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n°3692 du 21/01/2026 (Papier)

Editorial

Budget : le PS commande, Lecornu exécute

UNE NOUVELLE FOIS Lecornu peut dire merci au Parti socialiste qui lui permet de conserver son poste. En effet, les dirigeants du PS ont fait savoir qu’ils ne censureraient pas le gouvernement, le Premier ministre ayant tenu compte de leurs demandes dans son projet de budget. L’ancien premier secrétaire François Hollande est même allé jusqu’à déclarer que Sébastien Lecornu pourrait rester chef du gouvernement jusqu’à la présidentielle du printemps 2027 s’il savait faire les bons choix, c’est-à-dire s’il continuait à satisfaire aux exigences des socialistes, ainsi qu’il l’a fait jusque-là. Et, selon toute vraisemblance, c’est en effet ce qui va se passer puisque l’obsession de l’Exécutif est de tenir, de durer jusqu’en 2027. Le chef de l’Etat n’a manifestement plus qu’un seul objectif, ainsi qu’il l’a clairement exprimé dans ses vœux lors de la Saint-Sylvestre, c’est d’exercer son mandat jusqu’à la dernière seconde, jusqu’aux derniers instants (son second quinquennat s’achevant constitutionnellement au plus tard le 13 mai 2027 à minuit). C’est pourquoi il a choisi son fidèle et dévoué collaborateur, Sébastien Lecornu, comme Premier ministre. Lequel se définit explicitement comme un « moine soldat », ce qui est tout dire. 
Qu’on ne s’y trompe pas : le septième Premier ministre d’Emmanuel Macron a pour seule feuille de route, pour unique mission de permettre au président de la République d’achever son second quinquennat. Quoi qu’il arrive. Et quoi qu’il en coûte, pour reprendre une expression macronienne au moment du Covid. Il n’a pas d’autre projet, pas d’autre objectif. Se maintenir au pouvoir jusqu’au bout est une fin en soi, tient lieu de politique. Pour réaliser ce dessein, l’Exécutif est donc prêt à tout, y compris à cogérer le pays avec les socialistes, à céder à toutes leurs exigences, à tous leurs chantages, à toutes leurs revendications, alors même que le parti à la rose est ultra-minoritaire dans le pays et a réalisé moins de 2 % des suffrages exprimés à la dernière présidentielle, quitte, ce qui a déjà été fait, à renoncer à la réforme des retraites qui avait pourtant été considérée jusque-là comme le principal chantier, voire le grand œuvre de son second mandat, le marqueur indépassable du macronisme. Quitte à augmenter massivement les prélèvements sur les particuliers et sur les entreprises, ce qui est une folie alors que notre pays est déjà le plus taxé au monde — mais on sait que la gauche par définition veut toujours plus d’impôts, de subventions et de redistribution —, quitte à tourner le dos à la politique de l’offre dont Macron, autoproclamé « Mozart de la finance », alors même qu’il a considérablement accru le déficit et la dette depuis son arrivée aux manettes en 2017, s’était voulu jusque-là le champion. Quitte à dire tout et son contraire : Lecornu, à peine nommé rue de Varenne en octobre dernier, s’était solennellement engagé depuis le perron de Matignon à ne jamais utiliser le 49-3 qui permet de faire adopter un budget sans vote, et finalement, trois mois plus tard, il se dédit, choisit finalement cette solution, plutôt que celle de l’adoption du budget par ordonnances, maintenant qu’il a la certitude que les socialistes ne le censureront pas et donc qu’a priori son gouvernement ne tombera pas. 

MAIS AU FOND, quand on y réfléchit bien, tout cela est-il si surprenant ? Après tout, il s’agit ni plus ni moins que d’un retour aux sources. N’oublions pas que Macron est issu du Parti socialiste, plus précisément de son courant strauss-kahnien — le pire ! —, qu’il fut secrétaire général adjoint de l’Elysée, de 2012 à 2014, sous son prédécesseur François Hollande, dont il fut par la suite, de 2014 à 2016, ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique. La perspective d’une dissolution de l’Assemblée nationale, suivie d’élections législatives anticipées, s’éloigne donc. D’autant plus que les députés actuels, dans leur grande majorité, n’ont aucun intérêt à une dissolution car beaucoup d’entre eux seraient battus. Y compris dès le premier tour du scrutin. C’est pourquoi, bien que le budget soit d’orientation de plus en plus socialiste, tant le bloc central (Renaissance, le Modem et Horizons) que les Républicains ne voteront pas non plus la censure du gouvernement Lecornu II. Ils préfèrent trahir leurs électeurs plutôt que perdre leurs sièges. C’est aussi simple, aussi peu ragoutant et peu édifiant que cela. 
Reste toutefois à savoir comment réagira le corps électoral aux minables tractations actuelles. Le Parti socialiste qui, sans l’assumer totalement, a changé d’alliance, abandonnant la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon dont il était pourtant l’allié électoral aux législatives de 2017, de 2022 et de 2024, pour se rapprocher de la Macronie agonisante, sera-t-il suivi dans cette démarche par ses électeurs ? Et de la même manière les Républicains, qui mettent un mouchoir sur leurs convictions — ou prétendues telles — pour ne pas voter la censure d’un gouvernement à la politique de plus en plus fiscaliste et socialiste, seront-ils sanctionnés par leurs troupes ? On le saura bientôt puisque des élections municipales auront lieu dans quelques semaines, les 15 et 22 mars prochains. Certes, dans les petites communes, la dimension partisane est assez peu présente mais dans les villes moyennes et les grandes métropoles la concurrence entre les différentes formations politiques joue un rôle non négligeable, même si la personnalité et le bilan de l’édile ont également leur importance. On y verra donc bientôt un peu plus clair.

SI LA SITUATION de la France continue à se dégrader dans tous les domaines et que le spectacle offert par la classe politique est pathétique, et alors que le quotidien L’Opinion, généralement bien informé, affirmait le 9 janvier que Macron allait créer un Haut-commissariat à la diversité et aux diasporas, montrant une nouvelle fois son immigrationnisme et sa volonté d’œuvrer à encore plus de métissage, même si l’annonce a été timidement démentie — par prudence ? pour gagner du temps ? — par les pouvoirs publics, l’Europe montre une écœurante faiblesse face à l’impérialisme des Etats-Unis d’Amérique et de son président, le vibrionnant Donald Trump. Après avoir bombardé le Venezuela pour faire main basse sur son pétrole et capturé son président et son épouse dans ce qui n’est ni plus ni moins qu’un acte de piraterie internationale, voici que le président américain, sans la moindre base légale, sans la moindre légitimité, sans la moindre explication convaincante, veut avaler purement et simplement le Groenland qui appartient au royaume du Danemark. Donc à un pays européen. Qui plus est membre fondateur de l’OTAN. Et Trump menace désormais d’augmenter à nouveau les droits de douane pour tous les pays européens — dont la France — qui refusent que les Etats-Unis annexent le Groenland. 
On le voit une nouvelle fois, de manière spectaculaire, l’Amérique est l’ennemie de la vieille Europe et de notre pays, et ce, quel que soit le locataire de la Maison-Blanche, quel que soit le camp qui est aux responsabilités, qu’il s’agisse du parti de l’Ane (Démocrates) ou celui de l’Eléphant (Républicains). Malgré la politique désastreuse qu’il a conduite pendant sa longue présidence (de 14 ans), François Mitterrand l’avait parfaitement compris. C’est pourquoi, alors qu’il était encore chef de l’Etat, il avait tenu ces propos forts et sans équivoque au journaliste communautaire Georges-Marc Benamou : « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort. » 

FACE À LA provocation, à la démesure du président des Etats-Unis, que font les dirigeants des pays du Vieux Continent ? Rien. Ils se contentent de paroles verbales. Le dimanche 18 janvier, ils ont publié un communiqué pour manifester leur solidarité avec le royaume du Danemark et le peuple du Groenland à la suite des menaces de ​Donald Trump d’annexer le territoire arctique. « En tant que membres de l’OTAN, nous nous engageons à renforcer la sécurité de l’Arctique comme intérêt transatlantique partagé » peut-on lire dans ce texte publié par le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et la Grande-Bretagne. « Les menaces de droits de douane fragilisent les relations transatlantiques et constituent une spirale dangereuse vers le bas » mais ils se gardent bien d’évoquer des mesures économiques de rétorsion contre les Etats-Unis, pas plus qu’ils n’avaient réagi vigoureusement lors des premiers droits de douane imposés par Trump à l’Europe. 
Comme RIVAROL l’appelle de ses vœux depuis 75 ans, il faut une France et une Europe réellement indépendantes. Ce qui suppose qu’elles soient fortes économiquement, culturellement, militairement, moralement. Las, tout a été fait depuis 1945 pour nous affaiblir et nous rendre vassaux des Etats-Unis. Au point qu’un président américain inculte, vulgaire et cynique peut se permettre d’annexer un territoire européen. Et de menacer ouvertement ceux qui auraient la velléité de lui résister. Et ce en toute impunité. 
 

RIVAROL,<jeromebourbon@yahoo.fr>.

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Billet hebdomadaire

1951-2026 : trois quarts de siècle de combats rivaroliens

RIVAROL souffle ses soixante-quinze bougies ! Pour mesurer ce que représentent trois quarts de siècle, il suffit de se remémorer l’état du monde en janvier 1951 : Staline était le maître incontesté de l’Union soviétique, Pie XII régnait sur l’Eglise, le Maréchal Pétain finissait ses jours à l’île d’Yeu, les prêtres portaient la soutane et les militaires l’uniforme, l’avortement restait un crime, l’homosexualité un délit, la France possédait un immense empire colonial et n’était pas encore en proie à un urbanisme délirant, à une immigration massive, à une insécurité galopante, à un chômage endémique, à une apostasie générale. Le monde a plus changé en soixante-quinze ans qu’en deux mille. Toutes les valeurs ont été subverties, le sens des mots inversé, les institutions anéanties, les intelligences perverties, les consciences détruites, les principes et vertus délaissés.
L’invasion chaque jour plus grande de la techno-science, la déchristianisation généralisée, le matérialisme triomphant ont profondément bouleversé la façon de penser et de vivre de nos contemporains. Pendant tout ce temps RIVAROL est sur l’essentiel resté fidèle à lui-même et il est toujours là, debout : fluctuat nec mergitur. La devise de la ville de Paris s’applique bien à l’Hebdomadaire de l’opposition nationale et européenne. Voilà quelles sont, me semble-t-il, ses caractéristiques fondamentales :

l RIVAROL est d’abord le journal de l’engagement. Ces dernières décennies ont vu la disparition progressive des journaux d’opinion sacrifiés par la société capitaliste. Les groupes bancaires et industriels qui contrôlent la quasi-totalité de la presse écrite ne détestent rien tant en effet que les lignes éditoriales trop marquées, pas assez policées. De sorte qu’aujourd’hui du Figaro à Libération, du Monde à L’Humanité, de L’Express au Nouvel Obs, c’est le même conformisme idéologique, la même soumission aux puissances du jour, la même pusillanimité. Car comme le remarquait déjà à son époque le prophète Edouard Drumont dans La France juive : « Notre siècle est effroyablement lâche. » Il est tellement plus facile de s’en prendre à des vieillards inoffensifs ou à des militants révisionnistes ou nationalistes qu’à la tyrannie de certains lobbies et à la malfaisance de nos gouvernants !

l RIVAROL est le journal de la liberté de l’esprit, de l’âme et du cœur. Et donc du risque. Anticommuniste à une époque où toutes les élites intellectuelles avaient les yeux de Chimène pour le petit père des peuples, antigaulliste à un moment où toute la presse bien-pensante manifestait la plus extrême déférence envers le fondateur de la Ve et le fossoyeur de l’Algérie française, révisionniste depuis le premier jour, ayant régulièrement rendu compte des travaux et écrits d’un Bardèche, d’un Rassinier, d’un Faurisson, d’un Reynouard, et leur ayant donné régulièrement la parole, quoi qu’il en coûtât, alors qu’ils étaient proscrits, chassés de partout, vilipendés, ne se soumettant pas au lobby judéo-sioniste que la plupart, même dans nos milieux, n’osent pas nommer par crainte des représailles, malgré le carnage casher à Gaza, il n’a jamais reculé devant les procès, les amendes, les saisies dont il détient le record, ce qui, dans les temps actuels, est la plus belle des décorations. Dans notre société qui tolère et promeut toutes les violences, toutes les incivilités, toutes les goujateries, qui fait de la vulgarité une fin en soi, jamais la liberté d’expression, de création, de publication, de pensée, de critique, de recherche, de polémique, et même de simple information du public, n’a été aussi menacée. Jamais la vérité, qu’elle soit religieuse, historique, politique, morale, statistique ou biologique, n’a été à ce point occultée, mise sous le boisseau. Jamais la liberté de l’écrivain, du journaliste n’a été si entravée. Avec l’empilement des législations mémorielles et l’arsenal de répression antiraciste (unilatéral), de la loi Pleven (1972) à la loi Gayssot (1990), en passant par la loi Lellouche (2003) et Perben (2004). Avec la mise au pas des réseaux sociaux. Avec le pilori médiatique et la guillotine judiciaire. Avec l’invention de nouveaux délits ahurissants : xénophobie, homophobie, transphobie, biphobie, etc.
Et que dire de l’embastillement de militants politiques et de chercheurs révisionnistes ? Comment justifier pareillement que des artistes, des publicistes, des polémistes, des humoristes, des écrivains n’aient d’autre choix que l’exil s’ils veulent éviter la prison pour délinquance de la pensée ? Il est stupéfiant que dans un pays qui se targue de défendre la liberté et qui a placé ce concept dans le triptyque de sa devise et sur les frontons de ses bâtiments officiels, de plus en plus de personnalités en première ligne du combat se posent sérieusement la question du départ définitif de notre pays. D’où cette situation inouïe : les immigrés rentrent, s’implantent, se multiplient, et les Français à la pointe de la résistance doivent, eux, songer à partir. Boris Le Lay s’est ainsi exilé à Tokyo au Japon en 2014, Vincent Reynouard à Londres en Angleterre en 2015 où il a été appréhendé sept ans plus tard, puis extradé en France en février 2024, feu le pianiste Stéphane Blet à Istanbul en Turquie en 2017, Alain Soral à Lausanne en Suisse en 2020. Quant à Dieudonné, lui aussi harcelé judiciairement, non seulement il voit ses représentations systématiquement interdites mais de surcroît la police et la maréchaussée viennent interrompre ses spectacles sur scène manu militari ! Ce qui ne s’est jamais produit dans notre histoire, pas même sous l’Occupation pourtant si décriée !
Face à cette tyrannie oppressante, le journaliste libre a un devoir de vérité, d’impertinence et d’insoumission. Et pour poursuivre inlassablement le combat frontal contre ce Système mortifère, il nous semble absolument nécessaire de défendre envers et contre tout la presse papier. Car il reste beaucoup plus difficile, beaucoup plus lourd, même si c’est en soi toujours possible, d’obtenir l’interdiction d’une publication imprimée, disposant d’un dépôt légal, paraissant régulièrement en kiosques depuis des décennies, que de supprimer un site Internet, un blog, un compte Twitter ou Facebook. En un instant, tout le contenu d’un site sur la Toile peut être anéanti, réduit en poussière. Alors que ce qui est imprimé reste. Scripta manent.
Ce n’est certes pas une mince gageure de défendre aujourd’hui la presse papier. Les imprimeries ferment les unes après les autres, les titres disparaissent — à commencer par ceux de notre famille de pensée qui ont quasiment tous fait faillite, de Minute à Présent, de l’Action française 2000 à National-Hebdo —, réduisent considérablement leur tirage ou ralentissent leur périodicité, et de ce point de vue-là les confinements successifs, de 2020 à 2022, n’ont rien arrangé. Au contraire, ils ont précipité et amplifié la crise. Les études les plus alarmistes dont on espère de tout cœur qu’elles se trompent estiment que la presse imprimée pourrait disparaître avant la fin de la décennie, entre 2028 et 2030. 
Ces pronostics sont très préoccupants mais nous avons toutefois une chance à RIVAROL, c’est que notre ligne éditoriale est unique, fort dissemblable de tous les autres titres, et que l’on peut y lire des informations, des analyses et des commentaires que l’on trouve difficilement ailleurs, surtout dans la sphère francophone. Des amis qui voyagent régulièrement à l’étranger nous confient combien RIVAROL est une exception dans la presse européenne et occidentale. Il n’y a pas, selon eux, l’équivalent de ce titre ailleurs, ni quant à son ancienneté, ni quant à sa régularité et à sa fréquence de parution, ni quant à sa radicalité, ni quant à son courage intellectuel, ni quant à la complémentarité, à la richesse et à la diversité de ses plumes.
Reste que, surtout depuis notre expulsion des registres de la commission paritaire, le 4 mai 2022, notre situation est beaucoup plus fragile. Nous sommes un peu comme le condamné à mort qui ignore la date et les modalités de son exécution mais qui sait que, sauf miracle, son sort à terme est scellé. Nous ne savons pas combien de temps nous pourrons tenir, nous nous demandons toujours si le journal de la semaine que nous réalisons sera le dernier compte tenu de l’aggravation constante d’une répression qui confine à l’oppression avec la multiplication inouïe des procédures judiciaires et des gardes à vue et alors même que des collectifs anonymes comme BTA (Balance ton antisémite) ou Stoppons RIVAROL exigent chaque jour à cor et à cri des pouvoirs publics et de Thémis l’interdiction pure et simple de notre titre et l’embastillement immédiat et durable de son directeur. Tenir dans un tel contexte, face à une telle adversité — plus de dix procès sont encore intentés contre nous cette année ! — relève de l’exploit. On ne s’en rend pas toujours compte mais RIVAROL est un miracle permanent. Puisse-t-il, avec la grâce de Dieu, durer encore longtemps. 
l RIVAROL est l’organe du refus radical et constant du système hérité de la Seconde Guerre mondiale et fondé sur le mensonge. Il s’adresse à cette minorité de Français lucides qui ont gardé encore intacte en eux la capacité de se révolter contre l’imposture. Il exprime le rejet d’un ordre établi qui n’est jamais qu’un désordre organisé, qu’une subversion légalisée. Il tente de repérer, de traquer, de dénoncer la duplicité, le cynisme d’une classe politique corrompue et arrogante qui vole, triche, ment pour s’étonner — ou feindre de s’étonner ensuite — que beaucoup de Français et de néo-Français agissent comme elle. Notre journal a d’autre part le souci constant de démythification et de démystification de toutes les idéologies (antiracisme, droit de l’hommisme, shoahtisme, sionisme, homosexualisme, transsexualisme, théorie du genre…) qui s’érigent en absolu et sont autant de machines de guerre lancées contre l’Occident, contre la morale naturelle, contre la famille traditionnelle, contre l’être historique de notre nation et de notre civilisation, contre notre religion et nos traditions.

l RIVAROL est le journal de l’intransigeance et de la radicalité. Rien ne lui est en effet plus étranger que l’esprit de compromis, de concession, de modération, autant de mots qui masquent souvent des compromissions voire des capitulations. Beaucoup de défaites de la droite catholique et nationaliste depuis deux siècles et plus s’expliquent précisément par cette tentation de composer avec le régime en place, voire dans certains cas de le rallier. Or, on ne réforme pas un monstre ; on ne discute pas avec ; on le combat de manière frontale, et on cherche à l’abattre. C’est pourquoi il n’est rien à attendre des partis politiques actuels acquis à la décadence et à l’inversion, de tous les modérés, de ces conservateurs qui au final ne conservent rien. Le Christ dans l’Ecriture ne dit-il pas qu’il vomit les tièdes ? Et tous les grands bouleversements historiques n’ont-ils pas été menés à bien par des gens ne renonçant à rien parce que croyant de toutes leurs forces et de toute leur âme à leur idéal ? Dans la vie il faut savoir prendre des risques et ne reculer devant aucune difficulté, aucun sacrifice quand l’essentiel est en jeu. Et cette audace même est bénie.

l RIVAROL est le journal de la fidélité. Et d’abord de la fidélité à nos morts. A tous ceux qui ont combattu contre le communisme, contre le mensonge sous toutes ses formes et pour la sauvegarde de l’Europe blanche et chrétienne. Fidélité à une ligne politique, fidélité à un idéal, celui d’une France enfin libérée de l’immigration-invasion, de la colonisation marxiste, de la domination des forces occultes, de la tyrannie de coteries puissantes et nocives, des revendications exorbitantes des minorités ethniques et sexuelles, et prête alors à renouer avec sa vocation millénaire à la grandeur et au prestige.

l RIVAROL est enfin le journal de l’espérance française. Sans doute ce mot vous surprendra-t-il tant parfois vous nous faites le reproche d’être trop pessimistes. Mais notre devoir est de regarder la vérité en face, et la réalité est sombre : notre pays est aujourd’hui envahi, avili et affaibli par la pornographie, la dénatalité, les infanticides de masse et bientôt l’euthanasie, menacé de démembrement par les menées séparatistes, vidé de sa substance par l’européisme d’inspiration mondialiste. Le français lui-même est mis en cause par le franglais et par l’émergence de l’horrible “parler-Jeune”. Le franc, notre compagnon de route depuis Jean II le Bon, a disparu en 2002 de sorte que les enfants des écoles n’apprennent plus à compter avec notre monnaie nationale. On efface ainsi de leurs structures mentales jusqu’au mot même de France, alors que nous étions le seul pays au monde dont la monnaie portait le nom, et dont le nom était une vertu. De plus, toutes les capacités de résistance ont été méthodiquement mises à bas : l’armée réduite à néant, la famille éclatée, parodiée et décomposée, l’école ruinée par les pédagogies rousseauistes et assiégée par les nouveaux barbares, la patrie anéantie. Le programme historique du communisme a hélas été couronné de succès : nous vivons désormais dans une société quasiment sans paysans, sans familles, sans travail, sans patrie et sans religion. Les Français eux-mêmes de courageux, travailleurs, polis, élégants, vifs, honnêtes qu’ils étaient sont trop souvent devenus pleutres, paresseux, grossiers, débraillés, amorphes, corrompus. 
Il n’est plus de chrétienté, plus de civilisation, mais une société déstructurée, déracinée, atomisée, un agrégat d’individus réduits au statut de consommateurs. Nous vivons l’époque de l’absurde, de l’absence, du vide et du néant, mais à la différence du XXe siècle, il est fort peu d’artistes, de dramaturges, de philosophes, de poètes ou de théologiens pour dire cet absurde. Nous connaissons un de ces moments historiques où il semble impossible de réussir de grandes choses tant l’ennemi paraît avoir tout submergé. Il ne reste alors qu’à sauvegarder ce qui peut l’être. Au moment des grandes invasions barbares, n’est-ce pas ce qu’ont fait les chrétiens en se repliant sur les monastères et en rendant ainsi possible le moment venu une éblouissante renaissance médiévale ? 
Plus modestement, notre rôle à RIVAROL, c’est de maintenir et de transmettre notre héritage national et européen. De continuer à faire brûler dans nos cœurs et dans nos âmes, dans nos intelligences et dans nos volontés, la petite flamme de notre civilisation européenne et chrétienne aujourd’hui presque totalement engloutie. Par souci de remplir notre devoir d’état, d’être fidèle à nos racines et à notre foi, de rester debout face aux ruines qui nous entourent et qui partout s’accumulent — ruines du langage, du savoir, de la vérité, de la vertu, de l’esprit critique —, dans les ténèbres de plus en plus épaisses où il nous faut tenter de survivre. Et dans l’espérance de jours meilleurs. Au Ciel bien sûr et, si Dieu veut, dès ici-bas. Car, comme l’écrivait dès 1954 dans nos colonnes Pierre-Antoine Cousteau : « L’espérance est nôtre » (RIVAROL du 25 mars 1954).
Cette disposition d’esprit, qui ne se confond ni avec le simple espoir (laissons-le à Malraux !) ni avec cet optimisme artificiel qu’on nous vend ici et là, est ce qui nous aide à vivre et à combattre dans ce monde irrespirable où l’air manque à nos poumons. Mais, grâce à vous, amis lecteurs, grâce à votre soutien, votre fidélité inébranlable, votre émouvante générosité, vos conseils, votre confiance, votre constance, votre persévérance, nous nous sentirons encore longtemps la force de crier avec Bernanos : « Ils ne nous auront pas ! Ils ne nous auront pas vivants ! »


Jérôme BOURBON.