A CE STADE ce n’est plus seulement de la répression, c’est de l’oppression. L’humoriste Dieudonné, qui a été deux ans sous bracelet électronique, de mai 2024 à mai 2026, et qui est aujourd’hui sous liberté conditionnelle avec interdiction de quitter le territoire national et obligation de pointer tous les mois au commissariat, était à nouveau poursuivi le mercredi 17 juin devant la XVIIe chambre du tribunal judiciaire de Paris pour, tenez-vous bien, apologie publique de terrorisme ! Le jugement sera rendu le 17 septembre. Le ministère public a requis contre lui un an de prison ferme, 20 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité — il est déjà inéligible actuellement en vertu d’anciennes condamnations, le Système ne souhaitant pas qu’il puisse concourir à la moindre élection ! — pour avoir posté une vidéo le 7 octobre 2024, un an jour pour jour après l’assaut du Hamas sur l’entité sioniste, où il souhaitait l’anniversaire de sa fille Plume qui fêtait ce jour-là ses quinze ans puisqu’elle est née un 7 octobre — comme d’ailleurs Vladimir Poutine ! —
Eh bien pour avoir parlé de « date merveilleuse, extraordinaire, féérique », Dieudonné qui a été condamné 34 fois définitivement par Thémis — votre serviteur en est, quant à lui, à 26 condamnations définitives, toutes en matière de presse ! — est accusé d’apologie de terrorisme. « Quel bonheur, quelle joie infinie ! Alors que les chaînes de propagande ont décidé de faire de ce 7 octobre un jour de tristesse, de malheur — à les écouter ce jour serait [celui] de toutes les horreurs. On nous bassine les oreilles avec les histoires de fin du monde, de guerre mondiale, de pogrom et je ne sais quoi encore [quand] pour moi cette date représente tout autre chose […] C’est un point de bascule, mais pas vers l’horreur, au contraire, c’est une date merveilleuse, extraordinaire, féerique. Cette date représente l’espoir face aux ténèbres puisque c’est ce jour qu’est née ma fille… » La présidente du tribunal lui demande pourquoi il n’a pas commencé sa vidéo par souhaiter bon anniversaire à sa fille. Il n’est manifestement plus possible dans notre pays de manier l’humour, et même l’humour noir, d’utiliser le second degré, de faire rire le public dès qu’on aborde des sujets non autorisés, dès que l’on fait du hors piste. Un Pierre Desproges, s’il était encore en vie, se retrouverait lui-même aujourd’hui devant le tribunal correctionnel, cela ne fait aucun doute. Comme l’a expliqué Dieudonné au tribunal, « je suis sans l’avoir voulu le révélateur chimique de la liberté d’expression dans notre pays ». Quand on traite de certains sujets, on ne peut plus rien dire. Sauf à ses risques et périls.
LORSQUE LE SYSTÈME répressif n’utilise pas l’arme de la guillotine judiciaire, il a recours à la persécution fiscale, l’une n’étant d’ailleurs pas exclusive de l’autre. C’est ainsi que l’administration fiscale réclame actuellement plus de 250 000 euros à Egalité et Réconciliation, l’association fondée (en 2007) et présidée par Alain Soral qui, après la Suisse, s’est exilé depuis le 26 février 2026 à Moscou où il attend toujours que les autorités russes lui accordent l’asile politique qu’il a sollicité et qui tarde jusque-là à se concrétiser. La direction régionale des finances publiques de Bourgogne–Franche-Comté et du département de la Côte-d’Or, le siège d’Egalité et Réconciliation se trouvant à Dijon, dans le cadre d’un contrôle fiscal dont il est difficile de ne pas s’interroger sur les motivations politiques, a ainsi procédé, selon les dépêches, « à une vérification de la comptabilité de l’association sur la période du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2020 ». Deux exercices comptables pour lesquels l’administration a estimé que « la gestion de l’association ne présentait pas un caractère désintéressé », ce qui l’a amené à procéder à « des rehaussements d’impôt sur les sociétés et à un rappel de taxe sur la valeur ajoutée au titre des exercices clos en 2019 et en 2020 ». Le 26 mai 2023, les impositions en litige sont mises en recouvrement pour un montant total de 250 525 euros, soit 198 583 euros au titre de l’impôt sur les sociétés et 51 942 euros au titre de la TVA. Egalité et Réconciliation a contesté, devant le tribunal administratif de Dijon, la procédure de recouvrement, et ce dernier, le 10 juin 2026, a rejeté son recours, rendant en principe la sentence exécutoire, même si les avocats de l’association vont tenter d’autres recours. L’arme de la persécution fiscale a également été abondamment utilisée contre Dieudonné, Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, ayant publiquement déclaré en 2014 que tout devait être utilisé contre l’humoriste, que tous les services de l’Etat devaient être mobilisés contre lui (police, gendarmerie) mais également la justice et l’administration fiscale. Un hélicoptère a même volé au-dessus de son domicile comme s’il était un dangereux terroriste !
On sait également que Jean-Marie Le Pen dut faire face à une multitude de contrôles fiscaux tout au long de sa vie politique, notamment concernant sa résidence de Montretout qui, soit dit en passant, est actuellement sur le point d’être vendue par ses trois filles — qui brûlaient depuis longtemps de se débarrasser de ce bien qu’elles n’aimaient pas, qui ne leur rappelait pas de bons souvenirs et qu’elles ont donc mis en vente dès que leur père a fermé les yeux le 7 janvier 2025 — à une famille de l’ouest parisien, le compromis de vente a été signé devant notaire et le déménagement a déjà commencé, c’est symboliquement la fin d’une épopée politique qui aura duré un demi-siècle, depuis que le Menhir avait hérité de ce manoir qui appartenait à Hubert Lambert décédé en septembre 1976. Cette belle demeure bourgeoise du XIXe siècle construite sous Napoléon III et destinée à son directeur de cabinet a longtemps été le siège officieux du Front national, là où le président du mouvement avait ses bureaux, consultait, recevait des personnalités, prenait des décisions. Combien de fois avons-nous nous-mêmes interviewé Jean-Marie Le Pen dans son bureau du premier étage où l’on disposait d’une vue imprenable sur la capitale et où il tint parfois des propos qui firent beaucoup de bruit, comme ceux sur une occupation allemande pas particulièrement inhumaine en 2005 et, dix ans plus tard, pour défendre le Maréchal Pétain et justifier ses considérations sur le “détail”.
CES LIBRES PROPOS sur l’occupation lui (et nous) valurent des poursuites et des condamnations judiciaires. Nous perdîmes en première instance, en appel et en cassation. Et le recours que le fondateur du Front national intenta par la suite devant la Cour européenne des droits de l’homme n’eut pas davantage de succès. Les choses n’ont guère changé depuis lors. Elles se sont même encore aggravées. En témoignent les nombreux procès auxquels nous allons devoir faire face cet été et à la rentrée après avoir déjà perdu il y a quatre ans notre immatriculation à la commission paritaire des publications et agences de presse et, dans la foulée, tous les avantages postaux et fiscaux qui l’accompagnaient ainsi que l’obligation qui était faite aux dépositaires de nous proposer à la vente. Ce mercredi 24 juin nous comparaissons devant la XVIIe chambre du tribunal judiciaire de Paris Porte de Clichy pour avoir publié, en 2024 et 2025, trois articles de Vincent Reynouard dans lesquels aurait été commis le délit de contestation de l’existence publique de crimes contre l’humanité. Nous sommes donc poursuivis, Vincent Reynouard en tant qu’auteur, votre serviteur en tant que directeur de la publication, pour avoir contrevenu à la scélérate loi Rocard-Fabius-Gayssot. Dès la rentrée, nous ferons face à d’autres procès, les habituelles associations mémorielles et les pouvoirs publics ayant manifestement décidé, malgré la modestie de notre diffusion, de nous étouffer et de nous asphyxier par tous les moyens. Mais nous avons bien l’intention de nous battre, de résister, de faire face. N’est-ce pas d’ailleurs le propre de la condition humaine de faire face ?
Si l’avenir ne s’annonce donc pas particulièrement gai, on ne peut a priori que se féliciter du protocole d’accord signé entre les Etats-Unis d’Amérique et la République islamique d’Iran. Cette guerre contre la Perse étant injuste et criminelle et aux répercussions absolument catastrophiques pour le monde entier, et singulièrement pour les entreprises et les ménages, pour toute l’économie, un accord de paix irait bien sûr dans le bon sens. Il faut donc souhaiter un apaisement et une désescalade durables. Mais il ne faut pas non plus être naïf : beaucoup de questions ne sont pas encore réglées et surtout on peut compter sur les Likoudniks, très puissants aussi en Occident dans le monde politique, dans les media et dans la finance, pour faire capoter à tout moment ce processus de paix tant ils ne connaissent que la destruction, la guerre à outrance et sans limite et le chaos généralisé.
RIVAROL,<jeromebourbon@yahoo.fr>.
La tension monte entre l’administration Trump et Netanyahu qui continue de saboter l’accord entre Washington et Téhéran qui vie à mettre un terme définitif à une guerre voulue et déclenchée par les Israéliens.Selon la chaîne de télévision israélienne Channel 12, l’administration Trump ouvre des canaux de communication non officiels avec les leaders de l’opposition en Israël, pour préparer l’après-Netanyahu. L’objectif des Américains étant de se débarrasser du puissant, influent et psychopathe Benjamin Netanyahu qui est sans doute le Premier ministre israélien qui a le plus d’amis milliardaires juifs sionistes aux États-Unis. Pour le chasser du pouvoir, l’administration Trump peut s’appuyer sur les divisions internes en Israël, la justice israélienne qui attend la fin du mandat de Netanyahu pour le juger, voire l’emprisonner, et sur l’opposition politique qui pourrait le remplacer aux prochaines élections législatives d’octobre 2026.
Nous allons revenir sur les fractures profondes au sein de la société israélienne qui peuvent à terme mettre en péril l’État hébreu. Des divisions que le gouvernement Netanyahu a tenté de résorber en instrumentalisant le 7 octobre et en se lançant dans des guerres sans fin.
QUAND DES ISRAÉLIENS SONT TUÉS PAR L’ARMÉE ISRAÉLIENNE
Yasmin Porat, une “survivante” du kibboutz Be’eri, a donné une interview à un média israélien durant laquelle elle a déclaré que les forces de sécurité israéliennes ont « sans aucun doute » tué un grand nombre de leurs propres civils après l’assaut du Hamas le 7 octobre 2023. Son témoignage a été publié le 15 octobre 2023 sur le site internet de la chaîne de télévision publique israélienne Kan ; mais l’enregistrement complet n’était pas inclus dans l’édition en ligne de Haboker Hazeh du jour, l’émission durant laquelle fut interviewée Yasmin Porat. Par la suite, l’interview complète a été mise en ligne par Kan. Ainsi, la rescapée raconte : « Les terroristes étaient une quarantaine, nous étions 12 otages. Ils ne nous ont pas maltraités. Ils nous ont traités avec humanité… Nous étions apeurés, ils nous ont rassurés. J’avais très peur, mais aucun d’entre eux ne nous a traités violemment…
Après deux heures [avec les preneurs d’otages] il n’y avait toujours pas de forces israéliennes avec nous. C’est nous qui avons appelé la police, car les ravisseurs voulaient que la police vienne. »
La police israélienne arrive sur les lieux. Un des militants palestiniens décide de se rendre et sort avec Yasmin Porat de la maison, puis une fusillade éclate, « déclenchée par notre police ».
« Il y avait cinq ou six otages au sol, dehors, comme des moutons dans une tuerie face aux tirs du commando (israélien) et des terroristes. »
Le journaliste lui demande si ce sont « les terroristes qui leur ont tiré dessus ? », à quoi Yasmin Porat répond : « Non, ils ont été tués par le tir croisé. Comprenez qu’il y avait un tir croisé très intense. »
« Donc nos forces ont peut-être abattu les otages ? », demande le journaliste.
« Sans aucun doute. Ils ont éliminé tout le monde, y compris les otages… Deux obus de char d’assaut [israélien] ont été tirés sur la maison… et à ce moment-là, tous ont été tués », répond Yasmin Porat.
Le journaliste demande de nouveau : « Ils ont été tués par nos forces ».
Yasmin Porat : « Sans aucun doute »
Le journaliste : « Vraiment ? »
Yasmin Porat : « C’est ce que je crois. »
D’autres témoignages rapportent des faits similaires. Le journal israélien Haaretz a publié le 20 octobre 2023 une interview d’un homme, nommé Tuval, vivant au kibboutz Be’eri et dont l’ami a été tué.
Haaretz rapporte : « Selon lui [Tuval], ce n’est que lundi [9 octobre] soir et seulement après que les commandants sur le terrain ont pris des décisions difficiles — notamment le bombardement de maisons avec tous leurs occupants à l’intérieur afin d’éliminer les terroristes ainsi que les otages — que Tsahal a achevé la prise du kibboutz. Le prix à payer fut terrible : au moins 112 habitants de Be’eri furent tués. D’autres ont été kidnappés. Hier, 11 jours après le massacre, les corps d’une mère et de son fils ont été découverts dans l’une des maisons détruites. On pense que d’autres corps gisent encore dans les décombres. »
Ces Israéliens ont donc été retenus, vivants, pendant deux jours par les combattants du Hamas, et ont été tués pendant l’offensive des forces israéliennes.
Le média américain Mondoweiss en déduit ceci : « Même s’il pourrait être compréhensible que des captifs aient été tués dans les tirs croisés intenses d’un premier bombardement israélien, en réponse à l’attaque du 7 octobre, ce récit semble indiquer que la décision d’attaquer le kibboutz et tous ceux qui s’y trouvaient a été prise comme un calcul militaire clair. »
LES MESSIANIQUES CONTRE LES LAÏQUES
Nous avons une idée relativement nette de la sociologie des victimes israéliennes du 7 octobre. Ce sont les milieux historiquement associés à la gauche israélienne qui ont été frappés de la façon la plus violente — notamment les kibboutzim du sud, proches de Gaza. Sociologiquement, les victimes du 7 octobre appartiennent aux catégories suivantes : kibboutzniks, jeunes festivaliers, soldats, travailleurs étrangers, Bédouins, migrants africains et habitants de la périphérie sud.
La majorité des victimes n’appartiennent pas au corps électoral ni aux groupes sociologiques du Likoud et des messianistes au pouvoir. Il est important de le souligner car le gouvernement israélien, Netanyahu au premier chef, a mis quatre heures et trente minutes à réagir à l’attaque du Hamas. Sans oublier que selon l’ancien ministre de la Défense israélien, Avigdor Liberman, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, était au courant de la planification de l’attaque du Hamas sept ans avant son exécution. Liberman avait remis un rapport sur une future attaque du Hamas en décembre 2016, rapport qui a été ignoré.
Le New York Times rapporte que des responsables israéliens avaient obtenu plus d’un an avant l’attaque un document du Hamas décrivant un plan très proche de celui exécuté le 7 octobre 2023, mais l’avaient jugé irréaliste ou “aspirationnel”.
Et cela est arrivé dans un contexte de défiance des Israéliens laïques, de gauche et libéraux, vis-à-vis du gouvernement de Netanyahu qui est une coalition de l’extrême droite (Likoud) et des partis messianistes, « Le Sionisme religieux » et « Puissance juive », représentés respectivement par Betzalel Smotrich (ministre des Finances et ministre délégué au ministère de la Défense) et le kahaniste Itamar Ben Gvir (ministre de la Sécurité nationale).[…]
Jean TERRIEN.