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n°3704 du 15/4/2026 (Papier)

Editorial

Loi Yadan : l’antisionisme criminalisé ! 

DEPUIS LE 2 mars l’entité sioniste a tué plus de 2000 personnes au Liban, dont de nombreux enfants, et fait plus de 6000 blessés. Il y a quelques jours, en une dizaine de minutes, par des bombardements d’une intensité et d’une barbarie absolues, l’aviation israélienne a rasé des immeubles entiers, sans même donner au préalable un ordre d’évacuation, tuant plus de 300 personnes, blessant plus d’un millier de civils. Ce sont des familles entières qui sont ainsi décimées ou endeuillées. Lorsqu’on rentre de son travail, on a perdu son père, sa mère, son fils, sa fille, son frère, sa sœur. Sans aucune raison si ce n’est l’hybris israélienne, la folie de ses dirigeants qui, s’affirmant menacés, sèment partout la mort, la ruine et le chaos autour d’eux. En toute impunité. Ce sont eux les coupables, les criminels, les assassins. Et pourtant ce sont ceux-là que l’on veut protéger, immuniser. Grâce à des législations d’exception.
Au moment même où l’entité sioniste met à feu et à sang le Proche-Orient et menace l’économie mondiale par ses guerres d’agression menées de concert avec sa colonie états-unienne avec à sa tête le grotesque Trump, l’Assemblée nationale en France s’apprête à examiner, les 16 et 17 avril, une proposition de loi déposée et défendue par la Judéo-Sioniste Caroline Yadan visant à lutter contre « les formes renouvelées de l’antisémitisme » et qui a en réalité pour but d’empêcher toute critique de l’Etat d’Israël et de la politique génocidaire qu’il conduit. Si le texte est voté et promulgué, on ne pourra plus accuser l’entité sioniste de commettre un génocide à Gaza alors que ce massacre de masse est parfaitement documenté et reconnu même par l’ONU, la Cour pénale internationale et la Cour de justice internationale. Car, on le sait, ce sont les tables de la loi de la République judéo-maçonnique et du Nouvel ordre international né de Nuremberg, un Juif est forcément génocidé. Jamais génocidaire. Il est exterminé. Jamais exterminateur. Victime. Jamais bourreau. Innocent. Jamais coupable. En état de légitime défense. Jamais violant le droit, la morale, la justice. Honnête. Jamais menteur ni voleur. Ni violeur.

L’ARTICLE 3 de cette proposition de loi scélérate et liberticide stipule que « le fait de provoquer directement ou indirectement à la destruction ou à la négation d’un État, ou de faire publiquement l’apologie de sa destruction ou de sa négation, est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende ». On appréciera le choix de l’adverbe indirectement. Cela permettra de faire condamner pénalement tous ceux qui critiquent ou condamnent les crimes de masse perpétrés quotidiennement par l’entité sioniste. Qu’ils soient de droite ou de gauche radicale. C’est d’ailleurs déjà en grande partie le cas. Olivia Zémor, la présidente d’EuroPalestine, très marquée à gauche, a ainsi été scandaleusement condamnée le 26 mars par le tribunal correctionnel de Paris à deux ans de prison avec sursis, cinq ans d’inéligibilité, une amende très lourde, une inscription au fichier du terrorisme pour son soutien à la Palestine et à sa résistance armée face à l’occupation et à la colonisation israéliennes. Quelques jours auparavant, son mari, Nicolas Shashahani, avait été arrêté chez lui à six heures du matin et mis en garde à vue. De la même manière, on ne peut qu’être révolté par le traitement infligé à la militante pro-palestienne Rima Hassan, fût-elle à LFI, mise en garde à vue pour un simple soutien à la résistance palestinienne, et accusée mensongèrement d’avoir de la drogue dans ses affaires. C’est d’ailleurs pendant sa garde à vue que des policiers et des magistrats ont communiqué aux media ces informations d’ailleurs fausses, ce qui est à la fois une atteinte grave au secret de l’instruction et une volonté délibérée de salir une militante anti-israélienne. 
A RIVAROL nous avons toujours dénoncé l’arbitraire et les injustices, quelles qu’en soient les victimes. Même si on ne peut espérer une même grandeur d’âme de la part de la gauche, qui est fondamentalement sectaire, ce n’est pas une raison pour ne pas dénoncer les iniquités. C’est ainsi qu’après 1968 notre journal avait condamné les interdictions arbitraires de périodiques gauchistes prises par le régime gaulliste au nom de la liberté de l’esprit, même si nous n’avions bien sûr quasiment rien en commun avec ces publications.  La liberté en effet ne se divise pas et même si philosophiquement on ne peut bien sûr mettre sur le même plan la vérité et l’erreur, les libertés sont à ce point assassinées aujourd’hui qu’il faut dénoncer publiquement toutes les formes d’injustice et de tyrannie. D’où qu’elles viennent et qu’elles qu’en soient les victimes. De plus, quand on est dans l’opposition à un régime, il est particulièrement malvenu et imprudent d’encourager à la censure ou à la dissolution de groupements ou de périodiques. Pierre Sidos, le président de l’Œuvre française, rappelait toujours que les partisans de l’Algérie française qui avaient voté des mesures de répression contre le FLN se sont vu appliquer, quelques années plus tard, les mêmes peines par le pouvoir gaullien. Il en tirait la conclusion que, dans l’opposition, il ne faut jamais défendre ni voter des mesures de répression que l’on peut à tout moment vous appliquer. C’est du simple bon sens.

NON SEULEMENT la proposition de loi Ydan sacralise l’entité sioniste mais elle entend étendre le délit de contestation de la Shoah et celui d’apologie de terrorisme. Comme si l’arsenal répressif dans ce domaine n’était pas déjà des plus implacables. Le lobby juif va toujours plus loin dans la tyrannie. Il est sans limites. C’est d’ailleurs ce qui le caractérise fondamentalement. Il va toujours trop loin. Les grands prêtres allaient jusqu’à insulter le Christ en Croix nous rapportent les Evangiles. Il ne leur suffisait pas qu’il fût flagellé, condamné à mort et crucifié, il fallait encore se moquer de lui méchamment au Golgotha tandis qu’il était ensanglanté. Ils l’agonissaient d’injures pendant qu’Il agonisait. Voilà le degré de moralité et d’humanité de ces gens-là. Il n’est donc pas étonnant de les voir faire ce qu’ils font à Gaza, au Liban, en Iran. Partout où ils passent, la justice, la vérité et l’honneur trépassent.
On est toujours dans l’inversion accusatoire : ce sont eux qui commettent des horreurs et ce sont ceux qui les dénoncent qui sont condamnés, pointés du doigt, pénalement sanctionnés. C’est la coterie juive qui a voulu cette loi Yadan, comme elle a voulu la loi Gayssot. C’est d’ailleurs lors du quarantième dîner du CRIF, en février, que le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est engagé à « inscrire à l’ordre du jour du Parlement dès ce mois d’avril la proposition de loi portée par Caroline Yadan ». Ce qui est pratique avec le dîner du CRIF, c’est que cela nous permet chaque année de savoir à l’avance à quelle sauce casher nous allons être mangés !
MAIS IL Y A toutefois une différence de taille entre ce qui s’est passé au moment du vote de la loi Gayssot en 1990 et ce qui a lieu trente-six ans plus tard. A l’époque la gauche (PS, PCF et radicaux) avait voté comme un seul homme au Parlement la loi Rocard-Fabius-Gayssot. Mais la droite RPR-UDF avait unanimement voté contre, même si elle n’avait pas osé saisir le Conseil constitutionnel à l’époque en pleine affaire Carpentras. Qu’elle vote contre la loi Gayssot serait impensable aujourd’hui, ce qui prouve à quel point les choses se sont aggravées en l’espace de quelques décennies seulement. A l’époque, la courageuse Marie-France Stirbois, qui était alors le seul député du Front national élu au scrutin majoritaire à deux tours, à Dreux, avait défendu plusieurs heures durant au Palais-Bourbon une exception d’irrecevabilité contre cette proposition de loi Gayssot sous les injures et les quolibets des rangs de la gauche la traitant d’« Eva Braun », ce qui n’est nullement une insulte à nos yeux, bien au contraire ! 
Aujourd’hui, preuve que la “droite” et « l’extrême droite » sont devenues totalement cashères, le Rassemblement national de Jordan Bardella et de Marine Le Pen, l’Union des Droites pour la République d’Eric Ciotti et les Républicains de Retailleau et de Wauquiez ont déjà fait savoir qu’ils voteraient en faveur de la proposition de loi Yadan, ce qui est une parfaite ignominie. A l’inverse, la gauche est massivement contre, à l’exception de quelques personnalités comme François Hollande ou Bernard Cazeneuve. Quant aux macronistes qui feront la différence sur ce vote, ils sont divisés. Attal est pour mais le Modem de Bayrou a demandé le report du débat et du vote sur cette proposition de loi contre laquelle se sont mobilisées sous forme de pétition plus de 660 000 personnes qui refusent que l’antisionisme soit assimilé à de l’antisémitisme. C’est en effet scandaleux mais ni plus ni moins que le fait de mettre un signe égal entre révisionnisme historique et antisémitisme. Les chercheurs qui n’adhèrent pas à la thèse officielle sur la Shoah ne le font pas par antisémitisme mais par rigueur scientifique et honnêteté intellectuelle. C’est parce qu’ils ont la certitude, du fait de leurs travaux, de leurs études, de leurs enquêtes, qu’on nous raconte des bobards sur le sujet qu’ils sont révisionnistes. Et non parce qu’ils seraient antisémites. Mais c’est tellement plus facile de disqualifier un contradicteur en l’accusant de crime de haine que d’essayer de répondre sur le terrain de l’intellect, de l’histoire, de la controverse intellectuelle, des arguments rationnels. De même il est plus facile d’interdire toute critique du sionisme en l’assimilant là aussi, là encore, à de la haine que de répondre aux accusations parfaitement fondées et documentées sur les crimes israéliens, sur l’imposture du sionisme, sur l’illégitimité radicale de l’Etat d’Israël fondé sur un triple mensonge, une triple imposture : celle de la Shoah, celle du sionisme qui postule mensongèrement d’accorder une terre sans peuple à un peuple sans terre, ce qui est une façon de nier l’existence du peuple palestinien — il est là le vrai négationnisme, et nullement ailleurs ! — et celle consistant à refuser de reconnaître la Divinité du Christ.

LE PLUS TRISTE dans tout cela, c’est que le Front national qui s’opposait naguère farouchement à la loi Gayssot, comme à la loi Pleven, est devenu aujourd’hui, en s’appelant Rassemblement national, sous la direction de Marine Le Pen et de ses sbires, un servile exécutant, un misérable laquais des ordres du CRIF et de la LICRA pour laquelle a d’ailleurs travaillé Caroline Yadan. Laquelle a succédé comme député à un autre Likoudnik Meyer Habib qui, on s’en souvient, a embrassé le juvénile Bardella lors d’une cérémonie en « hommage aux victimes du 7 octobre 2023. » Naturellement il n’y a jamais eu de cérémonie identique pour les victimes palestiniennes, libanaises, iraniennes ou syriennes tuées par Tsahal !
Ce que Marine Le Pen appelle depuis 2002 la politique de dédiabolisation, c’est en réalité la politique du diable, celle de se soumettre entièrement à la synagogue, à la coterie juive, à l’entité sioniste. Cela s’appelle purement et simplement une trahison. Ou alors les mots n’ont plus de sens. Et cette trahison est lourde de conséquences.

RIVAROL,<jeromebourbon@yahoo.fr>.

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Billet hebdomadaire

La guerre de “Quarante jours”

Le vent du boulet vient d’effleurer nos visages. Nous venons en effet au cours de la nuit européenne du 7 au 8 avril 2026 de traverser une crise similaire à celle des missiles soviétiques installés à Cuba, crise [du 16 au 28 octobre 1962] résolue par le retrait parallèle des engins de mort communistes et des missiles américains à portée intermédiaire prépositionnés en Turquie, et ce que l’histoire présente comme une victoire du président Kennedy fut en fait le résultat d’un compromis. Or la tentation de recourir à l’arme atomique a certainement été très forte pour briser, par exemple, le centre de recherche nucléaire de la « Montagne de la Pioche » ou tout autre site pouvant abriter les réserves iraniennes de missiles vengeurs… Peu avant cette mortelle éventualité, D. Trump avait escompté réaliser un coup d’éclat analogue à l’enlèvement du président Maduro à Caracas le 3 janvier dernier, pour cela avait été prévue une opération commando destinée à récupérer les 420 kg de matériaux fissiles enrichis à 60 % escamotés avant les bombardements massifs des sites d’enrichissement de Fordow, Natanz et Ispahan, les 19-20/21 juin 2025 par les bombardiers furtifs stratégiques B-2. Frappes qui sonnèrent la fin d’une meurtrière première mi-temps, celle de la guerre des Douze Jours, et permirent à l’occasion d’un cessez-le-feu de huit mois, de reconstituer les moyens israéliens de défense anti-aérienne et de lancer finalement le 28 février une nouvelle attaque contre la République islamique. Alors que des négociations étaient en cours à Oman ! Assistera-t-on à la répétition d’un même scénario après que le vice-président américain Vance eut fait part le 12 avril de l’échec des négociations avec l’Iran à Islamabad, ? Il fallait faire retomber la température des marchés pétroliers et rassurer les bourses, mais D. Trump serait-il prêt à relancer les bombardements ? Certains l’espèrent, l’appellent ardemment de leurs vœux, à Tel-Aviv notamment, les autres partout ailleurs le craignent !

FIASCO STRATÉGIQUE À ISPAHAN

Las, en ce mitan du mois d’avril, l’opération prometteuse visant le site d’entreposage supposé de matière fissile [l’Arlésienne de l’uranium enrichi à 60 %] proche de la centrale d’Ispahan, aurait finalement abouti à une retentissante débandade des forces spéciales américaines vraisemblablement piégées par les Iraniens et contraintes de détruire au sol une partie de leur flotte d’assaut. Autrement dit en une défaite militaire et symbolique particulièrement humiliante ! Et c’est à l’heure actuelle l’hypothèse la plus satisfaisante par sa congruence avec les faits établis. Ce qui aurait conduit les autorités américaines à maquiller ce regrettable fiasco en opération de sauvetage de l’officier de tir d’un chasseur F15 abattu deux jours plus tôt, le 3 avril. Un colonel [poste généralement occupé par un gradé de moindre rang, lieutenant ou capitaine !] qui, quoique sévèrement blessé à la cheville, serait parvenu à parcourir deux kilomètres et à gravir un escarpement rocheux à une altitude de 2100 m dans la froidure glaciale des monts Zagros ! Sans décortiquer les incohérences du récit — lesquelles sautent aux yeux —, comment ne pas remonter le temps jusqu’à l’Opération Serres d’Aigle le 24 avril 1980, lancée afin de libérer les 53 otages de l’ambassade des États-Unis, qui fit huit morts… Échec retentissant qui coûta sa réélection au Démocrate Jimmy Carter ? L’un des avions avait percuté un hélicoptère, des appareils dont on avait retiré les filtres à poussières pour les alléger, une tempête de sable inopinée, des Américains déconfits. 
Ici, pour le sauvetage d’un unique personnel, ont été mobilisés une quarantaine d’appareils : 4 hélicoptère lourds Chinook pour le transport des forces spéciales ; 2 transports lourds de soutien logistique Little Bird ; 6 transports rapides de commandos de reconnaissance Black Hawk [voir le film de Ridley Scott, La chute du faucon noir, 2001] ; 4 F-15E Strike Eagle de soutien ; 8 F-22 Raptor pour la couverture aérienne ; et 6 EA-18G Growler de supériorité aérienne ; 4 KC-135 et KC-46 de guerre électronique [brouillage radar] ; n ravitailleurs en vol E-3 Sentry et 2 AWACS pour la coordination aérienne ! Tout cela pour récupérer un seul officier ? Avec au sol, officiellement, de 40 à 45 hommes des forces spéciales et pour résultat, des “pertes confirmées” : un aéronef de transport hybride à rotors basculants MV-22 Osprey abattu par un missile sol-air iranien et trois membres d’équipages tués [valeur 75/80 millions de dollars] ; deux hélicoptères MH-6 Little Bird détruits au sol ; un MH-60 Black Hawk gravement endommagé ; un chasseur F-15E idem ; deux drones MQ-9 Reaper au prix unitaire allant de 32 à 38 millions de dollars… Des pertes matérielles allant au final de 180 à 220 millions de dollars ! Un coût exorbitant pour un simple “sauvetage”. Plus sûrement un échec spectaculaire transformé en succès grandiose, hollywoodien, par l’œil magique des caméras et le verbe grandiloquent du président Trump ! Quant aux pertes humaines de 5 morts et 14 blessés — moins que les huit cadavres d’Eagle Claw —, cela paraît bien difficiles à croire ! 

DÉBÂCLE CARACTÉRIELLE

Revenons à la semaine précédant cette “victoire” tonitruante. À partir du samedi 21 mars 2026, le programme nucléaire iranien, cause première du conflit, passe au second plan derrière la question du passage d’Ormuz dans le discours du président américain dont l’agressivité va crescendo, menaçant de frapper les centrales électriques et les ponts — ce qui constitue autant de crimes de guerre labelisés — si l’Iran ne rouvre pas immédiatement et totalement le détroit… La presse, toujours impartiale, ne parle plus de l’impressionnante volonté de résistance de l’Iran mais de sa « capacité de nuisance », transformant par manipulation sémantique l’agressé en agresseur ! « Mardi sera le jour des centrales électriques et des ponts en Iran. Ça n’aura jamais été vu ! Ouvrez ce putain de détroit [fuckin’ Strait], bande imbécile de bâtards [crazy bastards], ou vous vivrez en Enfer ». Suivi le 30 mars 2026 par la menace d’“oblitérer” les infrastructures vitales du pays : « Si le détroit d’Ormuz n’est pas immédiatement “ouvert aux affaires”, nous conclurons notre agréable séjour en Iran en faisant exploser et en oblitérant complètement toutes leurs centrales électriques, leurs puits de pétrole et l’île de Kharg… et peut-être toutes les usines de dessalement ! ». Un cran plus loin, le 5 avril, après le grave échec du raid [éventuel] sur le dépôt d’uranium d’Ispahan, D. Trump annonce vouloir anéantir toute une civilisation : « Une civilisation entière mourra ce soir, et ne sera jamais restaurée. Je ne veux pas que cela arrive, mais cela arrivera probablement ». Le 7 avril : « Si nécessaire nous bombarderons l’Iran jusqu’à [le renvoyer à] l’âge de pierre »  Le recours à une telle rhétorique apocalyptique — « a whole civilization will die » — montre le degré de désarroi psychique atteint par l’homme « le plus puissant de la planète » et sa totale incompréhension de la psyché civilisationnelle iranienne. Victime de la conception universaliste-démocratique de l’Homme, M. Trump est sans doute persuadé que les ressorts et mécanismes mentaux de ses interlocuteurs sont calqués sur ceux des promoteurs immobiliers de Brooklyn. Que le bluff et la négociation à l’estomac, ou encore le vice appris à l’école du crime de son mentor Roy Cohn [qui procureur, et quoiqu’israélite, fit condamner à la peine de mort en 1951 Ethel et Julius Rosenberg pour espionnage au profit de l’Union soviétique… plus tard il sera l’un des avocats de la mafia new-yorkaise], sont des vade-mecum, les passe-partout de la diplomatie à l’emporte-pièce sous la menace d’un usage immodéré de la force brute !
Exaspéré par la faillite de ses espoirs de conquête sans coup férir, le 2 avril, Trump limoge Pam Bondi, son ministre de la Justice [Attorney General] au motif d’une gestion désastreuse du dossier Epstein — seuls 3,5 millions de documents ont été rendus publics après avoir été expurgés et caviardés, soit seulement 2 % du total ! — et dans la foulée, le 3 avril, il reçoit la démission collective de trente et un officiers de haut-grade [commandants de corps d’armée] dont le chef d’état-major des forces terrestres, le général Randy A. George, après publication d’une déclaration commune : « Nous ne pouvons plus, en conscience, continuer à servir sous une administration qui mène une guerre inutile, coûteuse en vies humaines [il faut supposer que les chiffres restent cachés], et qui ne sert pas les intérêts vitaux des États-Unis. Nous refusons d’être complices d’une escalade qui risque de mener à un conflit plus large et potentiellement incontrôlable ». Jugeant également « chaotique et impulsive » la gestion du conflit contre l’Iran et “excessive” l’influence exercée par Israël sur les décisions stratégiques américaines. 
Communiqué et prise de position qui faisaient écho à la démission le 17 mars de Joe Kent, ancien béret vert et chef du contre-terrorisme que D. Trump — lequel ignore tout de la chose militaire — a qualifié de couard [coward] ! Acte de courage moral et politique assorti d’une lettre ouverte très explicite : « Président Trump, après mûre réflexion, j’ai décidé de démissionner de mon poste de Directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, avec effet immédiat. Je ne peux, en toute conscience, soutenir la guerre qui se déroule actuellement en Iran. L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain. Jusqu’en juin 2025, vous compreniez que les guerres au Moyen-Orient étaient un piège qui volait les vies précieuses de nos patriotes et épuisait la richesse et la prospérité de notre nation ». Guerre inutile et « erreur stratégique grave », exhortant la Maison-Blanche « à faire marche arrière pendant qu’il en est encore temps ». 
Même réaction de la présidence via Truth Social à propos des démissionnaires du 3 avril : des « lâches », des « traîtres », de « l’État profond [deep state] en uniforme ». Peter Hegseth, ministre de la Guerre — en fait lui-même sur la sellette et sans doute en sursis parce que rendu responsable du désastre d’Ispahan — faisait de la surenchère en parlant d’« acte de rébellion ». Et puis ce fut au tour des Européens, de la France en particulier de se faire accabler de reproches… Et l’Otan en la personne de son Secrétaire général Mark Rutte, vertement admonesté le 8 avril dans le salon ovale par D. Trump lui reprochant avec amertume l’absence de l’Organisation atlantique sur le front iranien et son déficit de collaboration pour la réouverture d’Ormuz. Détroit dont la circulation n’eût jamais été interrompue si M. Trump s’était abstenu de jouer le piteux rôle sanglant [de 3 000 à 3 700 morts dont 45 à 50 % de civils à la signature du cessez-le-feu] de shérif planétaire. Spécialement à propos de la question d’Ormuz, déclencheur en cascade d’une extravagante augmentation du prix des hydrocarbures à la pompe et d’une inquiétude croissante des marchés, M. Trump à ce sujet bien mal venu de se plaindre, le Congrès n’ayant pas ratifié les conventions internationales sur la circulation maritime [UNCLOS1982] ! Washington considère en effet que le droit de la mer, notamment le transit par les détroits, relève du droit international coutumier et de ce point de vue n’est pas un objet à débattre. L’Iran pour sa part a signé le texte de l’UNCLOS en décembre 1982, mais sans jamais le ratifier, affirmant et réaffirmant périodiquement son droit de contrôle voire de fermeture temporaire du détroit en cas de menace contre sa sécurité.

PROCÈS D’INTENTION DÈS L’ORIGINE

Dès 2025 Tulsi Gabbard, directrice nationale du Renseignement supervisant les dix-huit Services fédéraux de renseignement, affirmait que l’Iran n’avait aucun projet atomique d’ordre militaire… Mais D. Trump a préféré écouter le chant méphitique des sirènes de Tel-Aviv lui assurant qu’après la frappe (dite) de décapitation du 28 février et la mort du Guide suprême, à la suite des émeutes subversives des 8 et 9 janvier précédents, interviendrait automatiquement un changement de régime [terme dont on ne sait ce qu’il désigne : la théocratie parlementaire iranienne remplacée par qui, par quoi ?]. Il n’en a rien été, au contraire l’équipe dirigeante qui a pris le relais s’est montré aussitôt plus dure et plus intransigeante que la précédente. En juin 2025, au bout de la Guerre des Douze Jours, le Guide Suprême, grand vieillard de quatre-vingt-six ans, avait accepté — alors que les assaillants israélo-américains commençaient à être à bout de souffle et que leurs arsenaux se vidaient à un rythme inquiétant [épuisement des intercepteurs anti-aériens] — un imprudent ou trop confiant cessez-le-feu. Mal lui en prit, la guerre repartit de plus belle sept mois plus tard ! 
Or les bons amis de l’État hébreu, à Tel-Aviv comme à Washington, ne pouvaient ignorer les ressources accumulées par l’Iran en vecteurs stratégiques ni les leçons tirées des événements de juin 2025, mais se refusant à affronter seuls la République islamique d’Iran, ils voulaient à toute force que l’Amérique fît le gros du travail, qu’elle encaissât les coups, qu’elle endossât la responsabilité d’une agression aussi infondée que meurtrière et intrinsèquement illégale. La presse impute régulièrement à Washington la perfide frappe israélienne du 28 février [pur assassinat], et à ce titre s’associe sans vergogne à une guerre terroriste, faisant et laissant prospérer les pires mensonges sur le même modèle que celui de le fiole réputée en 2003 contenir de l’anthrax et agitée par Colin Powell devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies, épisode honteux qui n’a apparemment pas vacciné les médias contre ce genre de manipulation, pourtant déjà bien éventée à l’époque ! En fait la gens médiatique n’est pas dupe, elle est complaisante et complice… Elle se prostitue plus souvent qu’à son tour aux pouvoirs des vents dominants ! […]

Léon CAMUS.