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n°3695 du 11/02/2026 (Papier)

Editorial

Fin de partie pour Marine Le Pen ?

La RÉPRESSION ne faiblit pas. Bien au contraire. La manifestation d’hommage aux victimes du 6 février 1934 et en mémoire de Robert Brasillach fusillé le 6 février 1945 prévue dans la capitale le samedi 7 à l’appel du Cercle franco-hispanique, des Nationalistes et du mouvement Luminis a été interdite par la préfecture de police de Paris. Au nom de la crainte d’appels à la haine et à la discrimination ! C’est ce que le Système appelle désormais les troubles immatériels à l’ordre public. Il fallait l’inventer ! Cela permet d’interdire préventivement tout ce qui déplaît au pouvoir et aux lobbies. Et comme c’est hélas le plus souvent le cas désormais, le tribunal administratif de Paris a confirmé l’interdiction. La justice administrative qui est censée être garante des libertés valide une nouvelle fois des décisions liberticides, comme elle l’avait fait au moment des confinements et comme elle le fait systématiquement aujourd’hui pour Dieudonné qui a encore subi cinq arrêtés d’interdiction à la fin de la semaine dernière. L’humoriste s’exprime à cœur ouvert dans ce numéro.
Le cimetière de Charonne où se réunissent les nationalistes désireux de se recueillir sur les tombes de Robert Brasillach et de Maurice Bardèche a été fermé toute la journée du samedi pour empêcher que des gerbes soient déposées, même si une délégation est venue le lendemain fleurir la tombe de Brasillach qui a été une nouvelle fois dégradée, probablement par des antifas. On voit que la situation ne cesse de s’aggraver puisque, à ces interdictions préfectorales s’ajoute le fait que, sauf à être d’une discrétion absolue, confinant au secret, il n’est plus possible désormais de célébrer des messes pour le repos de l’âme de Brasillach, de Franco, de José Antonio ou du Maréchal Pétain. On en est là dans la France de 2026 ! On nous vole notre mémoire, notre liberté, nos morts. Lorsque les manifestants du 6 février 1934 criaient « Aux voleurs », cela allait très au-delà d’une vive critique de la corruption de la classe politique de l’époque. C’était déjà le refus d’une entreprise de confiscation et de dépossession de notre pays, de son âme, de ses traditions, de ses racines, de sa foi, de son identité profonde. Et aujourd’hui plus encore qu’hier, on nous spolie, on nous déshérite, on nous ruine, on nous ôte nos libertés fondamentales, on nous vole notre terre, on nous étouffe, on nous asphyxie. Par le mensonge sur notre histoire, par le travestissement des faits, le déni du réel.

TANDIS QUE la répression confine à l’oppression, la violence la plus extrême se déchaîne dans notre pays. Le mardi 3 février, un collégien de 14 ans a poignardé à quatre reprises son enseignante d’arts plastiques car elle lui avait fait un mauvais rapport et il s’est ainsi vengé en lui donnant des coups de couteau. A l’heure où nous écrivons ces lignes, l’enseignante sexagénaire est toujours dans un état grave à l’hôpital. Son agresseur avait prémédité son geste, comme l’adolescent à Nogent en Haute-Marne, lui aussi âgé de 14 ans, qui, le 10 juin 2025, avait poignardé à mort une surveillante. Comme, deux ans plus tôt, le 22 février 2023, un adolescent de 16 ans avait poignardé à mort son professeur d’espagnol dans un lycée huppé de Saint-Jean-de-Luz. Ce dernier établissement était privé sous contrat, les deux premiers publics. Preuve que la violence la plus extrême peut aujourd’hui se manifeste partout et que nulle part on ne peut être complètement à l’abri. Pas plus dans les quartiers bourgeois que dans les banlieues. Dans tous les cas, on constate qu’il s’agissait de mineurs perturbés, connaissant une situation familiale difficile (divorce, séparation ou violences intrafamiliales) et les trois agresseurs étaient adeptes de jeux vidéo violents. Lorsque pendant des heures, chaque jour, l’on tue des gens derrière un écran dans une réalité virtuelle, le risque n’existe-il pas de tuer un jour pour de bon dans la vraie vie sous le coup de la frustration, de la colère, de la rancœur et de la haine ? Dans les jeux vidéo l’on a plusieurs vies mais dans le réel on n’en a qu’une seule. Ces accès de violence dévastatrice sont d’autant plus fréquents aujourd’hui que les jeunes générations semblent moins aptes à supporter les contraintes et les frustrations. Dans les trois drames que nous venons de rappeler, à chaque fois, l’élève a cherché à se venger. D’une enseignante ou de surveillants qui lui avaient dit des choses qui lui déplaisaient ou qui l’avaient blessé. 
On voit là un recul dramatique de la civilisation car si on n’accepte plus les remarques désobligeantes ou désagréables, qu’elles soient ou non fondées, de la part de supérieurs, si l’on ne sait pas faire la part des choses, si on se refuse à se remettre en question et à pratiquer le pardon mutuel des offenses, si on ne sait plus obéir, alors on se dirige vers la plus implacable des barbaries, vers une société effrayante où un simple mot, un regard, une mimique, éventuellement mal interprétés, peuvent conduire à un déchaînement de violence jusqu’à ce que mort s’ensuive. Et c’est bien hélas ce qui se passe de plus en plus aujourd’hui. De surcroît, ces faits horribles mettent en scène des mineurs de plus en plus jeune : 16 ans, 14 ans. Dans quel monde vivons-nous ? François Bayrou, alors ministre de l’Education nationale, s’était fait fort naguère de « sanctuariser l’école ». Il a manifestement échoué dans cette tâche. L’école de la République est plus que jamais le lieu de tous les trafics, de toutes les violences et de tous les crimes.

CE MÊME 3 février, pendant que se produisait cette nouvelle tragédie dans un collège jusque-là sans histoire à Sanary-sur-Mer, les procureurs de la République prononçaient leur implacable réquisitoire devant la cour d’appel de Paris à l’encontre de Marine Le Pen et des dix autres prévenus dans l’affaire dite des assistants parlementaires à Bruxelles et à Strasbourg. Les sanctions requises contre la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale sont quasiment aussi lourdes qu’en première instance : quatre ans de prison dont trois avec sursis et un an ferme (et non plus deux ans ferme comme la fois précédente) à exécuter à domicile sous bracelet électronique, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Même si les débats ont semblé plus apaisés que devant le tribunal correctionnel, les réquisitions sont restées sévères et le ministère public a eu beau jeu de citer des courriels, en effet accablants, comme celui de l’eurodéputé FN Jean-Luc Schaffhauser écrivant en juin 2014 au trésorier d’alors du FN, Wallerand de Saint-Just : « Ce que Marine nous demande équivaut à signer pour des emplois fictifs. On va se faire allumer ! ». Et la réponse qui sonne comme un aveu de Saint-Just : « Je crois bien que Marine sait tout cela… » Quand on commet des délits ou des irrégularités, mieux vaut être discret et ne pas laisser de preuves. Non seulement ces bras cassés ont mis en place un système d’emplois fictifs (faire payer par le Parlement européen, c’est-à-dire par les contribuables, les salaires d’assistants parlementaires travaillant en réalité exclusivement pour le FN-RN, comme l’ont certes fait tant de partis avant eux), mais ils l’ont fait de manière grossière, ostentatoire et industrielle et ils ont de plus laissé des traces écrites, des aveux explicites, qui ont été du pain bénit pour les enquêteurs. Jean-Marie Le Pen l’avait fait de manière artisanale et beaucoup plus prudente et parcimonieuse. Sa fille a industrialisé, systématisé et professionnalisé (si l’on ose dire !) cette organisation, essentiellement parce que le FN sous sa direction dépensait tous les mois 100 000 euros de plus que ce qu’il gagnait. C’est pourquoi, comme l’avait écrit, là encore très intelligemment, Saint-Just à Marine Le Pen : « On ne s’en sortira que si on fait des économies grâce à l’Europe ». Sous-entendu : en faisant payer le Parlement européen le plus possible par un système d’emplois fictifs pour alléger la masse salariale du FN. 
Or, répétons-le, il est anormal qu’en 2014 le FN soit fortement endetté et accuse des déficits abyssaux alors même que le Paquebot, l’ancien siège national à Saint-Cloud, a été vendu, que la situation politique lui est alors très favorable, que les adhésions affluent, que le financement public est élevé et que le reversement des élus en plus grand nombre augmente. C’est donc une gestion calamiteuse, ruineuse des deniers du mouvement (embauches pléthoriques, salaires de ministre, frais de bouche et de voyage ahurissants, fontaines à champagne tous les soirs, etc.) qui a conduit Marine Le Pen, dans une forme de fuite en avant et un sentiment d’impunité et de toute-puissance, à recourir à ces expédients illicites extrêmement risqués. Comment pouvait-elle penser que cela ne se verrait pas, ne se saurait pas, qu’elle n’aurait pas à rendre des comptes, qu’elle ne serait pas un jour rattrapée par ses agissements alors même que le FN n’a pas que des amis dans l’administration et dans l’enceinte du Parlement européen ? Quand on se donne la peine d’y réfléchir, tout cela est insensé et témoigne d’un amateurisme et d’une incompétence qui sont de bien mauvais augure si tous ces gens devaient un jour accéder à des responsabilités nationales. 

SAUF énorme surprise, tout laisse donc à penser que l’arrêt que rendra avant l’été la cour d’appel de Paris ne devrait pas permettre à Marine Le Pen de briguer la magistrature suprême en 2027. Pour qu’elle puisse être candidate, il faudrait en effet que son inéligibilité soit inférieure ou égale à deux ans et qu’elle ne soit condamnée qu’à de la prison avec sursis car on la voit mal faire campagne avec un bracelet électronique à la cheville. De plus, la Cour de cassation ayant fait savoir que, compte tenu du calendrier électoral, elle rendrait sa décision au plus tard en janvier 2027, un éventuel pourvoi de Marine Le Pen devant la plus haute juridiction dans l’ordre judiciaire ne lui permettrait pas non plus de concourir à la prochaine présidentielle. Par conséquent, sauf coup de théâtre, la fille de Jean-Marie Le Pen sera écartée de l’élection reine de la Vème République alors même que le RN s’annonce d’après les sondages comme le grand favori du scrutin. Elle devra donc, selon toute vraisemblance, laisser la place au juvénile et ambitieux Jordan Bardella qui, à trente ans, se voit déjà en haut de l’affiche.
Marine Le Pen vit très mal cette mise à l’écart qu’elle n’avait pas anticipée ni imaginée, elle qui a tout fait depuis de longues années pour être dans les petits papiers du Système en général et du lobby judéo-sioniste en particulier. Sur les conseils de l’affreux Goldnadel, elle a ainsi exclu du Front national son père auquel elle devait tout. Elle a peuplé le parti d’invertis notoires. Et d’après les documents déclassifiés dans l’affaire Epstein, il semble que les réseaux du pédocriminel aient contribué, d’une manière ou d’une autre, au financement du parti, alors exsangue, pour la campagne des européennes de 2019 à hauteur de 4,7 millions d’euros. Ou à tout le moins offert leurs services, dispensé leurs conseils, proposé leur aide. Tous ces points restent encore à éclaircir (voir l’article de François-Xavier Rochette en pages 2 et 3). Epstein dit d’ailleurs le plus grand bien de Marine Le Pen dans ses courriels. Dans ces conditions, on s’explique mieux pourquoi le RN est devenu sur la scène politique française le parti aujourd’hui le plus hystériquement, le plus inconditionnellement pro-israélien, qu’il a cautionné sans aucune réserve le carnage à Gaza, les massacres de masse, la famine organisée, les destructions méthodiques des hôpitaux, des écoles, des habitations, des lieux de culte, de toutes les infrastructures. On s’explique pourquoi il a appelé à la dissolution de tous les groupements dits d’extrême droite et d’ultra-droite, écrivant même dans ce sens une lettre au Premier ministre de l’époque Elisabeth Borne. On s’explique qu’il défend aujourd’hui la loi Gayssot qui embastille les révisionnistes, qu’il a voté l’inscription dans la Constitution du « droit à l’avortement », etc., bref qu’il a abandonné le programme historique de la droite nationale en vue de sa normalisation politique et médiatique. Hélas pour elle, Marine Le Pen, la grande prêtresse de cet aggiornamento, comme Moïse, ne verra pas la terre promise. Et devra, la mort dans l’âme, laisser voler le sémillant Jordan vers la victoire qu’elle estimait lui être due. Si toutefois le jeune homme remporte lui-même la timbale. Ce qui, malgré ses génuflexions et reptations à Jérusalem au printemps dernier, n’est pas encore tout à fait acquis.

RIVAROL,<jeromebourbon@yahoo.fr>.

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Billet hebdomadaire

Le dossier Epstein : le dévoilement d’une horreur sans nom et d’une corruption générale

Nous le pensions à la fin de l’année dernière : l’affaire Epstein (que les journaleux français de l’audiovisuel appellent à l’unisson “Epstine” pour, peut-être, que son patronyme sonne moins ashkénaze) avait pris une dimension trop importante pour que les dirigeants et les faiseurs d’opinion américains pussent la mettre sous le tapis.
Ce qui était attendu est donc arrivé le 30 janvier dernier avec la publication par le ministère de la justice états-unien de la moitié de la totalité des dossiers de l’affaire Epstein (3,5 millions de documents). Déjà un véritable tremblement de terre ressenti non seulement aux Etats-Unis et en Occident mais également dans le monde entier. Un séisme de magnitude 8 qui a provoqué effarement et sidération mais aussi une vague de démissions en Europe et qui a d’ores et déjà engendré ce que les media français, tous pourris, appellent une orgie de complotisme.
Il faut dire que notre pays semble s’être réfugié malheureusement dans le déni, dans le refus pathologique de regarder l’affaire Epstein telle qu’elle est, et donc dans le refus d’essayer de comprendre cette effroyable réalité.
Au lieu de se résoudre à admettre l’évidence même, des “journalistes” tricolores officiant dans de très riches publications continuent de parler de cette affaire, quand ils en parlent, en évitant toujours d’aborder le cœur du problème, le cœur du mal. Ainsi, après avoir exploité jusqu’au bout la thèse inepte d’un Epstein prédateur isolé (qui “dépannait” simplement ses amis en leur fournissant de très jeunes femmes), nos media avouent certes aujourd’hui que cette affaire relève de l’horreur pédocriminelle mais parlent de kompromat en inventant à partir de rien, comme l’a fait Le Parisien du 4 février, une connexion imaginaire entre lui et Moscou.

LE BOUC ÉMISSAIRE MOSCOVITE

Ou des journaleux, toujours à la pointe pour démolir habituellement tout ce qui ressemble à du complotisme, en train de bricoler à la hâte la plus loufoque, la plus spéculative, la moins crédible de toutes les théories du complot ! Alors que l’énorme dossier Epstein montre, au contraire, que c’est cet agent considéré comme un membre actif du Mossad par les services américains (comme l’attestent plusieurs documents déclassifiés) qui s’échinait à contacter des élites russes dans le but, comme nous le savons maintenant, de les corrompre. D’aucuns voient par ailleurs dans le fait qu’Epstein exploitait des prostituées russes l’indice que le Kremlin serait compromis. Une farce. Cette thèse bidon est d’autant plus absurde que les autorités moscovites avaient refusé de délivrer un visa à l’affreux Jeffrey qui s’était rabattu sur son ami Peter Mandelson (l’ancien tout-puissant ambassadeur anglais à Washington) pour essayer d’obtenir ce sésame. Les commentateurs “français” certifiés conformes n’en parlent pas alors qu’un vrai scandale a lieu au Royaume-uni où l’actuel Premier ministre Keir Starmer (qui avait nommé Mandelson ambassadeur aux Etats-Unis alors qu’il connaissait ses liens avec Epstein) est la cible de toutes les critiques (fort légitimes). Mais voilà quel genre de forgerie la journaillerie française fabrique actuellement dans le dessein de tromper les masses qui découvrent, tardivement, cette énorme et monstrueuse affaire.
Cette exception française ne relève cependant pas d’une pudeur mal placée, mais découle d’une psychose d’un milieu médiatique apeuré à l’idée de faire du tort à certaines personnalités dont les noms sont associés d’une manière récurrente à Epstein. Et c’est bien parce que la France est le pays le plus touché par ses activités derrière les Etats-Unis — où l’actuel président Trump demande au peuple et aux chercheurs de vérité de tourner la page, de « passer à autre chose », bref de ne plus parler de l’affaire. Un comportement qui attise cependant la colère des Américains — que ses élites et ses fonctionnaires se contorsionnent en ce moment dans tous les sens comme des lombrics exposés au soleil de midi.

LES LANG, SYMBOLES DE LA PUTRÉFACTION POLITIQUE

Il fut, il est vrai, difficile pour eux de taire les milliers d’occurrences concernant les Lang, père et fille, Jack et Caroline, qui apparaissent dans les dossiers Epstein. Le patron du ruineux Institut du monde arabe ressemble d’autre part à un fruit pourri, qui devrait être le premier à tomber, tant son image s’est détériorée ces quinze dernières années du fait de ses amitiés artistiques sulfureuses et de ses déclarations, plus anciennes, insanes que l’on exhume régulièrement. Cette nouvelle salve de documents l’a achevé (l’affreux Jack a finalement démissionné, le 7 février, de son poste de président de l’IMA). Comme elle a mis KO sa fille chérie qui fut contrainte de démissionner, le 2 février, de son poste de délégué général du Syndicat de la production indépendante (SPI), un syndicat représentant les producteurs indépendants de cinéma et d’audiovisuel en France. Elle aussi, elle surtout apparaît dans ces dossiers dans lesquels on décèle une relation amicale forte, voire une affection réciproque, et où l’on découvre qu’ils ont monté ensemble une entreprise dans les Îles Vierges (qui permettait à Epstein de blanchir de l’argent). Plus éloquente encore, l’information selon laquelle Caroline Lang devait légalement hériter de 5 millions de dollars à sa mort. Cette dernière a affirmé publiquement qu’elle l’avait apprise avec la publication des dossiers Epstein. Mais n’allez pas penser qu’elle nous prend pour des buses, on vous accusera d’antisémitisme.
Toujours est-il que les Lang et Epstein échangeaient régulièrement et se rencontraient plusieurs fois par an. Le 17 juin 2012, répondant à une Caroline Lang dévastée par la défaite de son papa au second tour des élections législatives (circonscription de Saint-Dié dans les Vosges), l’ami lui répondit : « I’m with you in spirit if not in body » (Je suis avec vous en esprit, à défaut d’être présent physiquement).
Jack appréciait aussi la compagnie de Jeffrey avec lequel il aimait visiter les expositions sur l’œuvre d’Hergé par exemple, mais il goûta également ses conseils lorsqu’il rédigeait un texte étrange sur l’éducation des enfants, un projet qu’il intitula « Petit Prince » et sur lequel Caroline et Jeffrey ont discuté du contenu. Dans un courriel du 28 janvier 2013, l’Américain lui propose d’ajouter les questions suivantes : « Les enfants devraient-ils être initiés à la religion, aux nouvelles sexualités, testés (sic) ? À quel rythme des tests standardisés ? » Caroline Lang lui répond que son père accepte d’ajouter ses suggestions.

DES COURRIELS SORDIDES : LE CAS DU CONSEILLER DE NICOLAS SARKOZY

D’autres Français voient leurs noms afficher dans ces dossiers qui dévoilent notamment les messages de l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Olivier Colom.
Son nom apparaît plus de 2000 fois dans les documents publiés. Ils parlent de politique, d’économie mais aussi de sexe, d’une manière tout à la fois graveleuse et métaphorique dans ses discussions numériques avec Epstein. Néanmoins, une conversation datant des 17 et 18 juin 2013 est plus explicite que les autres. « Je suis sur mon île des Caraïbes, avec un aquarium rempli de filles, écrit Jeffrey Epstein. « Le Roi d’Arabie saoudite a quelques requins blancs dans son palace à Jeddah. Je préfère totalement les tiens [ou les vôtres]. Il est sûr que j’apprécierais la vue », répond Olivier Colom « Comme deux sont Russes, je suppose qu’on peut dire que ce sont des requins blancs, poursuit-il, tant que tu n’as pas de requins marteaux… J’aime les requins blancs ». Jeffrey Epstein répond que certaines sont « comme des crevettes, tu jettes la tête et gardes le corps ». « J’aime les crevettes », renchérit Olivier Colom, mais pas trop quand elles sont trop roses, je préfère clairement les blanches aux autres couleurs. » « Je ne peux même pas penser à l’odeur des crevettes noires », répond Epstein.  « Nous sommes — encore une fois — d’accord », conclut Colom.
Et dire que toute la presse, les intellectuels aux ordres et d’autres animateurs se sont déchaînés pendant des années contre tous ceux qui avaient relevé de graves anomalies dans la façon dont était traité le scandale Epstein ! Ouh les complotistes ! Ils voient des réseaux maléfiques partout pour cracher leur haine ! Ils sont des antisémites ! Si vous mettez votre nez là-dedans, vous deviendrez vous-même un affreux complotiste haineux et un débile mental. Ecoutez-nous ! Il n’y a pas de réseau Epstein ! Telle était la substance de leurs propos.
Ces lourdauds se sentaient invincibles après le classement du Pizzagate que l’on serait obligé, aujourd’hui, de considérer comme une vulgaire théorie du complot. Il n’y avait pas d’enquête, donc il n’y avait pas de sujet.
Je n’en parlerai pas ici mais il est important de rappeler que le mot pizza est depuis plusieurs décennies utilisé comme un code par les réseaux pédophiles. Du moins jusqu’à l’avènement du Pizzagate qui a fait connaître cette symbolique à des millions d’Internautes américains.

JEFFREY EPSTEIN, LIVREUR DE PIZZAS ?

Les réseaux avaient donc l’habitude de remplacer le mot enfant par pizza. Et ce mot pizza a été abondamment écrit par Epstein et par ses plus proches collaborateurs jusqu’en 2017. Le mot pizza apparaît près d’un millier de fois dans des courriels très troubles.
Fontanilla a écrit : Ok. Envoyé depuis mon iPhone. Le 25 mai 2017 à 13h04, a écrit : Salut Jojo, Jeffrey aimerait que tu ailles chez Arturo aujourd’hui et que tu achètes une grande pizza au fromage… pour Bobby Slayton (qui loge au 301) et que tu la livres aux appartements (7J). Arturo ouvre à 16h, sois-là à l’ouverture, commande la pizza et livre-la… Je suppose que s’il n’est pas là, tu dois partir avec le portier et lui remettre une des cartes de JE sur laquelle il est écrit : « Avec l’aimable autorisation de Jeffrey Epstein ». Écris sur la carte : « Arturo’s Pizza ».
Sujet : Re : Le monstre de la pizza ! Tu veux dire rayonnant d’une douce lueur avec un air de béatitude et d’excitation… Ouais, c’est la pizza. Envoyé depuis mon iPhone le 26 avril 2016 à 13 h 26, par Jeffrey E.
De : Roy Hodges À : Jeffrey Epstein Objet : Date : Sam., 09 mars 2013 22:43:01 +0000 Je voulais vous dire que l’équipage a vraiment apprécié la pizza aujourd’hui.
17h56 Objet : Re : Jeffrey Epstein Salut Barry… peux-tu retrouver Jeffrey à 12h45 à l’angle de Lexington et de la 83e rue ? Vous marcherez ensuite jusqu’à un pâté de maisons pour aller manger une pizza.
Le 27 octobre 2015, la plus proche collaboratrice d’Epstein ( qui figurait elle aussi dans son testament), Karyna Shulink, envoie ce message à un inconnu : « Bonjour, veuillez me tenir au courant dès que vous avez des nouvelles de la pizzeria ».
On retrouve des centaines d’autres messages équivoques dans lesquels les mots pâtes et fromage sont présents et excitent d’une manière incongrue les correspondants qui parlent de moments inoubliables, de bols de pâtes extraordinaires. Et parfois on apprend que les pâtes ou la pizza sont difficilement transportables. De quoi sont-elles donc composées ces pizzas euphorisantes et difficilement transportables ? 
Dans un courriel daté du 10 mars 2014, le professeur de Harvard, Martin Nowak, écrit à Epstein : « our spy was captured after completing her mission » (« notre espionne a été capturée après avoir accompli sa mission »). Epstein répond : « Did you torture her » (« L’as-tu torturée ? »). Pour l’instant, personne n’a expliqué de quoi il s’agissait vraiment.

LE CONSEILLER TRÈS SPÉCIAL D’ARIANE DE ROTHSCHILD

L’information a fait l’effet d’une bombe. Comme nous le savons maintenant, la patronne de la Banque Edmond de Rothschild avait demandé à Epstein, à la fin de l’année 2013, de s’occuper, grâce à ses relations, de Dieudonné, parce qu’elle jugeait ses sketches insupportables (elle ne supportait pas notamment qu’il parlât des Juifs et de l’argent). Cette information divulguée par des tiers et par l’humoriste fut ainsi dévoilée à des millions de Français principalement via les réseaux sociaux.
Même si la presse mainstream n’a pas développé le sujet de cette affaire dans l’affaire, elle fut forcée d’évoquer les relations professionnelles et amicales qui existaient entre Jeffrey Epstein et Ariane de Rothschild, le nom de cette dernière apparaissant des milliers de fois dans le grand dossier.
Dans ces courriels, les deux protagonistes parlent souvent d’opportunités financières (en Ukraine par exemple), d’actualité économique mais aussi de ressources humaines. Ainsi, dans un courriel d’avril 2015, Ariane de Rothschild discute avec Epstein de la composition d’un comité stratégique pour une société liée à sa banque. Epstein lui répond explicitement : « Not Africans. Serious people… preferable some Jews. » (« Pas d’Africains. Des gens sérieux… de préférence quelques Juifs. »). En 2015, la Banque Edmond de Rothschild aura versé 25 millions de dollars à l’énergumène pour ses services. Un monstre qui avait apparemment une solution à tout problème. […].


François-Xavier ROCHETTE.