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n°3693 du 28/01/2026 (Papier)

Editorial

Au nom de la lutte contre les discriminations, ils assassinent les libertés !

COMME nous l’avions annoncé la semaine dernière, le gouvernement Lecornu a une nouvelle fois échappé à la censure. Du fait de sa cogestion du pays avec les socialistes, auxquels il ne saurait rien refuser, le Premier ministre peut espérer rester à Matignon jusqu’à la présidentielle du printemps 2027, réussissant ainsi à garder son poste, là où ses prédécesseurs, Barnier et Bayrou, qu’on disait pourtant plus expérimentés que lui, ont piteusement échoué, devant remettre leur démission au bout de quelques mois seulement. Et par conséquent Emmanuel Macron peut raisonnablement espérer finir son second mandat en mai 2027, conformément à son terme constitutionnel, d’autant plus que les déclarations agressives voire extravagantes de Donald Trump redonnent soudainement de l’air à l’international au président français qui a beau jeu d’appeler à la pondération, à la raison, au respect mutuel, et de dénoncer les provocations verbales et les excès voire les insultes du locataire de la Maison-Blanche.  Il faut dire qu’en ce moment Trump apparaît comme une vraie caricature de lui-même, narcissique, mégalomane, grossier, vulgaire, menaçant, insultant, ricanant, disant tout et son contraire, et à ce rythme les élections législatives de la mi-mandat, en novembre prochain, qui ne sont jamais faciles pour l’Exécutif, pourraient tourner au supplice pour le Parti républicain. 
S’il voulait remettre en selle outre-Atlantrique la gauche en général et le courant wokiste en particulier, pourtant jusque-là très affaiblis et démonétisés, il ne s’y prendrait pas autrement. Trump non seulement réclame le Groenland — dans son discours à Davos, le président américain s’est trompé à plusieurs reprises, parlant de l’Islande au lieu du territoire arctique appartenant au royaume du Danemark, ce qui fait mauvais effet, surtout quand on convoite le territoire en question, preuve soit de l’inculture du président des Etats-Unis, qui est avant tout, rappelons-le, un promoteur immobilier et un animateur de télé-réalité, soit d’un début de sénilité, son prédécesseur Biden se trompant déjà souvent dans l’usage des mots et des noms, employant les uns à la place des autres —, ou accusant les soldats des pays européens d’avoir agi comme des poules mouillées lors de la guerre en Afghanistan en se tenant loin du front, ce qui est objectivement un mensonge, une insulte voire une infamie, qui en dit long une nouvelle fois sur le mépris de l’Amérique  envers le Vieux Continent. Comme l’écrit très justement l’ami Hannibal dans sa chronique de cette semaine, on peut parfaitement trouver calamiteuse la longue présidence de Macron, comme c’est le cas bien sûr de RIVAROL, et être toutefois profondément choqué par le comportement arrogant et méprisant de Trump qui non seulement abaisse et abîme considérablement la fonction présidentielle mais démontre une nouvelle fois le cynisme et l’outrecuidance d’une certaine Amérique envers l’Europe. Et il est triste de constater que les pays du Vieux Continent sont hélas devenus sur l’essentiel des vassaux des Etats-Unis quand on voit ce que valent, ce que disent et ce que font les dirigeants de ce pays, quand on sait la mentalité qui est la leur, leur instinct prédateur, leur absence totale de reconnaissance, de respect, voire de simple élégance.

SI EN FRANCE les politiques publiques restent toujours les mêmes, et se caractérisent notamment par une augmentation continue des prélèvements et des cotisations, de sorte que les impôts deviennent confiscatoires et nuisent au dynamisme et à la compétitivité de notre pays, découragent les initiatives, l’effort, la prise de risques, la répression, elle aussi, n’a de cesse de s’accroître. L’organisation dite antiraciste, et en réalité antifrançaise, SOS Racisme, qui pratique de détestables campagne de testing consistant à se faire passer faussement pour des propriétaires souhaitant mettre leur bien en location et faisant semblant de demander exclusivement des profils “européens” pour éviter des « problèmes de voisinage », a ainsi contacté pour sa campagne de 2025 198 agences immobilières appartenant à de grandes enseignes et au réseau de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim). Or, d’après le rapport de cette association de délation rendu public le 25 janvier, sur ces 198 agences, près d’une sur deux (96, soit 48,48 %) ont accepté soit de “discriminer” en sélectionnant elles-mêmes les locataires sur la base d’un critère racial (pour 48, soit 24,24 %), soit d’être complices de “discrimination” (48 aussi, qui ont permis que le propriétaire fasse cette sélection, voire l’y auraient encouragé !). A l’inverse, 102 agences (soit 51,52 %) ont refusé de “discriminer” et ont affirmé leur opposition à toute sélection fondée sur l’origine. Cette étude « met en évidence une inquiétante permanence de pratiques discriminatoires pourtant prohibées par le droit pénal », dénonce l’association dans un communiqué.
Face à ces pratiques détestables qui reposent sur le mensonge actif et sur la délation systématique, comment croyez-vous que les pouvoirs publics ont réagi ? Ont-ils dénoncé les méthodes crapuleuses de SOS Racisme ? Rappelé la liberté du propriétaire qui peut louer son bien à qui il le souhaite ? Pensez-vous ! Aussitôt le rapport de l’association dite antiraciste était-il rendu public qu’Aurore Bergé, ministre chargé de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, annonçait, tambour battant, la mise en place d’une formation obligatoire sur les discriminations pour tous les agents immobiliers. « Le chemin est encore long » a soupiré (le mauvais) Bergé. Autrement dit le bourrage de crâne va encore s’intensifier et de même que l’on matraque les enfants des écoles avec l’antiracisme unilatéral, favorisant voire imposant l’ethnomasochisme, mais aussi les sportifs, les policiers, les gendarmes, les magistrats, tous appelés à être des agents zélés de la lutte contre les discriminations — sauf bien sûr la discrimination positive, et celle au détriment des nationalistes, des catholiques et des révisionnistes ! —, voici que l’Etat cosmopolite va enclencher la vitesse supérieure pour formater les agents immobiliers et en faire des serviteurs de l’antiracisme idéologique. 

LA PROFESSION aurait-elle toutefois quelque chose à redire aux méthodes détestables de SOS Racisme ? Pourrait-elle rappeler la liberté des transactions commerciales ? Que nenni ! L’enquête « ne fait que confirmer des tendances déjà constatées, que la Fnaim a condamnées », a réagi auprès de l’AFP le président de la Fnaim, Loïc Cantin. « C’est un véritable fléau (sic !), a-t-il ajouté. Pour avoir une profession qui soit au niveau de ses obligations, il faut à la fois une formation et de la sanction. » Non seulement les professionnels de l’immobilier interrogés ne dénoncent pas les méthodes à tout le moins déloyales de SOS Racisme mais le président de la Fédération nationale de l’immobilier en rajoute une couche. Oui, dit-il, c’est un véritable fléau et il faut des sanctions contre les coupables ! Tel est leur monde. Celui de la délation citoyenne. Celui de la lâcheté organisée pour faire carrière ou garder son poste. Un monde irrespirable où les libertés les plus élémentaires et les plus fondamentales sont piétinées chaque jour davantage, où l’on n’a plus le droit de choisir son locataire. Il n’y a que pour l’avortement et toutes les monstruosités morales et sexuelles qu’existe dans leur Système le libre choix !
Cette restriction inouïe des libertés prend des proportions de plus en plus gigantesques et effrayantes dans notre pays. L’ami Rochette explique en page 2 que la Likoudnik Caroline Yadan a déposé une proposition de loi, examinée cette semaine par l’Assemblée nationale, qui assimile l’antisionisme à l’antisémitisme et sanctionne pénalement toute critique contre l’Etat d’Israël ainsi sacralisé. Dans la même logique, la maison d’éditions Hachette a dû retirer toutes affaires cessantes un manuel scolaire accusé de résumer le 7 octobre et ses conséquences de manière jugée trop favorable aux Palestiniens. Macron a même posté un tweet pour dénoncer illico presto ce manuel ! Et une librairie pro-palestinienne a subi les assauts de la police venu saisir un livre jugé là aussi pas assez complaisant envers l’entité sioniste. Et le fait que cette librairie soit très marquée à gauche et impliquée dans la mouvance lgbétiste n’a manifestement pas suffi à la protéger. On ne saurait critiquer Tel-Aviv ! A l’autre extrémité de l’échiquier politique, Alain Soral est la cible du procureur de la République qui a requis le 16 janvier contre lui une peine de trois ans de prison ferme, 30 000 euros d’amende et un mandat d’amener (le tribunal correctionnel de Paris rendra son jugement le 26 février) simplement parce qu’il avait permis qu’une émission de l’Axe de la résistance défendant les Palestiniens fût publié sur son site, Egalité et Réconciliation. On l’accuse ainsi, de manière totalement arbitraire et absurde, de provocation au terrorisme. En réalité c’est le soutien à la cause palestinienne qui est criminalisé et ce sont les critiques contre l’entité sioniste qui sont pénalement sanctionnées. On a commencé par criminaliser le révisionnisme historique, en l’assimilant, déjà de manière intellectuellement et moralement scandaleuse, à l’antisémitisme, à la haine des Juifs. Et voici que l’on fait de même aujourd’hui avec l’antisionisme. Ils vont toujours plus loin dans la folie. Aux hommes libres et debout de résister vaillamment à cette démesure, à cette tyrannie.
 

RIVAROL,<jeromebourbon@yahoo.fr>.

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Billet hebdomadaire

Jürgen Graf, lauréat à titre posthume du Prix international Robert Faurisson 2026

Le jury du Prix international Robert Faurisson qui s’est réuni comme chaque année à Vichy, le 25 janvier, date de la naissance, en 1929, du célèbre Professeur, a choisi pour sa septième édition de remettre cette décoration à titre posthume au grand révisionniste suisse allemand, Jürgen Graf, décédé à 73 ans le 14 janvier 2025 à Baden. C’est la première fois que le jury présidé depuis la fondation en 2018 de ce Prix par le ténor et compositeur italien Joe Fallisi accorde sa récompense à un révisionniste qui n’est plus de ce monde. Il a en effet choisi cette année de faire une exception. Pour deux raisons. D’une part, parce qu’il était prévu fin 2024 que Jürgen Graf, alors encore vivant, fût décoré début 2025, mais les ennuis judicaires de Fallisi qui était alors emprisonné puis placé en résidence surveillée chez lui en Italie pour une pseudo-affaire de terrorisme qui s’est complètement dégonflée depuis — on avait accusé, de manière absurde, cet homme pacifique, bon et courtois, aimant la poésie, de projeter l’assassinat de Giorgia Meloni, présidente du Conseil des ministres d’Italie ! — ne lui avaient pas permis l’an dernier de se déplacer à Vichy et de remettre un Prix. D’autre part, parce que Jürgen Graf est l’un des chercheurs qui a le plus fait, des décennies entières, pour la cause du révisionnisme, et ce jusqu’à son dernier souffle.
Graf est mort d’un cancer, de manière prématurée. Et ce n’est pas un hasard si tant de révisionnistes actifs meurent relativement jeunes, et souvent de graves maladies. Leur vie est tellement pleine d’épreuves, d’embûches et de persécutions de toutes sortes que cela a naturellement des conséquences considérables sur le corps et sur l’esprit. Rappelons-nous ce qui est arrivé au révisionniste autrichien Wolfgang Fröhlich, mort épuisé, à 70 ans, après avoir passé quinze ans, oui 15 ans, de sa vie derrière les barreaux pour « crime de la pensée » (sic !), dont 11 ans et 6 mois sans interruption de septembre 2007 à mars 2019. Pendant sa si longue incarcération, il avait été victime de deux crises cardiaques et avait dû subir trois pontages coronariens ! 
Jürgen Graf, pendant sa jeunesse, a étudié le français, l’anglais et les langues scandinaves à l’Université de Bâle, la ville où il est né le 15 août 1951, puis il a travaillé comme maître de conférences. Cet enseignant polyglotte et brillant a décrit son activité en tant que traducteur pour demandeurs d’asile dans son premier livre, La Nef des Fous, où il dénonçait, de manière talentueuse, en racontant une multitude de faits concrets et précis, les méfaits de l’immigration massive en Suisse. Il publie son premier ouvrage révisionniste en juin 1993, l’Holocauste au scanner. Ce remarquable résumé de l’argumentaire révisionniste marque sans surprise le début de ses tourments judiciaires et professionnels. Cela lui vaut d’abord d’être licencié de son poste d’enseignant, mésaventure qui arrivera quatre ans plus tard en France à Vincent Reynouard, professeur de mathématiques dans un lycée professionnel à Honfleur dans le Calvados (révoqué en 1997), puis à JeanLouis Berger, professeur de français dans un collège à Lemberg en Moselle (suspendu en 1999, radié définitivement en 2000, décédé à 60 ans en 2007 des suites d’un cancer de l’anus. Sa courageuse épouse, Jacqueline Berger, le suivra peu de temps après dans la tombe, elle aussi des suites d’une longue maladie. Le couple avait été totalement ruiné par les amendes et dommages et intérêts astronomiques auxquels Jean-Louis Berger avait été condamné pour ses propos révisionnistes). Preuve que le travail de Graf dérange, un arrêté du 19 décembre 1994 « portant interdiction de circulation, de distribution et de mise en vente d’un ouvrage » est publié en France contre l’Holocauste au scanner par le ministère de l’Intérieur où sévit Charles Pasqua (lequel a alors pour conseiller… Patrick Gaubert, futur président de la LICRA). Toutefois, à l’issue d’une longue procédure, en septembre 2002, défendu par Me Eric Delcroix, Jürgen Graf voit la 11e chambre d’appel de Paris lever l’interdiction de diffusion sur le territoire français de son livre. C’est une magnifique victoire. Avec d’autres militants révisionnistes et nationalistes, Jürgen Graf a lutté avec énergie, combativité mais hélas sans succès en 1994 contre l’adhésion de la Suisse à la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. La condition préalable était l’introduction d’une disposition pénale contre les propos et les actes jugés « racistes ou négationnistes ». On sait ce qu’il convient de penser de tout cela. 
En 1995, Jürgen Graf est condamné à un an de probation en République fédérale d’Allemagne pour incitation à la haine. En juillet 1998, un tribunal suisse le condamne à 15 mois de prison et à une lourde amende. Pour ne pas purger sa peine, car il entend poursuivre ses travaux anticonformistes, Graf s’exile en août 2000. Après un bref séjour à Téhéran — il demande en vain l’asile politique à l’Iran —, puis en Biélorussie, il vit pendant 17 ans à Moscou. Après l’expiration du délai de prescription, Graf retourne en 2018 dans sa ville natale de Bâle avec sa femme biélorusse, qu’il a épousée en 2001. Il a longtemps travaillé à Moscou comme traducteur, écrit des ouvrages révisionnistes de grande qualité, certains en collaboration avec l’Italien Carlo Mattogno et l’Allemand Germar Rudolf. Il travaillait sur un autre livre quand la mort est venue le chercher il y a un an. Il était en effet malade depuis plusieurs années et avait même dû faire appel à l’aide de généreux sympathisants pour pouvoir se soigner de son cancer tant il était dans une situation financièrement précaire, sinon dans la misère. C’est cela aussi l’engagement révisionniste : une vie extrêmement difficile de bout en bout. On ne s’en rend pas suffisamment compte. Cela nécessite un héroïsme permanent, des sacrifices inouïs, des renoncements crucifiants. De chaque instant. 


Jérôme BOURBON.