Donc, quand je vois un grand parti issu de l’extrême droite abandonner l’antisémitisme, le négationnisme, et marcher vers des valeurs républicaines, je m’en réjouis. Je prends acte de ces pas en avant du Rassemblement national. […] Jean-Marie Le Pen s’est fait le porte-parole du négationnisme. Il y a une cinquantaine d’années, des tas de négationnistes existaient qui n’avaient pas d’audience. Jean-Marie Le Pen s’est fait leur porte-parole en exprimant ses doutes sur les chambres à gaz, sur le nombre des juifs qui avaient été victimes de la Shoah. Il y a ajouté le point de détail. Marine Le Pen a modifié complètement l’idéologie du Front national. Bien sûr, nous attendons qu’elle renie ce passé de façon plus éclatante. Cela viendra peut-être lors de la disparition de Jean-Marie Le Pen. Le RN est un parti qui, sur le plan de l’antisémitisme, si on le compare avec La France insoumise, ne peut mériter que des bons points. ». Difficile de rendre un hommage plus appuyé. Mais jusqu’où les dirigeants du Rassemblement national iront-ils dans le reniement et l’indignité ? Jusqu’où iront-ils dans la soumission servile à une coterie influente et nocive ? Désireuse d’entrer de plain-pied dans le Système et d’être reconnue comme un membre à part entière de la mafia politico-médiatique qui nous tyrannise et nous asservit, la direction du Rassemblement national ne cesse de renier les origines, le passé, les positions du mouvement national au point de diffamer publiquement le père fondateur qui, à 95 ans révolus, ne peut plus guère se défendre et contre-attaquer, et ce d’autant moins que sa fille l’a mis sous tutelle en l’empêchant de s’exprimer publiquement.
Lorsque Marine Le Pen et Jordan Bardella ont fait savoir qu’ils entendaient participer à la manifestation nationale contre l’antisémitisme le dimanche 12 novembre à Paris, et qui est en réalité l’expression d’un soutien inconditionnel à l’entité sioniste et à ses crimes de guerre à Gaza, les media audiovisuels et la classe politique ont eu beau jeu de rappeler certaines déclarations politiquement et historiquement incorrectes de Jean-Marie Le Pen afin que l’actuelle direction du RN les désavoue et renie le fondateur du Front national. Et c’est exactement ce qui est arrivé. Après avoir déclaré le dimanche 5 novembre que, malgré ses déclarations « condamnables et condamnées », Jean-Marie Le Pen, selon lui, « n’était pas antisémite », Jordan Bardella, incapable de résister à la pression médiatique, se contredit totalement, au point de déclarer sur CNews, quatre jours plus tard, que « Jean-Marie Le Pen s’est évidemment (sic) enfermé dans un antisémitisme qui a amené, en 2015, à une rupture politique entre Marine Le Pen et son propre père. Je l’ai dit et je le redis. ». Et le jeune homme d’avouer, contrit, qu’il avait commis une “maladresse” en ne reconnaissant pas, dès le départ, l’antisémitisme du Menhir. Voilà le niveau de courage intellectuel, de force morale, de constance, de franchise et de dignité des gars de la Marine ! Ils font là où on leur dit de faire. Et ils se font dessus. Ils sont les misérables laquais du lobby juif (et d’ailleurs aussi du lobby LGBT et abortif). Comment croire que, demain, aux responsabilités, dans un contexte où les pressions de toutes sortes seront bien plus fortes, ces ectoplasmes sans honneur, sans droiture, sans principe directeur, sans doctrine et sans conviction, sans aucun courage, seraient capables de défendre et de protéger les intérêts vitaux d’une France en danger de mort alors même que, dans l’opposition, ils sont incapables de faire face, si peu que ce soit, à la police de la pensée ? Ce sont vraiment tous des minables. Ils nous font honte.

CAR, comme l’ont rappelé avec justesse d’anciens hauts dirigeants du Front national canal historique, Bruno Gollnisch et Carl Lang, indignés par ces reniements et reptations abjects, rien dans le programme du Front national, dans ses propositions, dans ses documents électoraux, dans ses thèmes de campagne, ne pouvait être considéré, ni de près ni de loin, comme de l’antisémitisme. Il n’y avait aucune volonté, même implicite, de persécuter les Juifs ou de leur nuire en quoi que ce soit. En revanche, ce qui est vrai, c’est que Jean-Marie Le Pen, lorsqu’il était au sommet de son art et de sa forme, n’a pas cédé aux exigences du lobby juif. C’est ainsi qu’il a refusé d’avaliser la loi Gayssot et qu’à plusieurs reprises il a fait des déclarations non conformes à la vulgate sur la dernière guerre mondiale, une guerre que, contrairement à d’autres, il a connue personnellement. Mais cela n’a rien à voir objectivement avec l’antisémitisme. C’est une malhonnêteté intellectuelle de considérer que le révisionnisme historique est par essence antisémite. Ce n’est pas parce que les conclusions d’historiens et de chercheurs ne vont pas dans le sens souhaité ou exigé par le lobby judéo-sioniste que cela fait des révisionnistes des antisémites, même si, évidemment, à force d’être injustement caricaturés, traqués et persécutés, cela peut entraîner un agacement certain à l’égard des manœuvres détestables d’une puissante coterie. Les quelques déclarations jugées sulfureuses de Jean-Marie Le Pen ne sont pas objectivement antisémites. Mais sachant que, dans nos sociétés, sous nos latitudes, l’antisémitisme est considéré comme le péché suprême, le crime des crimes, celui qui disqualifie à tout jamais, que la direction du Rassemblement national, pour complaire aux media et à ses adversaires, pour achever son entreprise de normalisation, c’est-à-dire de liquidation des fondamentaux et de l’âme du mouvement national (Le Pen avait dit à sa fille le 4 mai 2015 au bureau politique qu’elle avait tué l’âme du FN, ce qui était parfaitement exact. Il est seulement regrettable qu’il l’ait politiquement soutenue avant et, pire encore, après son exclusion) traite le père fondateur auquel elle doit tout d’antisémite a quelque chose de répugnant.
C’est d’ailleurs non seulement abject mais de plus parfaitement imbécile car, en agissant ainsi, les dirigeants du RN montrent leur faiblesse, leur vulnérabilité, leur servilité qui sont forcément repérées par leurs contradicteurs et qui seront utilisées contre eux en permanence pour qu’ils se renient et apostasient toujours davantage. Leurs adversaires auront en effet beau jeu de dire à Bardella, à Marine Le Pen et à tous les leurs qu’ils sont les héritiers, qu’ils le veuillent ou non, d’un parti fondé et dirigé pendant quarante ans par un fieffé antisémite, ce qu’eux-mêmes reconnaissent aujourd’hui publiquement, et que donc ils sont disqualifiés pour prétendre diriger demain le pays et pour se grimer en « bouclier des Français juifs ». Cela ne vous a pas gêné, ajouteront-ils pour pousser leur avantage et chercher le KO, de côtoyer cet antisémite pendant des années, de vous présenter sous cette étiquette et avec son parrainage ? Et ils rappelleront à Marine Le Pen que, lors du congrès de succession à Tours, le 16 janvier 2011, elle avait rendu un vibrant hommage (certes nullement sincère) à son père, disant sa fierté de lui succéder et affirmant qu’elle assumait tout, absolument tout, de l’héritage. Ils auront beau jeu de dresser la liste de tous les compagnons de route de Marine Le Pen suspectés d’antisémitisme, à commencer par ses amis (ou ex-amis ?) Frédéric Chatillon et Alex Loustau, anciens membres dirigeants du GUD et connus pour leur antisionisme.

COMME NOUS L’AVONS écrit et dénoncé depuis de très longues années, la politique dite de dédiabolisation, qui n’est en réalité qu’une soumission complète au lobby judéo-sioniste, mais aussi au lobby de la culture de mort (LGBT, avortement, euthanasie, etc.), est une machine à reniements permanents. Sans aucune limite. C’est si vrai qu’il suffit de comparer les programmes de gouvernement du FN des années 1980 au début des années 2000 avec ce qui est actuellement proposé par un RN inféodé aux différents lobbies destructeurs de notre civilisation, de notre pays, de nos libertés. Hier le FN était contre l’avortement, le Pacs, le “mariage” homosexuel, la loi Pleven, Gayssot, Lellouche et Perben, l’Union européenne et l’euro, pour la peine de mort et la remigration. Aujourd’hui le RN de Marine Le Pen a abandonné tous ces combats vitaux, au point d’en prendre l’exact contrepied. Sa principale obsession aujourd’hui est de s’ériger en meilleur protecteur des juifs et des invertis qui seraient menacés dans notre pays, et en Palestine, par les islamistes. Voilà le niveau de son discours et de ses préoccupations. Interrogée par le Journal du dimanche du 12 novembre sur les raisons de sa participation à la manifestation organisée le même jour contre l’antisémitisme par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, à l’instigation de la LICRA et du CRIF, Marine Le Pen, dont le courage et l’anticonformisme ne sont pas les vertus cardinales, a déclaré : « Parce que c’est la place de l’ensemble des Français qui sont attachés à nos valeurs (quelles valeurs ?) et qui ont envie d’exprimer leur soutien à l’égard de nos compatriotes de confession juive. L’idée que des Français juifs vivent dans la crainte dans leur pays est une idée insupportable et profondément antifrançaise. C’est le rôle de tous les responsables politiques d’y participer pour exprimer ce soutien mais également de manifester le rejet absolu du fondamentalisme islamiste. Aujourd’hui, cela paraît évident, mais ça ne l’a pas été pendant longtemps. La première fois que j’ai évoqué ces quartiers en France où il ne faisait pas bon être juif, homosexuel, être une femme et parfois tout simplement être Français, c’était il y a au moins quinze ans. »
Or tout ce tintamarre autour de la montée supposée vertigineuse de l’antisémitisme est une forgerie et une imposture. Le Journal du dimanche du 5 novembre, dirigé par le très judéoservile Geoffroy Lejeune, avait osé titrer en une sur toute la page : « Le déchaînement antijuif » en mettant en exergue les prétendus actes antisémites de Paris et de Lyon et en prenant comme photo, pour démontrer la pertinence de son titre alarmiste, une façade d’un bâtiment parisien sur laquelle étaient dessinées des étoiles de David. Manque de chance, tout est faux dans ces affaires, ce qui en dit long sur le degré de dignité intellectuelle et morale, de déontologie et d’amour de la vérité et de la justice du Likoudnik Lejeune et de sa clique de fieffés sionistes, soutiens actifs de l’assassin en chef Netanyahou. Et il ne faut pas compter sur Lejeune pour rétablir la réalité des faits, maintenant que la vérité s’est fait jour. Alors faisons-le, nous. Les étoiles de David dessinées fin octobre au pochoir dans le 14e arrondissement de Paris ne sont pas le fait d’antisémites ou d’antisionistes mais de soutiens zélés et fanatisés de Tsahal. Voilà ce qu’écrit prudemment le quotidien gratuit 20 minutes sur le sujet : « Ismaël Boudjekada, un élu municipal de la commune de Grand-Charmont, dans le Doubs, affirme avoir infiltré un groupe sur WhatsApp, depuis fermé, intitulé « Tsahal vaincra », composé de 450 membres, tous de fervents soutiens d’Israël. Selon l’élu, captures d’écran à l’appui, un membre de ce groupe suggérait d’ « inonder les commerces, les immeubles, avec des magen David [étoiles de David] partout ». Ce même membre écrivait qu’il fallait « payer des tagueurs s’il le faut ». Ismaël Boudjekada ajoute que la « volonté des membres de ce groupe était aussi de surfer sur cette vague prétendument antisémite ». Il affirme avoir transmis toutes les informations qu’il aurait récoltées à la justice. […] La nature même de ces tags, réalisés au pochoir en bleu, interpelle. A commencer par le parquet de Paris, lequel note que le motif tagué est une « étoile de David bleue, similaire à celle figurant sur le drapeau d’Israël ». Contactée par 20 Minutes, la Licra admet un emballement à chaud : « Ces tags ont été découverts dans un contexte très fort d’actes antisémites, et notre premier réflexe a été de réagir ». Avec le recul, elle reconnaît que cette forme de tags est « quelque chose d’inédit », les inscriptions antisémites étant plus généralement des croix gammées ou des étoiles accompagnées d’insultes ou de menaces. Même constat du côté du Service de protection de la communauté juive (SPCJ) où l’on reconnaît auprès de 20 Minutes que, “sous cette forme de pochoirs et de cette couleur, c’est une première” ».
Autrement dit, on crée artificiellement un climat détestable alors qu’en réalité il n’y a pas de loup antisémite. Il n’y a d’ailleurs eu en France depuis le 7 octobre ni mort, ni blessé, ni dégradations matérielles liés de près ou de loin à l’antisémitisme ou à l’antisionisme. En réalité il n’y a rien. Absolument rien. Ces prétendus 1040 actes antisémites ne reposent sur rien de sérieux et de concret. De toute façon, il suffit dans un pays devenu une colonie israélienne de critiquer l’entité sioniste ou d’agiter un drapeau palestinien pour que cela soit considéré comme un acte antisémite. On fait défiler des dizaines de milliers de moutons contre l’antisémitisme alors qu’il n’y a objectivement et concrètement rien. Où sont les juifs attaqués ? Où sont les synagogues ou commerces juifs dégradés ou incendiés ? Il n’y a rien. Tout cela n’est que manipulation, mensonge et hystérie pour détourner l’attention du massacre qui continue chaque jour davantage dans la bande de Gaza. […]

RIVAROL,<jeromebourbon@yahoo.fr>.

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Billet hebdomadaire

Une guerre mondiale pour Israël

Le massacre à Gaza (déjà plus de 10 000 morts), nous le constatons, a et aura des implications géopolitiques importantes. Le risque de propagation du conflit étant important. L’on peut faire tous les reproches du monde aux pays proche-orientaux, mais contrairement à l’État artificiel d’Israël, ils sont chez eux.
Tous les observateurs avisés ont, depuis un siècle, pointé du doigt le danger régional et mondial que font peser le projet et l’entité sionistes.

UNE CATASTROPHE PRÉVISIBLE ET PRÉVUE

À l’époque où le Foyer national juif a été créé, il n’existait pas d’Islam politique, il n’y avait pas de Frères musulmans, d’islamistes, de groupes terroristes se revendiquant de l’Islam. Pourtant, l’entité sioniste colonisait, chassait les Palestiniens de leur terre, sans justification d’un combat contre “l’islamisme” pour défendre une « civilisation judéo-chrétienne ».
Dès le 20 décembre 1920, l’historien français Jacques Bainville voit dans le sionisme les causes d’une guerre de religions et une catastrophe à grande échelle.
« L’Osservatore romano et la Semaine religieuse de Paris ont récemment publié un ensemble de documents sur la situation de la Palestine. Le sionisme soutenu par le cabinet de Londres y apparaît comme une aventure alarmante à tous les points de vue. Déjà les incidents ont été nombreux.
Ils sont d’abord, bien entendu, de nature religieuse. Le sionisme, aux Lieux-Saints, n’a pas l’impartialité des Turcs. Il traite en intrus les représentants des communions chrétiennes. Le haut commissaire britannique, sir Herbert Samuel, se comporte comme un chef plus religieux que politique. Le ‘‘prince d’Israël’’, ainsi l’ont surnommé ses coreligionnaires, va prier, le jour du sabbat, à la grande synagogue, acclamé par la population juive de Jérusalem. Par contre, le Saint-Sépulcre est un lieu qui lui fait horreur. Au mois de juillet dernier, visitant la basilique, sir Herbert Samuel refuse d’entrer dans le sanctuaire du tombeau. Cette insulte aux chrétiens fut relevée. Le synode des Grecs orthodoxes déposa sur-le-champ le patriarche Damianos en lui reprochant de n’avoir reçu le haut commissaire que pour essuyer cet affront.
Un tel incident mérite une attention sérieuse. Il montre à quelles rivalités confessionnelles, susceptibles de dégénérer en luttes plus graves, le sionisme doit conduire. On regrette déjà les Turcs, ‘‘le seul peuple tolérant’’, disait Lamartine qui, dans son Voyage en Orient, se demandait, avec son génie divinatoire, ce que deviendraient les lieux saints lorsque leurs gardiens flegmatiques n’y seraient plus.
Le sionisme allumera sans doute en Palestine une hideuse guerre de religion : encore un de ces progrès à rebours que les traités auront valu au genre humain. L’Osservatore romano signale, parmi les immigrants juifs qui arrivent en nombre, des fanatiques qui parlent de détruire les reliques chrétiennes. Ce n’est pas tout. Avec la guerre religieuse, le sionisme apporte la guerre sociale. Les juifs venus de Pologne, de Russie, de Roumanie, réclament un partage des terres et l’expulsion des indigènes. M. Nathan Strauss, le milliardaire américain, dit crûment que ‘‘les musulmans trouveront d’autres régions pour vivre’’. Admirable moyen de réunir, en Asie Mineure et même plus loin, tout l’Islam contre l’Occident.
Il semble qu’en autorisant et en protégeant des expériences aussi dangereuses le gouvernement britannique perde la tête. La proscription du français en Palestine (sir Herbert Samuel ne reçoit plus aucune réclamation dans notre langue) est-elle un avantage suffisant pour compenser l’irritation et le soulèvement du monde islamique ? Le lieutenant Jabotinsky, l’organisateur de la légion juive, emprisonné par le général Allenby et libéré par le haut commissaire, déclarait récemment au Times : ‘‘Le gouvernement juif en Palestine sera le symbole de la coopération anglo-israélite et un centre d’influence pour les sentiments favorables aux intérêts britanniques parmi tous les israélites répandus dans l’univers.’’ Assurément, il y a cette idée-là dans la politique sioniste du cabinet de Londres. Quel plat de lentilles, si l’on songe à l’immense dommage qui résultera pour l’Angleterre de l’hostilité des peuples musulmans ! Les Grecs à Smyrne, les Juifs à Jérusalem : on a rarement et avec autant d’imprudence, préparé plus vaste incendie. »
Les Américains ont pris le relais des Britanniques dans le soutien inconditionnel à l’entité sioniste qui les a entraînés dans une succession de guerres — directes ou par proxies terroristes — contre les ennemis arabo-musulmans de l’État hébreu.
Le grand reporter du Times, Douglas Reed (1895-1976), a écrit un livre fameux, La controverse de Sion, qui ne sera publié qu’en 1978, deux ans après sa mort. Il voyait, lui aussi très clairement, que ce qu’on appelle le « conflit israélo-palestinien » était une guerre mondiale en puissance.
« Les opérations politiques et militaires des deux guerres mondiales ont été détournées pour promouvoir l’ambition sioniste, et la vie et le trésor de l’Occident ont été déversés en sa faveur… Quarante ans de carnage continu en Palestine n’ont manifestement été que le prélude à ce qui est encore à venir là-bas. Une troisième guerre mondiale pourrait débuter et se répandre hors de Palestine, et si une guerre devait commencer ailleurs, on peut prévoir que, sur sa route, elle cernerait et attaquerait l’ambition de Sion, qui ne sera pas comblée avant qu’une partie beaucoup plus importante du Moyen-Orient ait été conquise, que les « autres dieux » n’aient été jetés à terre, et que « toutes les nations » n’aient été asservies. »
Randolph Churchill, fils de Winston, déclara en 1956 que « la situation tendue du Moyen-Orient pourrait éclater en conflit armé à tout moment. Mais je ne pense pas que la civilisation va aller en trébuchant vers la prochaine guerre… La troisième guerre mondiale, si elle arrive, sera froidement calculée et planifiée plutôt qu’accidentelle. » (Associated Press, 8 février 1956).
En effet, les sionistes, s’ils ne provoquent pas directement les guerres mondiales, ont profité de celles-ci. La Première a débouché sur la création du Foyer national juif, et la Seconde sur la création de l’État d’Israël.
« Si je m’étais tenu là en 1913 et que je vous avais dit : “Venez à une conférence pour discuter de la reconstruction d’un foyer national en Palestine”, vous m’auriez regardé comme un rêveur oisif, même si je vous avais dit en 1913 que l’archiduc d’Autriche serait tué et que de tout ce qui suivrait viendrait la chance, l’opportunité, l’occasion d’établir un foyer national pour les juifs, en Palestine. Ne vous êtes-vous jamais dit combien il était remarquable que du bain de sang mondial, cette opportunité soit née ? Croyez-vous vraiment que nous ayons été ramené en Israël par un simple coup de chance ? » écrit Lord Melchett (Jewish chronicle, 9 novembre 1928)

LE RÔLE DE LA FRANCE

Aujourd’hui, toute la droite (ou presque) se réclame du général de Gaulle. Les événements actuels offrent l’opportunité de revenir sur la position du père de la Ve République sur le conflit israélo-palestinien.
Le général de Gaulle, qui était un homme très cultivé, ainsi qu’un lecteur de Jacques Bainville — malgré toutes ses fautes et tous ses crimes, notamment vis-à-vis des Français d’Algérie et des harkis et, plus tôt, vis-à-vis du Maréchal Pétain et de son Etat français —, comprit lui aussi où nous mènerait la politique du « peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur ». Raison pour laquelle, De Gaulle, sentant venir le conflit au Proche-Orient, a décrété trois jours avant le début de la guerre des Six-Jours, le 2 juin 1967, un embargo sur les armes.
Au terme de la guerre des Six-Jours, lors du conseil des ministres qui se tint le 15 juin 1967, De Gaulle a condamné « l’agression israélienne ». Dans son édition du 15 juin 1967, le journal de l’Inter actualités rapportait les propos du ministre de l’Information au sortir du conseil des ministres :
« Il va de soit qu’aucun fait accompli sur place en ce qui concerne les limites territoriales et la condition des États intéressés ne saurait être tenus pour acquis. Seul un règlement librement négocié et accepté par toutes les parties en cause et consacré par la communauté internationale pourrait un jour résoudre ensemble les problèmes posés. »
Le 27 novembre 1967, durant la célèbre conférence de presse, le général De Gaulle a explicité la position de la France et ses intérêts, ainsi que sa vision personnelle du conflit proche-oriental, d’Israël et du peuple juif :
« L’établissement, entre les deux guerres mondiales, car il faut en remonter jusque-là, l’établissement d’un foyer sioniste en Palestine, et puis après la Seconde Guerre mondiale, l’établissement de l’État d’Israël, soulevait à l’époque un certain nombre d’appréhensions. On pouvait se demander, en effet, et on pouvait se demander même chez beaucoup de juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables, et au milieu des peuples arabes qui lui sont foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables frictions et conflits.
Et certains mêmes redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tous temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois qu’ils seraient rassemblés dans le site de son ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles : “l’an prochain à Jérusalem”…
Indépendamment des vastes concours en argent, en influence, en propagande, que les Israéliens recevaient des milieux juifs d’Amérique et d’Europe, beaucoup de pays, dont la France, voyaient avec satisfaction l’établissement de leur Etat sur le territoire que leur avaient reconnu les puissances tout en désirant qu’ils parviennent, en usant d’un peu de modestie, à trouver avec leurs voisins un modus vivendi pacifique.
Il faut dire que ces données psychologiques avaient quelque peu changé depuis 1956. À la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître, en effet, un État d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir. Et ensuite, l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments, donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté pour l’agrandir à utiliser toute occasion qui se présenterait.
C’est pourquoi d’ailleurs la Ve République s’était dégagée vis-à-vis d’Israël des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noués avec cet État. Et la Ve République s’était appliquée, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient.
Bien sûr nous conservions avec le gouvernement israélien des rapports cordiaux. Et même, nous lui fournissions pour sa défense éventuelle les armements qu’il demandait d’acheter. Mais en même temps nous lui prodiguions les avis de modération, notamment les litiges qui concernaient les eaux du Jourdain ou bien les escarmouches qui opposaient les forces des deux côtés. Enfin nous ne donnions pas notre aval à son installation dans un quartier de Jérusalem dont ils s’étaient emparés. Et nous maintenions notre ambassade à Tel Aviv. […]

Jean TERRIEN.