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n°3698 du 04/03/2026 (Papier)

Editorial

Les fous furieux de Tel-Aviv vont-ils mener à l’apocalypse ?

ILS ONT OSÉ ! Alors que les Etats-Unis et l’Iran étaient en phase de négociations sur le nucléaire civil iranien, que Téhéran avait même consenti à des concessions majeures, en s’engageant à ne  pas stocker son uranium enrichi, que les discussions devaient se poursuivre dès ce lundi 2 mars et que Trump répétait qu’il n’avait pas encore pris sa décision d’attaquer ou non la République islamique, le samedi 28 février, l’Entité sioniste et les Etats-Unis, sans déclarer la guerre, sans sommation, sans que le président américain ne consulte au préalable le Congrès, en toute illégalité, contrairement à toutes les règles du droit international, de la morale, de la civilisation, de la bienséance, du respect mutuel entre nations souveraines, bombardaient massivement l’Iran — qui objectivement ne menaçait personne — qui plus est le jour du sabbat, preuve que les Israéliens ne respectent rien, pas même leurs propres préceptes religieux quand il s’agit d’exterminer ceux qu’ils estiment être des ennemis irréductibles. Trump et Netanyahu, qui montrent une nouvelle fois qu’ils sont unis pour le pire comme les deux doigts de la main, sont adeptes des coups de poignard dans le dos. Car le président américain a fait croire, des semaines entières, qu’il désirait sincèrement négocier avec la Perse et trouver un accord avec Téhéran alors qu’en réalité il avait déjà décidé et planifié une intervention militaire contre l’Iran. En effet une telle campagne de bombardements ne s’improvise pas, exige un assez long moment de préparation. Il y a donc eu incontestablement une vraie duplicité de la part de Trump, un cynisme total auquel certes nous ont habitués les Américains, mais qui est tout à fait écœurant. Ces gens-là sont vraiment des démons.
On savait déjà que Trump et Netanyahu baignaient dans le sang avec le génocide casher à Gaza dont ils sont les deux entièrement responsables et coupables car, sans les armes meurtrières des Etats-Unis, jamais Tel-Aviv n’aurait pu bombarder et massacrer massivement toute la population civile gazaouie. Dans l’effrayant discours qu’il a tenu à la Knesset le 13 octobre 2025, à l’occasion de la libération des otages, Trump avait déclaré que Netanyahu l’appelait tous les jours pour lui demander des armes encore plus puissantes, plus sophistiquées, plus redoutables, plus dévastatrices pour bombarder nuit et jour Gaza et qu’il se faisait fort de les lui donner, de céder aussitôt à tout ce qu’il réclamait. Et dans cette même allocution, il s’était ouvertement félicité du mariage et de la conversion au judaïsme de l’une de ses filles. Et dire qu’il est encore des imbéciles pour croire ou faire accroire que Trump est le défenseur voire le sauveur de la civilisation chrétienne ! On nous a vendus cette fable, y compris des prêtres en soutane dont par charité nous tairons les noms mais dont le rouge de la honte devrait aujourd’hui recouvrir tout le visage. Et il en est encore dans nos milieux pour prétendre, contre l’évidence des faits, contre le simple bon sens, que ce répugnant personnage libidineux fait semblant d’être avec Israël, qu’en réalité il combat subtilement le Judapo, qu’il accompagne l’Entité sioniste dans sa démesure pour mieux la perdre, qu’il est le chevalier blanc luttant contre les réseaux pédocriminels, qu’il a fait semblant de s’opposer à la divulgation des Epstein Files pour mieux leur assurer de la publicité, etc.  Assez d’absurdités ! Assez d’inepties ! Assez de mauvaise foi ! On n’en peut plus ! Ce genre de discours est absolument insupportable. Il est difficile de garder son calme face à autant de bêtise autosatisfaite. Mieux vaut reconnaître humblement qu’on a pu se tromper sur Trump — une erreur avouée est à demi pardonnée — plutôt que de s’enferrer dans un soutien et des explications sans aucun fondement rationnel et qui discréditent ceux qui en sont les auteurs et les propagateurs, dont l’inénarrable réseau QAnon !

DANS CETTE affaire, une fois de plus, Trump montre son vrai visage. Il est le misérable laquais du sionisme international. Sa campagne électorale de 2024 où il se faisait fort d’en finir avec les guerres éternelles et l’interventionnisme états-unien à tout crin était donc une illusion, une imposture, une escroquerie. Trump ne défend pas l’Amérique. Il est le zélé serviteur et le servile exécutant de l’Entité sioniste, l’otage consentant du lobby juif et de ses desseins criminels et funestes. On peut même se demander si Netanyahu ne le tient pas dans l’affaire Epstein. Car, comme par hasard, c’est au moment où son nom commençait à circuler avec de plus en plus d’insistance dans cette sordide et criminelle affaire, que des voix demandaient qu’il fût interrogé sur le sujet par une commission du Congrès, et qu’il était accusé — à tort ou à raison, nous l’ignorons — d’avoir violé une jeune adolescente de treize ans, qu’il s’engage dans cette guerre contre l’Iran où a priori il a politiquement et personnellement tout à perdre mais qui fonctionne aussi comme une diversion. En effet, pendant qu’on parle de la guerre, on n’évoque plus Epstein et l’implication de Trump dans l’affaire. En bombardant intensément l’Iran et en n’excluant pas de faire intervenir des soldats au sol pour renverser l’actuel régime iranien, le président américain tourne le dos à ses promesses de campagne, ce qui certes n’est pas rare pour un politicien, mais de surcroît il risque de conduire le parti républicain à une déroute électorale lors des élections de la mi-mandat en novembre prochain. Comme nous l’écrivions dans un précédent éditorial, Trump est probablement mouillé jusqu’au cou dans l’affaire Epstein. Ce qui expliquerait pourquoi il s’est opposé pendant si longtemps, et en manifestant à chaque fois de grosses colères, à la divulgation des documents Epstein. 
N’oublions pas qu’il a beaucoup fréquenté le pédocriminel, qu’il lui envoyait des lettres obscènes où sa signature imitait élégamment la forme des parties intimes féminines. Ce débauché sans scrupule, ce vulgaire dépravé a très possiblement commis des actes immondes et il en est peut-être aujourd’hui prisonnier. Car bien qu’il soit financé par des ultra-sionistes et qu’il ait toujours défendu l’Etat d’Israël, ce n’est nullement son intérêt électoral d’attaquer l’Iran qui objectivement ne menaçait en rien les Etats-Unis et cela ne peut que nuire à la place qu’il espérait occuper dans l’histoire. Donc l’hypothèse selon laquelle il serait tenu nous paraît fort plausible. N’oublions pas non plus qu’il avait lourdement payé une prostituée pour qu’elle se tût afin de ne pas nuire à ses ambitions présidentielles. Il est donc très possible qu’il soit impliqué dans des dossiers particulièrement sordides et compromettants. En tout cas, en attaquant ainsi l’Iran, Trump met piteusement ses pas dans ceux de Bush, qui avait pareillement agressé Bagdad et rejoint clairement le camp des néo-conservateurs alors qu’il avait dénoncé pendant ses campagnes électorales successives les guerres contre l’Irak et promu un certain isolationnisme en affirmant vouloir rendre à l’Amérique sa grandeur.
CONFORMÉMENT à leurs habitudes, les Américano-Israéliens, dès le premier jour du conflit, ont bombardé une école et un hôpital faisant plus de deux cents morts. Dans le sud de l’Iran il s’agissait d’une école primaire. Près de deux cents fillettes ont trouvé la mort, d’autres sont atrocement mutilées, blessées à vie dans leur chair et dans leur âme. Mais les grands media passent cela par perte et profit. Ah si l’Iran avait bombardé une école israélienne et fait deux cents victimes, cela ferait la une des semaines entières de la presse et des journaux télévisés ! On parlerait d’un immense pogrom, d’une nouvelle Shoah, on sortirait les mouchoirs, on appellerait à lancer une bombe atomique sur Téhéran, on voterait toutes affaires cessantes de nouvelles lois liberticides pour sanctionner davantage toute forme d’antisémitisme. Mais là il ne s’agit que de fillettes persanes. Bref, des animaux humains comme l’avait dit des Palestiniens le ministre de la Défense de Netanyahu. D’ailleurs le Talmud n’enseigne-t-il pas que tous les non-Juifs sont des animaux et doivent donc être traités comme tels ? Seul le sang juif a de l’importance, on le sait. En revanche, tous les goyim peuvent être massacrés. Sans aucun problème de conscience.
Cette guerre contre l’Iran est une véritable folie. Il s’agit en réalité de détruire ce pays, comme les mêmes ont détruit l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie, le Liban — à nouveau intensément bombardé — pour remodeler dans un bain de sang le Proche-Orient et construire par le fer et le feu le Grand Israël. Cette région du monde est profondément déstabilisée et nul ne sait sur quelles catastrophes à grande échelle peut déboucher cette hybris américano-sioniste. Des attentats terroristes peuvent à tout moment se produire, y compris dans notre pays, dont les dirigeants promettent, ô folie, de mener des actions militaires dites défensives contre l’Iran mais en réalité offensives — comme les bombardements israéliens se voulaient préventifs, de qui se moque-t-on ? — Les Israéliens ne se cachent pas de vouloir détruire « le régime des mollahs » comme ils ont détruit hier le régime baasiste de Saddam Hussein puis de Bachar el-Assad et celui du colonel Kadhafi. Ils ont manifestement le droit de le dire et de le faire. En revanche, il n’est pas permis de souhaiter la destruction du régime des rabbins à Tel-Aviv et à Jérusalem. Là, tout à coup, ce n’est plus légitime. Et c’est même un crime contre l’humanité. D’ailleurs, la loi de Caroline Yadan qui, selon toute vraisemblance, sera votée par le Parlement au printemps, va sanctionner pénalement l’antisionisme. Douter de la légitimité de l’Etat hébreu, dire qu’il commet en toute impunité des massacres de masse, considérer qu’il s’agit d’un abcès de pus, d’une immonde vérole qui met à feu et à sang tout le Proche-Orient et menace la stabilité et la paix mondiales ne sera bientôt plus possible tant la France et tout l’Occident sont devenus des colonies israéliennes et que nous vivons sous l’oppression écrasante et chaque jour plus insupportable d’une coterie communautaire raciste, tribale, suprémaciste, expansionniste, arrogante et haineuse qui ne souffre pas qu’on conteste si peu que ce soit sa tyrannie et qu’on s’oppose à ses crimes et desseins abominables. Tuer un vieil homme malade de 86 ans, l’ayatollah Khamenei, ainsi que toute sa famille, y compris sa petite-fille de 14 mois, montre que l’on n’a ni honneur ni cœur ni grandeur et que l’on est prêt à tout pour arriver à ses fins. Comme à Gaza où il ne reste pas pierre sur pierre et qui est un immense cimetière.

D’AUCUNS nous reprochent, même parfois dans nos milieux, d’être judéocentrés. Mais n’est-ce pas toujours la même communauté qui exige que l’on se soumette entièrement, que l’on soit ses esclaves ? Regardez ce qui arrive au pauvre Mélenchon. Lui qui est pourtant un homme de gauche biberonné à l’antiracisme. Voilà qu’on l’accuse nuit et jour d’antisémitisme parce qu’il a ironisé jeudi dernier sur Epstein que les journalistes appellent Epstine, puis dimanche sur la prononciation de Glucksmann. On le traite aujourd’hui comme on traitait Jean-Marie Le Pen auquel il est désormais comparé (ainsi qu’à Soral) malgré leurs divergences très profondes sur le plan politique. On le diabolise, on l’exclut de l’arc républicain, on veut mettre en place contre LFI un cordon sanitaire, la grande presse évoque « le poison Mélenchon » comme elle dénonçait « la peste Le Pen ». En réalité, ce que l’on reproche au chef de file de la France insoumise, c’est d’être pro-palestinien, antisioniste et hostile aux guerres d’agression des Etats-Unis et de l’entité sioniste. Aujourd’hui il faut être entièrement soumis au CRIF comme l’est toute la classe politique, sauf LFI. Le judéoservile Bardella, qui a compris que le CRIF choisissait le futur président, a même condamné les « relents fascistes » (sic !) de Mélenchon qui lui rappellent les années trente et les spectacles de Dieudonné ! Ces gens-là nous font honte ! On est vraiment à des années-lumière du FN du Menhir !
De même que Le Pen était diabolisé à cause de la Shoah, Mélenchon l’est aujourd’hui à cause de la Torah. Ou plus exactement de l’interprétation littéraliste du Pentateuque selon laquelle la terre promise est éternellement pour les Juifs. Du Nil à l’Euphrate. Sauf que ces derniers n’ont pas reconnu le Christ qu’ils ont insulté, rejeté et fait mettre à mort et qu’ils ont donc perdu tout droit aux promesses divines qui étaient conditionnelles. De peuple élu, selon la théologie catholique, ils sont devenus peuple déicide. Et tant qu’ils ne reconnaîtront pas le Christ qui est le Chemin, la Vérité et la Vie, tant qu’ils ne soumettront pas à sa Loi divine qui seule assure la paix et le salut, ils propageront partout la terreur, la haine et le chaos. Ainsi qu’on peut le voir chaque jour sous nos yeux.

RIVAROL,<jeromebourbon@yahoo.fr>.

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Billet hebdomadaire

États-Unis-Iran : Trump a donc franchi le Rubicon !

Qui de l’œuf ou de la poule ? Éternelle question sans réponse à vue humaine. Toutefois, Dieu étant le maître de toute création, la question importe-t-elle vraiment ? Au plan géostratégique néanmoins, celle-ci ne manquera pas d’introduire notre propos. Qui de l’œuf ou de la poule, donc ? Depuis deux bons mois désormais, la question d’une intervention guerrière des États-Unis contre l’Iran des “infâmes” mollahs maintenait le monde entier en haleine. La sphère géopolitique et sa courroie de transmission des médias surtout. Washington amassait-elle des moyens dans tout le Proche-Orient pour en finir avec le seul véritable ennemi régional, voire mondial, d’Israël (mon peuple) depuis la chute de Saddam Hussein — abattu déjà en arguant de prétextes — en 2003 ? Ou bien tout cela n’était-il qu’un gigantesque bluff à milliards de dollars uniquement destiné à ce que Téhéran fasse tapis et accepte l’ensemble des conditions soufflées à l’oreille de Trump par ses “amis” et mentors juifs ?
Les Yankees ne sont pas très originaux. Il y a 23 ans, à une vingtaine de jours près, le scénario était presque identique. Fort de tout son arsenal amassé dans la région et faisant fi des dénégations de l’Irak, W Bush, le fils de celui qui avait commencé le boulot deux septennats plus tôt, sommait le président irakien de quitter le pouvoir sur le champ. “Partez !” avait-il le culot de lui lancer devant les caméras du monde entier depuis le pont d’envol d’un des porte-avions de la flotte états-unienne.

L’AMÉRIQUE AU SERVICE DES INTÉRÊTS ISRAÉLIENS

Depuis lors, le glaive américain n’avait pas chômé. L’Afghanistan restait un théâtre de guerre ; vaincu par une guerre de trois semaines, l’Irak serait à pacifier ; les printemps arabes pilotés par la CIA chahutèrent la Tunisie et l’Égypte ; en Libye, au Yémen et en Syrie, cela ne se passa pas aussi bien : il fallut six à sept mois d’une intense campagne maritimo-aérienne pour finir par trucider le colonel Kadhafi ; en Syrie, malgré un appui russe survenu plus de quatre années après le début de la guerre hybride conduite par “l’Occident” via un certain nombre de proxys, qu’ils soient islamistes sunnites ou communistes kurdes, l’armée turque et l’aviation sioniste, le régime baassiste — finalement abandonné par une Russie témoignant d’un surprenant laxisme notamment à l’égard de l’État hébreu dès 2018 — s’est effondré à la fin de l’année 2024 ; quant au Yémen, il n’a cessé d’être en guerre, en partie depuis les « printemps arabes », surtout depuis 2015 et l’intervention conjointe de l’Arabie Saoudite et des Émirats Arabes Unis contre les Houthis.
Quel était le point commun entre Syrie et Yémen ? La République islamique d’Iran (RII). Ou, plus exactement « l’Axe de la Résistance », tel qu’il se définit lui-même, emmené par Téhéran qui restait pour ainsi dire le dernier pays musulman à soutenir officiellement et réellement, physiquement, je dirai même dans sa chair propre, la cause palestinienne. Des Palestiniens très majoritairement sunnites, même s’ils comptent une poignée des derniers chrétiens d’Orient.
Ouvrons ici une grossière mais importante parenthèse : l’Islam est lui aussi très majoritairement sunnite (les chiffres actuels, selon Wikipédia qui ne se montre pas très cohérente sur la question (1), oscilleraient entre 80 et 90 %). Les sunnites, comme leur nom l’indique, sont les tenants de la Sunna (“tradition”, en arabe) ; c’est-à-dire qu’ils sont attachés davantage aux rites — et donc aussi aux règles — institués de son vivant par le “prophète” Mahomet et ce, peu importe qui conduit effectivement leur courant religieux. C’est si vrai que l’islam sunnite ne dispose pas de clergé hiérarchisé. Ce qui n’est pas le cas du chiisme qui, initialement, estimait que l’islam devait avoir un chef issu de la famille de Mahomet ; raison pour laquelle ils suivirent Ali, cousin germain et gendre du “Prophète”, qui sera assassiné à Koufa (Irak) en 661. Par la suite, le chiisme a connu lui-même diverses scissions et l’islam chiite se divise donc aujourd’hui en six groupes dont le plus important est le chiisme duodécimain que l’on trouve majoritairement en Iran (90 % de la population et 40 % du total des musulmans chiites dans le monde), en Irak (77 % de la population) et au Liban où ils constituent une forte minorité présente principalement dans le Sud du pays et dans la plaine de la Bekaa. Là-dessus s’ajoute une fracture ethnique : les Iraniens sont majoritairement des Persans (38 %) et il se murmure qu’ils auraient jadis embrassé la religion chiite précisément pour se démarquer de leurs envahisseurs arabes. L’une des branches du chiisme — les Alaouites — dirigeait la Syrie jusqu’à la fin de l’année 2024. Une autre est présente dans les montagnes de l’Ouest du Yémen : les rebelles houtis qui tiennent toujours l’ex-capitale Sanaa sont des chiites zaydites.

LE REMODELAGE DU PROCHE-ORIENT DANS UN BAIN DE SANG

La géopolitique régionale de Téhéran a connu son apogée dans la première décennie de ce siècle, alors que leurs ennemis américains (et israéliens) étaient surtout affairés contre l’Irak de Saddam Hussein (de l’Afghanistan aussi, pour les États-Unis et l’OTAN) puis à gérer les conséquences de sa défaite dans un pays livré au chaos après avoir été étranglé économiquement une bonne dizaine d’années durant. Pour les tenants de la République islamique d’Iran, c’est une opportunité qui s’ouvre : le croissant chiite ouvert par la chute du Zaïm leur permet désormais de soutenir directement via la Syrie leurs alliés libanais du Hezbollah et les Palestiniens dont ils défendent la cause face à l’oppression israélienne. Cette aide précieuse permet à la milice chiite libanaise de sortir vainqueur de la guerre de 60 jours déclenchée par le régime sioniste au début de l’été 2006. C’est à cette époque que Téhéran tissera ses réseaux inter-chiites qui se révéleront par la suite d’une redoutable efficacité.
La guerre faite à la Syrie à compter du printemps 2011 puis la montée en puissance de DAECH (État Islamique en Irak et au Levant) viendront compliquer la chose malgré l’engagement d’unités aguerries du Hezbollah en Syrie à partir de 2013, avec un certain succès au cours de cette même année. Pourtant, à l’été 2015, la situation est de plus en plus compliquée, voire quasi désespérée pour le pouvoir syrien. Le Régime de Bachar al Assad ne contrôle alors pratiquement plus que l’Ouest du pays : le réduit alaouite sur la côte méditerranéenne et les principaux axes le reliant à la capitale Damas, la frontière syro-libanaise ainsi que quelques petites poches, avec les Kurdes des Forces Démocratiques Syriennes (FDS ou YPG), dans le Nord-Est du pays.
C’est alors que Moscou entre véritablement —jusqu’alors une poignée de conseillers s’efforçaient de renseigner et de guider au mieux les militaires syriens tandis que des forces réduites protégeaient la base russe de Tartous) — en jeu au côté de Damas et sauve la situation en engageant des forces nombreuses, notamment aériennes mais aussi terrestres et maritimes. Avec les soldats russes, des éléments iraniens de la Force Qods (un corps expéditionnaire issu des Gardiens de la Révolution) sont aussi présents. C’est ainsi que le Nord du Pays — dont la ville d’Alep — est reconquis en 2016, à l’exception d’une poche du Nord-Ouest centrée sur la ville d’Idlib et jouxtant la frontière turque qui servira de réceptacle pour tous les djihadistes ayant choisi de déposer les armes dans d’autres zones du pays. C’est d’ailleurs de cette poche que déferleront les mêmes djihadistes réarmés par la Turquie du sieur Erdogan — et certainement aussi par ses complices de “l’Occident” — qui finiront donc par l’emporter. En 2017, les forces alliées du régime repoussent les éléments de DAECH du Centre du pays jusqu’à l’Euphrate. La ville de Deir Ezzor, longtemps isolée et assiégée par les islamistes, est délivrée.
Cependant, c’est le moment que vont choisir les forces états-uniennes — Trump venant d’entamer son premier mandat —, au prétexte de la prétendue lutte contre l’État islamique, pour mettre le pied dans un pays martyrisé par six années de guerre sans y avoir pourtant été invitées par les autorités officielles syriennes. Les Syriens protesteront. Les Russes itou. Rien n’y fera. Les Yankees s’installent au sol dans toute la vallée de l’Euphrate, de Raqqa à la frontière irakienne ainsi qu’aux confins désertiques des frontières syrienne, jordanienne et irakienne, à Al Tanf où ils construiront une base qui a tout récemment été abandonnée. Avec la piétaille kurde dont ils vont se servir sans vergogne avant de finalement la laisser choir, ils contrôlent le tiers nord-est de la Syrie, plus cette péninsule en territoire syrien dont ils interdisent toute approche à l’aide de leurs lance-roquettes HIMARS, d’une portée de quatre-vingts kilomètres. Au passage, ils mettent la main sur les puits de pétrole situés à l’est de l’Euphrate qu’ils exploitent sans le moindre scrupule. A posteriori on reconnaît la touche Trump dans la manière d’opérer. Dans les airs, les Russes sont obligés de manger leur chapka en partageant le ciel syrien avec l’US Air Force à travers des échanges complexes dits « de déconfliction ».
Mais il y a pire — et plus incompréhensible encore de la part des Russes en général et de Poutine en particulier —. Malgré des tensions de plus en plus vives avec l’aviation israélienne qui conduiront à la dramatique affaire de la destruction en vol d’un appareil de renseignement russe, le chef du Kremlin se montre toujours plus conciliant envers le criminel Netanyahou même si, pour la forme, il fait déployer en Syrie un ou plusieurs systèmes anti-aérien(s) S-300. Vladimir doit certainement considérer comme citoyens russes les juifs de l’ex-URSS ayant décidé de rejoindre l’Eretz et entend visiblement les protéger. En tout cas davantage que ses propres alliés. Depuis lors, les Israéliens ne vont pas cesser d’agresser les forces syriennes et surtout les éléments iraniens et ceux du Hezbollah, au prétexte d’empêcher, prétendent-ils, les armes iraniennes d’atteindre le Liban, n’hésitant pas à agresser au passage les éléments du Hezbollah irakien présents à la frontière syro-irakienne, autour des villes d’Abou Kamal (Syrie) et d’Al Qaim (Irak).

TRUMP ET NETANYAHU : 
DES HOMMES SANS PAROLE, SANS CŒUR ET SANS HONNEUR

Depuis 2022 et le lancement de sa sotte « opération spéciale de dénazification » en Ukraine, c’est la débandade russe partout dans le monde. Au Proche et au Moyen-Orient, cela se traduira par la décapitation du Hezbollah libanais par Washington entre l’été et le début de l’automne 2024, la chute du régime syrien le 8 décembre 2024, une première agression américaine de l’Iran sous faux drapeau à étoile de David lancée le 13 juin 2025 suivie d’une vraie agression spectacle des mêmes Américains destinée à sortir honorablement d’une affaire engagée cette fois un peu trop à la légère (2). En fin d’année 2025, les mêmes remettront le couvert en tentant une nouvelle révolution de couleur contre le régime iranien qui, finalement, échouera mais aura quand même coûté au peuple iranien la bagatelle de plusieurs milliers de tués. Après la saisie rocambolesque du président vénézuélien Nicolas Maduro au tout début de cette vilaine année 2026 (3), si l’Iran des mollahs venait désormais à tomber, on se demande ce qu’il resterait encore aux Russes comme positions et alliés dans ce monde ?
Après la tentative avortée de renverser la République islamique d’Iran, Trump maniait la carotte et le bâton, ce qui semble être son sport favori après le golf. La carotte d’un nouvel accord qui permettrait à l’Iran de commercer librement avec ses différents partenaires (la France en fut). Le bâton d’une méchante agression si le régime refusait les conditions imposées par Washington. En réalité par Jérusalem. Pour l’occasion l’axe Washington-Jérusalem avait eu recours aux bons offices de Badr Albusaidi, ministre des Affaires étrangères du sultanat d’Oman, qui se montrait confiant encore le vendredi 27 février, les Iraniens ayant témoigné d’une incroyable bonne volonté concernant le volet nucléaire. Las, le 28, après le début des frappes sur l’Iran, il se livrait sur X, dépité : « Je suis consterné. Une fois de plus, des négociations sérieuses et actives ont été compromises. Ni les intérêts des États-Unis ni la cause de la paix mondiale n’en bénéficient. Je prie pour les innocents qui souffriront. J’exhorte les États-Unis à ne pas s’enliser davantage. Ce n’est pas votre guerre. »
Chacun savait pourtant que, tout comme pour le conflit russo-ukrainien, les négociations ne pourraient aboutir. Quand on prétend dialoguer, qui plus est pour mettre fin à une guerre ou pour l’éviter, il faut que chacune des parties concernées daigne faire preuve d’un minimum de bonne volonté… Mais les judéo-protestants avaient-ils seulement l’intention de parvenir à un accord équilibré avec le régime des mollahs qu’ils avaient tenté d’abattre quelques semaines seulement auparavant ? Évidemment non. Raison pour laquelle ils exigeaient de Téhéran, outre le renoncement au nucléaire, qu’elle détruise sous contrôle l’intégralité de ses missiles — son unique véritable moyen de défense — et qu’elle cesse de soutenir les différents groupes de résistance chiites présents au Proche et au Moyen-Orient. Conditions évidemment inacceptables pour tout État souverain digne de ce nom. L’Iran ne pouvait s’attendre qu’à une agression infâme de la part d’individus sans parole ni cœur ni honneur, ce que sont Netanyahu et Trump. À moins que, toujours naïf et espérant réellement un accord, l’Iran n’ait voulu y croire jusqu’à la dernière minute tout en brandissant un certain nombre de menaces à travers une rhétorique guerrière.

UNE CRIMINELLE AGRESSION AMÉRICANO-SIONISTE 

Sans aucune déclaration de guerre ni même véritable ultimatum — une habitude désormais —, les Américains et les Israéliens ont frappé violemment la Perse dans l’euphorie des “pacifistes” judéo-centrés et judéo-serviles des plateaux de télé. Dès le 28 février, premier jour de l’opération cinétique américano-sioniste, TF1 jubilait, même s’il était fait état d’une riposte iranienne. Le 1er mars à midi, la chaîne annonçait fièrement la mort d’un vieillard. Cependant, le régime ne vacillait pas ; pire, il continuait de riposter tous azimuts, précisant que le pire restait à venir pour les agresseurs et leurs valets du Golfe Persique. Le JT de 20h00 n’avait déjà plus la même teneur. Alors ? Il est encore trop tôt pour dire ce que seront les jours à venir car les déclarations des deux camps restent conformes à leurs buts de guerre. L’Iran a reconnu la perte de son guide suprême ce dimanche matin mais le détroit d’Ormuz est bel et bien fermé à l’heure où nous écrivons ces lignes.

Magnus MARTEL.

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(1) La fiche de l’encyclopédie en ligne relative au sunnisme évoque entre 85 et 90 % de musulmans sunnites au sein de l’islam tandis que celle relative au chiisme parle de 15 à 20 % de chiites. On peut considérer le point moyen comme situé autour de 85 % de sunnites pour 15 % de chiites. Un troisième courant de l’islam, le kharidjisme étant pour sa part insignifiant.
(2) Cf. nos articles dans les numéros 3630, 3633, 3666 et 3667 de RIVAROL.
(3) Cf. notre article dans le numéro 3690 de RIVAROL. […].