DANS UN AN JOUR POUR JOUR au plus tard, le 13 mai 2027, prendra fin le second mandat présidentiel d’Emmanuel Macron qui, sauf énorme surprise d’ici là, sera donc resté dix ans à l’Elysée. Malgré le mouvement des gilets jaunes. Malgré une impopularité abyssale. Malgré des déficits publics abyssaux. Malgré une dette qui a augmenté de plus de 1 000 milliards d’euros sous sa présidence. Ce qui est un comble pour celui que ses admirateurs appelaient « le Mozart de la finance ». Malgré des scandales en tous genres.
Mais au-delà même de son bilan accablant dans tous les domaines, ce qui caractérise peut-être le plus l’ère Macron, c’est l’accroissement de la censure, l’atteinte chaque jour grandissante aux libertés les plus fondamentales et les plus élémentaires. C’est sous son règne que fut décidé en Conseil des ministres le plus grand nombre de dissolutions de mouvements et d’associations sous la Cinquième République. Une cinquantaine d’organisations ont ainsi été dissoutes depuis 2017, un record absolu depuis 1936 et la loi du 10 janvier 1936 sur la dissolution des Ligues. Naguère il fallait généralement que des actes de violences, d’atteinte grave aux biens ou aux personnes, aient été commis pour qu’un groupement fût dissous. Ce n’est plus le cas désormais et il suffit qu’un mouvement soit considéré comme attentatoire par son existence aux valeurs de la République (presque jamais définies) ou causant un trouble immatériel (sic !) à l’ordre public pour que sa dissolution soit envisagée et bien souvent prononcée.
ET LE DROIT DE RÉUNION et de manifestation est lui-même de plus en plus entravé voire piétiné comme l’a encore illustré l’interdiction du défilé le samedi 9 mai en hommage au jeune nationaliste Sébastien Deyzieu mort en mai 1994 pour avoir voulu participer à une manifestation, déjà interdite, contre l’impérialisme américain — un sujet qui depuis n’a pas pris une ride à en juger par l’actualité — et qui est tombé du toit d’un immeuble alors qu’il était pourchassé par la police de Pasqua. Non seulement le rassemblement pacifique organisé par le Comité du 9 mai qui n’avait jamais donné lieu jusque-là au moindre débordement a été interdit dès le 5 mai par la préfecture de police de Paris mais cette interdiction, contrairement à ce qui avait eu lieu en 2024 et 2025, a été confirmée par la justice administrative le 8 mai, le tribunal administratif de Paris d’abord, puis le Conseil d’Etat statuant en urgence.
Ces décisions sont d’une extrême gravité car elles créent un précédent redoutable. Selon toute vraisemblance désormais il ne sera plus possible d’organiser une manifestation en mémoire de Sébastien Deyzieu. Non plus que pour Quentin Deranque. On arguera en effet de risques de troubles à l’ordre public et de la présence supposée de gestes ou d’insignes nazis (sic !) pour interdire, de manière préventive, absolue et systématique, toute manifestation. De même que sont à chaque fois interdits désormais les spectacles de Dieudonné, tant à Paris qu’en province, quand bien même ils sont organisés dans un lieu privé, chez un particulier. Et contrairement à ce qui s’est produit jusqu’en juin 2025, désormais la justice administrative valide systématiquement les interdictions préfectorales de ces spectacles qui n’ont jamais donné lieu au moindre incident. Contrairement à ce qui s’est encore passé dans la capitale après la victoire mercredi dernier du PSG en demi-finale de la Ligue des champions contre le Bayern de Munich. Et qui risque de se reproduire après la finale le samedi 30 mai contre le club britannique d’Arsenal. Là les pillages, les destructions, les incendies sont multiples. Des passants sont blessés. Des véhicules incendiés. Du mobilier urbain détruit. Des magasins vandalisés. Mais là on n’interdit rien. On se contente de déplorer. Et on minimise. On contextualise. Il faut bien que jeunesse (et surtout la jeunesse des cités) se passe !
ON NE S’EN REND pas suffisamment compte mais lorsqu’une liberté recule, lorsqu’un droit est nié, il est très difficile de reconquérir cette liberté, ce droit, ainsi que l’atteste l’expérience. Et c’est pourquoi il est permis d’être très inquiet pour les mois et les années à venir. Et la campagne présidentielle qui commence, et où les différents candidats seront certainement conduits à donner des gages à un certain nombre de puissants lobbies pourrait voir un renforcement de la censure et de mesures liberticides. N’oublions pas que c’est dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle d’avril 2022 que fut publiée par Le Monde, en date du 7 mars, cinq semaines à peine avant le scrutin, une tribune de trente-quatre personnalités, dont les époux Klarsfeld, le président de la LICRA et de Sos Racisme, pour exiger de la présidente de la CPPAP (Commission paritaire des publications et agences de presse) toutes affaires cessantes l’éjection de RIVAROL de ses registres. Ce qui fut fait aussitôt : dès le 29 mars de la même année, nous recevions en effet une lettre recommandée avec AR de la présidente de la CPPAP nous informant qu’un réexamen du certificat attribué à notre publication allait avoir lieu incessamment alors même que la validité de notre immatriculation à la commission paritaire allait jusqu’au 28 février 2023 et dès le mercredi 4 mai la CPPAP nous retirait en effet son agrément. Alors même, le cachet de la Poste en fait foi, qu’elle n’avait pas encore reçu à ce jour les sept derniers exemplaires papier de RIVAROL qu’elle nous avait demandés et qu’elle reçut le lendemain matin, le jeudi 5 mai ! Autrement dit la commission a pris sa décision, imposée d’en haut, sur ordre, sans même prendre connaissance des exemplaires de RIVAROL. C’est énorme ! Pour justifier après coup sa décision et lui donner un semblant de sérieux et de légalité, elle nous enverra le 20 mai, quinze jours plus tard, une nouvelle lettre recommandée sélectionnant les passages jugés inacceptables de ces sept derniers exemplaires qu’elle a donc examinés après avoir rendu sa décision d’expulsion. C’est inouï. Mais pourquoi s’encombrer de légalité, de respect scrupuleux des formes et des procédures lorsqu’il s’agit de nuire à des opposants politiques et d’obéir servilement à d’influentes coteries ? Ajoutons que nous avions en amont très courtoisement sollicité un entretien préalable auprès de la présidente de la commission paritaire, ou à défaut auprès de l’un de ses adjoints ou collaborateurs, et que notre demande est restée lettre morte. Pour seule réponse nous avons eu un courrier recommandé nous informant de notre expulsion à la va-vite et définitive de ses registres. Nous en avons d’ailleurs été informés après Conspiracy Watch du communautaire Rudy Reichstadt, impliqué jusqu’au cou dans le scandale politico-financier du Fonds Marianne, et qui fut manifestement le premier à connaître la décision de la CPPAP et à s’en féliciter bruyamment sur les réseaux sociaux.
Comme nous le disions, lorsqu’une injustice est commise, lorsqu’une liberté recule, il est très difficile de faire valoir ses droits. Et c’est ainsi qu’à ce jour nous avons perdu tous les recours que nous avons intentés depuis le 13 juin 2022 pour faire suspendre d’abord, annuler ensuite, cette décision scélérate de la commission paritaire. Nous avons successivement perdu en référé devant le tribunal administratif le 5 juillet 2022, puis devant le Conseil d’Etat le 20 décembre de la même année — la plus haute juridiction administrative refusant même d’examiner notre requête car la jugeant dépourvue de tout sérieux mais sans nullement le démontrer ! —, puis au fond devant le tribunal administratif de Paris le 22 mars 2024, enfin devant la cour administrative d’appel de Paris le 21 novembre 2025. Et nous attendons dans les semaines ou les mois qui viennent la décision finale du Conseil d’Etat auprès duquel nous avons formé un pourvoi le 21 janvier 2026 mais sans grande illusion là non plus. S’il nous donne tort, nous n’aurons alors plus aucun recours en France. Resterait éventuellement comme ultime possibilité une saisine de la Cour européenne des droits de l’homme mais là encore les espoirs semblent bien minces. Pour rejeter à chaque fois nos recours pourtant juridiquement motivés, les différentes juridictions disent en quelques lignes seulement que notre publication est antisémite et négationniste et qu’à ce titre le ministère de la Culture dont dépend la CPPAP a agi de manière tout à fait juste, légale et proportionnée. On le voit, le sacro-saint principe de la liberté de la presse est à géométrie variable. Quand il s’agit de Charlie et de ses dessins odieusement blasphématoires et scatologiques, là la liberté de salir et de souiller ne connaît aucune limite. Là la haine peut se déverser en toute impunité. En revanche, quand il s’agit de RIVAROL, il faut sévir et punir, châtier et réprimander toujours davantage, asphyxier financièrement, assassiner économiquement, pourchasser pénalement.
LES LIBERTÉS sont chaque jour plus menacées. En témoigne la proposition de loi de Bruno Retailleau votée par le Sénat le 5 mai 2026 avec 208 voix pour et 124 contre et visant officiellement à lutter contre « l’entrisme islamiste en France ». Ces dispositions liberticides peuvent s’appliquer à n’importe quelle association jugée attentatoire aux valeurs de la République. Cette proposition de loi prévoit en effet de créer un nouveau « délit consistant à contester ou appeler à contester l’application de la loi » (mais n’est-pas ce que font les révisionnistes avec la loi Gayssot ou les catholiques avec les lois Veil et Taubira ?), un nouveau « motif de dissolution des associations qui se prévalent ou encouragent à se prévaloir de ses opinions, y compris religieuses, pour ne pas respecter la loi » (les établissements confessionnels hors contrat qui refusent d’enseigner la théorie du genre et de promouvoir l’idéologie LGBT vont-ils risquer d’être dissous ?), « la possibilité de geler administrativement les fonds et ressources économiques des entités dont les agissements correspondent aux motifs de dissolution prévus par la loi » (mais les mouvements et publications dits d’extrême droite ou d’ultra-droite ne tomberont-ils pas sous le coup de cette disposition liberticide ?)
On le voit, les politiciens vont toujours plus loin dans la répression voire dans l’oppression. Et c’est tout un symbole que ce soit M. Retailleau que l’on présente pourtant comme catholique conservateur et très droitier qui se trouve à l’origine de cette proposition de loi. Peut-être pense-t-il ne viser que les islamistes mais à l’arrivée cela visera d’abord et avant tout nos milieux, notre mouvance. Comme toujours. De même que l’assassinat de Samuel Paty par un islamiste a conduit à l’interdiction quasiment totale de l’école à la maison comme s’il y avait le moindre lien entre les deux. Mais si la droite et la gauche du Système savent sévir contre les nationalistes et les catholiques, ils savent aussi se mettre d’accord pour diaboliser le Maréchal Pétain 75 ans après sa mort. Alors que le 8 mai on a pu entendre, semble-t-il par erreur (à moins qu’un esprit facétieux ou nostalgique soit à l’origine de cette initiative audacieuse, ce n’est pas impossible), pendant quelques minutes depuis les haut-parleurs du centre-ville de Carpentras, nouvelle mairie RN depuis mars dernier, le chant « Maréchal nous voilà ! », ce qui déclenche sur le plan politico-médiatique une nouvelle affaire Carpentras, en bien plus modeste cependant que la précédente il y a trente-six ans, tous les partis politiques, du RN — qui se dit victime de l’amateurisme d’une radio associative locale contre laquelle il va porter plainte bien qu’elle ait aussitôt présenté ses excuses ! — à la France insoumise, communient dans la même haine du maréchalisme. Mais au fond est-ce si étonnant de la part de ceux qui n’ont de cesse d’édifier une société sans Dieu, sans travail, sans famille et sans patrie ?
RIVAROL,<jeromebourbon@yahoo.fr>.
Les nombreuses guerres et invasions menées par Israël au Liban, jusqu’à aujourd’hui, sont autant de tentatives de concrétisation d’un projet d’expansion territoriale antérieur à la création de l’État d’Israël (1948) et du Foyer national juif (1920).
Le Liban est d’une importance centrale, car il a été un laboratoire d’une stratégie élaborée dans les années 1950 par David Ben Gourion (Premier ministre et fondateur de l’État d’Israël), avant d’être élargie à tous les pays du Proche-Orient et au-delà.
Le plan de Ben Gourion pour le Liban
La constante de la politique sioniste depuis la création du Foyer national juif est l’expansion territoriale. Le Liban a toujours fait partie des territoires convoités par les pères du sionisme.
En 1918, dans un livre coécrit en yiddish, David Ben Gourion inclut dans les frontières du futur État hébreu toute la Palestine, le sud du Liban jusqu’au fleuve Litani, une partie du sud de la Syrie, une grande partie de la Jordanie et la péninsule du Sinaï.
La stratégie visant à s’appuyer sur des chrétiens contre les musulmans du Liban pour provoquer une guerre civile et le morcellement du pays a été élaborée et mise sur papier par David Ben Gourion le 27 février 1954. Ben Gourion évoque la possibilité de déclencher une guerre civile au Liban, et ce vingt ans avant qu’elle n’éclate effectivement.
« Il faut mobiliser Eliahou Sasson [diplomate et ministre israélien] et tous nos arabisants. S’il y a besoin d’argent, il ne faut pas compter les dollars, même s’il se révèle que l’argent aura été dépensé à fonds perdus. Il faut se concentrer de toutes nos forces sur cet objectif. Pour cela, peut-être faut-il faire immédiatement venir Reouven Shiloah [premier directeur général du Mossad, de 1949 à 1952]. Manquer cette occasion historique ne serait pas pardonnable. Il n’y a de notre part aucune provocation à l’égard des Grands de ce monde. De toute manière, nous ne devons jamais agir “au nom” de quiconque. Et il faut, selon moi, agir rapidement, à toute vapeur.
Sans un rétrécissement des frontières du Liban, cela n’est bien entendu pas réalisable. Mais, si l’on trouve des gens et des éléments au
Les nombreuses guerres et invasions menées par Israël au Liban, jusqu’à aujourd’hui, sont autant de tentatives de concrétisation d’un projet d’expansion territoriale antérieur à la création de l’État d’Israël (1948) et du Foyer national juif (1920).
Le Liban est d’une importance centrale, car il a été un laboratoire d’une stratégie élaborée dans les années 1950 par David Ben Gourion (Premier ministre et fondateur de l’État d’Israël), avant d’être élargie à tous les pays du Proche-Orient et au-delà.
Le plan de Ben Gourion pour le Liban
La constante de la politique sioniste depuis la création du Foyer national juif est l’expansion territoriale. Le Liban a toujours fait partie des territoires convoités par les pères du sionisme.
En 1918, dans un livre coécrit en yiddish, David Ben Gourion inclut dans les frontières du futur État hébreu toute la Palestine, le sud du Liban jusqu’au fleuve Litani, une partie du sud de la Syrie, une grande partie de la Jordanie et la péninsule du Sinaï.
La stratégie visant à s’appuyer sur des chrétiens contre les musulmans du Liban pour provoquer une guerre civile et le morcellement du pays a été élaborée et mise sur papier par David Ben Gourion le 27 février 1954. Ben Gourion évoque la possibilité de déclencher une guerre civile au Liban, et ce vingt ans avant qu’elle n’éclate effectivement.
« Il faut mobiliser Eliahou Sasson [diplomate et ministre israélien] et tous nos arabisants. S’il y a besoin d’argent, il ne faut pas compter les dollars, même s’il se révèle que l’argent aura été dépensé à fonds perdus. Il faut se concentrer de toutes nos forces sur cet objectif. Pour cela, peut-être faut-il faire immédiatement venir Reouven Shiloah [premier directeur général du Mossad, de 1949 à 1952]. Manquer cette occasion historique ne serait pas pardonnable. Il n’y a de notre part aucune provocation à l’égard des Grands de ce monde. De toute manière, nous ne devons jamais agir “au nom” de quiconque. Et il faut, selon moi, agir rapidement, à toute vapeur.
Sans un rétrécissement des frontières du Liban, cela n’est bien entendu pas réalisable. Mais, si l’on trouve des gens et des éléments au Liban qui se mobilisent pour la création d’un État maronite, ils n’ont pas besoin de larges frontières ni d’une population musulmane importante, et ce n’est pas cela qui sera gênant.
Je ne sais pas si nous avons des gens au Liban, mais il y a toutes sortes de moyens pour réaliser la tentative que je propose. »
Stratégie appliquée à la lettre 24 ans plus tard, en 1978, quand Israël prend le contrôle du Sud-Liban, confié, lors de son départ, à l’armée du Sud-Liban, une milice existant depuis 1976, opposée à la présence palestinienne et composée de « Druzez, chiites et chrétiens équipés et financés par Israël. »
Terrorisme israélien et guerre civile au Liban
La guerre civile éclate au Liban en 1975, et se poursuit jusqu’en 1990.
Dans son livre Rise and Kill First : The Secret History of Israel’s Targeted Assassinations, traduit en français sous le titre Lève-toi et tue le premier (Grasset, février 2020), le chroniqueur militaire israélien Ronen Bergman a révélé que dans les années 1979-1982, le gouvernement israélien a créé au Liban une organisation qui a commis de très nombreux attentats terroristes.
Un agent du Mossad, cité dans l’ouvrage de Ronen Bergman, raconte : « Des choses terribles ont été faites avec le soutien de Sharon. J’ai soutenu et même participé à quelques-unes des opérations d’assassinats effectuées par Israël. Mais là nous parlons d’extermination de masse, juste pour tuer et pour semer le chaos et l’effroi chez les civils. Depuis quand envoyons-nous des ânes chargés de bombes dans des marchés pour qu’ils explosent ? »
Dans un article du New York Times paru le 23 janvier 2018, Ronen Bergman rapporte que de très hauts responsables israéliens menèrent une campagne à large échelle d’attentats à la voiture piégée qui tua des centaines de Palestiniens et de Libanais, civils pour la plupart.
Un des objectifs de cette opération secrète était de pousser l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) à recourir à des actes de “terrorisme” pour justifier une invasion israélienne du Liban. Ces informations, rapportées en détail dans le livre de Bergman, sont tirées de témoignages des responsables israéliens directement impliqués dans l’opération et d’autres qui en ont été informés.
En 1979, rapporte Ronen Bergman, le général Rafale Eitan, alors chef d’état-major, lança avec le général commandant de la région nord Avigdor Ben-Gal, la mise en place d’un groupe dont le rôle serait de mener des opérations terroristes en territoire libanais. Avec l’accord d’Eitan, Ben-Gal recruta le général Meir Dagan, « le plus grand expert en opérations spéciales » d’Israël (et futur chef du Mossad), et « tous les trois mirent en place le Front pour la libération du Liban des étrangers [FLLE] ».
Le général David Agmon, qui fait partie des responsables israéliens informés de l’opération, dévoile l’objectif : « Le but était de créer le chaos parmi les Palestiniens et les Syriens au Liban, sans laisser d’empreinte israélienne, pour leur donner l’impression qu’ils étaient constamment sous attaque et leur instiller un sentiment d’insécurité. »
Pour y parvenir, Eitan, Ben-Gal et Dagan « recrutèrent des locaux libanais, druzes, chrétiens et musulmans chiites, qui n’aimaient pas les Palestiniens et souhaitaient qu’ils quittent le Liban ». Entre 1979 et 1983, « le Front a tué des centaines de personnes. »
Bergman précise que l’opération utilisait surtout « des explosifs cachés dans des bidons d’huile ou des boîtes de conserve » fabriqués dans un atelier de tôlerie du kibboutz Mahanayim où résidait Ben-Gal. Ces « petits barils » passaient ensuite au Liban. Rapidement, poursuit l’auteur, des bombes ont commencé à exploser dans les maisons de collaborateurs de l’OLP au Sud-Liban, tuant toutes les personnes qui s’y trouvaient, ou dans les bureaux de l’OLP, à Tyr, à Sidon et dans les camps de réfugiés palestiniens alentour, causant des dommages et des victimes en masse.
Bergman relate ainsi les faits : « Dès la mi-septembre 1981, des voitures piégées explosaient régulièrement dans les quartiers palestiniens de Beyrouth et d’autres villes du Liban. »
L’auteur mentionne ensuite précisément des attentats à Beyrouth et à Sidon début octobre, et relève que « rien qu’en décembre 1981, dix-huit bombes dans des voitures ou sur des motos, des bicyclettes et des ânes explosèrent près des bureaux de l’OLP ou dans des lieux à forte concentration palestinienne, provoquant un grand nombre de morts ». Il ajoute qu’« une organisation inconnue s’appelant le Front pour la libération du Liban des étrangers (FLLE) revendiqua la responsabilité de tous ces incidents ».
Ariel Sharon, alors ministre de la Défense d’Israël, espérait que ces opérations pousseraient Yasser Arafat à attaquer Israël, lequel répondrait alors en envahissant le Liban et/ou inciteraient l’OLP à des représailles contre la Phalange, ce qui permettrait en définitive à Israël de se poser en défenseur et allié des chrétiens.
La guerre israélo-libanaise de 1982
En 1982, le ministre israélien de la Défense, Ariel Sharon, veut intervenir au Sud-Liban, officiellement pour diminuer les capacités opérationnelles de l’OLP, et le Premier ministre de l’État d’Israël Menahem Begin veut détruire l’OLP pour « amoindrir les revendications palestiniennes en Cisjordanie et à Gaza, qui vivent une recrudescence de protestations depuis mars [1982] ». […]
Jean TERRIEN.