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n°3716 du 8/7/2026 (Papier)

Editorial

La haine anti-catholique au programme

L’ASSEMBLÉE nationale s’apprête à adopter de manière définitive le 15 juillet la proposition de loi dite d’aide active à mourir et qui est une légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. Ce texte, s’il est identique à celui voté fin juin par le Palais-Bourbon, sera le plus laxiste, le plus permissif au monde. Alors que pour l’achat d’un bien quelconque, on a droit à un délai de rétractation de dix jours, là il n’est que de deux jours alors qu’il s’agit de donner ou de se donner la mort, ce qui n’est pas anodin et ce qui a un caractère définitif. Tout d’ailleurs dans cette affaire est d’une monstrueuse hypocrisie puisque ce sont les mêmes gouvernants qui disent qu’il faut prendre soin des plus fragiles, des plus isolés, des plus anciens pendant la canicule — laquelle a fait plusieurs milliers de morts, comme en août 2003 — qui promeuvent une loi qui précisément éliminera les plus faibles, les plus vulnérables, les plus abandonnés, les moins intégrés socialement et économiquement. On prétend qu’il s’agit d’une nouvelle liberté, de l’octroi d’un nouveau droit, d’une grande conquête alors qu’en réalité on va imposer aux congrégations religieuses, aux établissements privés confessionnels qui s’occupent de malades d’appliquer dans leurs murs l’euthanasie et le suicide assisté. Ce qui est une abomination absolue, l’horreur intégrale. 
C’est pourquoi certaines congrégations, comme les Petites Sœurs des pauvres, envisagent très sérieusement de fermer leurs établissements hospitaliers en France.  De même que la loi de séparation des Eglises et de l’Etat le 9 décembre 1905 et plus généralement toute la persécution anti-catholique sous la IIIème République, essentiellement de 1879 à 1914, avaient conduit au départ de congrégations religieuses entières persécutées par la République judéo-maçonnique au début du XXe siècle, de même la loi sur l’euthanasie et le suicide assisté qui devrait être promulguée au cours de l’été par le président de la République qui en a fait un des engagements principaux de son second mandat avec la constitutionnalisation, le 8 mars 2024, du « droit à l’avortement » — tandis que son premier quinquennat avait déjà été marqué par l’extension de la procréation médicalement assistée aux lesbiennes le 2 août 2021 et par l’allongement de douze à quatorze semaines de grossesse du délai légal pour avorter le 2 mars 2022 —, va conduire à la persécution et au départ de congrégations religieuses s’occupant de malades, de handicapés. Et celles qui resteront devront renier leurs convictions, leur foi, leurs principes, ce qui est affreux. Car comment peut-on donner la mort lorsque sa mission est de soigner, d’aider, de secourir ? Comment peut-on administrer ou laisser administrer une substance létale lorsqu’on affirme aimer, connaître et servir l’Auteur et le Maître de la vie, Celui qui a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » ? Le chemin qu’il faut suivre, la vérité qu’il faut écouter et la vie dont il faut vivre.

LA HAINE anti-catholique se manifeste également dans les profanations et les incendies d’églises dont les grands media ne parlent pas, ou si peu, et qui pourtant n’ont de cesse de se multiplier. Et quand nos églises ne sont pas incendiées, elles sont souvent détruites, ce qui poursuit le programme de la Révolution dite française. Les autorités civiles jouent un rôle détestable. Qu’on pense ainsi à la Nuit blanche organisée les 6 et 7 juin 2026 par la mairie socialo-écolo-communiste de Paris et confiée à la lesbienne juive Barbara Butch dans plusieurs églises de la capitale, dont l’église Saint-Laurent près de la gare de l’Est, une “artiste” qui avait participé à la profanation de la Cène lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris à l’été 2024. 
Des militants catholiques de Civitas et des Nationalistes ont même été arrêtés et placés en garde à vue pour avoir protesté pacifiquement contre la profanation de l’église Saint-Laurent dont il faut préciser qu’elle s’est faite avec l’accord du clergé conciliaire diocésain, de l’archevêque conciliaire de Paris, Mgr Laurent Ulrich qui est en revanche intraitable quand il s’agit de catholiques traditionalistes hostiles à Vatican II et aux réformes détestables qui en sont issues.

PRÉCISÉMENT, le jeudi 2 juillet, Vatican frappait d’excommunication les quatre évêques de la Fraternité Saint-Pie X sacrés la veille sans mandat pontifical à Ecône, le Suisse Pascal Schreiber (53 ans), l’Américain Michael Goldade (45 ans), les Français Michel Poinsinet de Sivry (42 ans) et Marc Hanappier (36 ans), l’évêque consécrateur, l’Espagnol Mgr Alfonso de Galarreta (69 ans) et le co-consécrateur, le Suisse Mgr Bernard Fellay (68 ans). Mais, contrairement au décret du 1er juillet 1988, il y a trente-huit ans, ce ne sont pas seulement les évêques consacrés et consécrateurs qui sont excommuniés mais c’est l’ensemble des prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X fondée par Mgr Lefebvre et même les fidèles pour autant qu’ils adhèrent à cet « acte schismatique » et fréquentent régulièrement les centres de messe de la Fraternité qui subissent cette sanction fulminée par le cardinal Fernandez, « préfet du Dicastère pour la Doctrine de la foi » et à qui l’on doit le rituel de bénédiction des “couples” homosexuels. Ce même Fernandez a écrit deux livres érotiques : en 1995 Guéris-moi avec ta bouche : l’art d’embrasser et en 1999 Passion mystique : spiritualité et sensualité où il souligne le caractère prétendument sexuel d’expériences mystiques de saintes ! Fernandez aurait été remarqué dès 2007 par Bergoglio dont il fut un intime jusqu’à sa mort pour sa capacité à combiner dans un même texte des positions théologiques considérées comme étant « complètement opposées » ! Et c’est cet homme qui, sur ordre de Léon XIV, prend des mesures d’une extrême dureté à l’égard des traditionalistes de la Fraternité Saint-Pie X, quel que soit le jugement que l’on porte par ailleurs sur ces sacres sans mandat que certains approuvent chaudement et que d’autres critiquent, y compris dans la galaxie traditionaliste, les uns parce qu’ils ont été réalisés sans mandat romain, les autres (et parfois les mêmes) parce qu’ils se sont faits contre la volonté de Léon XIV tout en le reconnaissant publiquement, à tort selon eux, comme le vicaire du Christ, lequel est d’après la doctrine catholique la source de toute juridiction et la règle vivante et prochaine de la foi. 
En tout cas, le moins qu’on puisse dire, c’est que la porte n’est pas grande ouverte pour ceux qui souhaiteraient, après cette excommunication, revenir totalement dans le giron de Léon XIV. C’est un vrai parcours du combattant qui les attend ! Le prêtre qui décide de quitter la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X devra en effet être « disposé à accepter le Concile Vatican II et la légitimité du novus ordo Missae » et doit « trouver un Ordinaire (évêque diocésain, supérieur majeur d’institut religieux de droit pontifical clérical et des sociétés de vie apostolique de droit pontifical clérical, etc.) disposé à l’accueillir ad experimentum ». Le prêtre devra donc « rédiger de sa propre main une lettre adressée au Saint-Père dans laquelle il se présente et demande la rémission des censures encourues en raison de l’ordination reçue d’un évêque excommunié ou irrégulier, ou bien, s’il a été ordonné valablement et légitimement, pour avoir adhéré par la suite à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X ».
Le prêtre devra en outre joindre son certificat d’ordination sacerdotale ainsi que, signés et datés, « la Professio fidei et la Formula adhaesionis, datées et signées ». « Il s’agit de la profession de foi qui résume les principes de la foi catholique et de la formule d’adhésion par laquelle le prêtre promet fidélité au Pape en s’engageant à ne pas l’attaquer publiquement, lui et son magistère. Elle reprend la doctrine du n°25 de la Constitution dogmatique conciliaire Lumen gentium sur l’adhésion au magistère de l’Église. Elle déclare en outre considérer comme valide la célébration de la messe selon les rites promulgués par Paul VI et Jean-Paul II et adhérer aux normes du Code de droit canonique promulgué par Jean-Paul II. » Le prêtre devra faire envoyer les documents (la lettre accompagnée du certificat, la profession de foi et la formule d’adhésion) par l’Ordinaire « qui manifestera dans la lettre d’accompagnement sa disponibilité à l’accueillir ad experimentum dans son diocèse ou au sein de son institut ». Dès réception des documents de l’Ordinaire, le dicastère rédige un rescrit de levée des censures, autorisant l’Ordinaire à accueillir le prêtre demandeur « pour une période d’essai d’au moins un an et de trois ans au plus, à l’issue de laquelle il sera possible de procéder à son incardination ». Autrement dit il y a une mise à l’épreuve de trois ans pour obtenir une incardination qui n’est même pas certaine (« il sera possible de »). Dans ces conditions, il est peu probable qu’il y ait beaucoup de demandeurs ! 

LES FIDÈLES de la Fraternité qui voudraient la quitter ne sont guère mieux logés. « Un fidèle laïc qui décide de quitter la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X doit présenter à son évêque la Professio fidei et la Formula adhaesionis, datées et signées. Une fois ces documents reçus, l’Ordinaire du lieu se chargera d’accueillir le fidèle laïc selon les délais et les modalités qu’il jugera les plus opportuns ». Il s’agit d’une abjuration en bonne et due forme ! On n’en demande pas autant aux paires homosexuelles auxquelles on donne des bénédictions et qui, elles, sont considérées en pleine communion avec le Vatican ! D’évidence, Léon XIV n’a aucune envie de favoriser les traditionalistes, même ceux acceptant Vatican II. Sinon des conditions aussi draconiennes, aussi restrictives, aussi décourageantes, n’auraient pas été exigées. Ajoutons que pour le Vatican les confessions données par des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X sont désormais considérées comme invalides ainsi que les mariages qu’ils célèbrent, l’administration des cinq autres sacrements étant jugée illicites. 
Les conséquences de cette excommunication pourraient être bien plus graves et étendues qu’en 1988 dans un contexte où l’anticatholicisme est de plus en plus prégnant voire fanatique. Les écoles hors contrat de la Fraternité Saint-Pie X et des œuvres qui lui sont liées ne risquent-elles pas d’être persécutées voire fermées administrativement si les pouvoirs publics considèrent désormais qu’elle est une secte jugée officiellement excommuniée et schismatique par le Vatican ? L’église Saint-Nicolas à Paris où a été rétablie la messe tridentine depuis février 1977, il y a bientôt un demi-siècle, pourrait-elle également être évacuée par les forces de l’ordre, sachant que ce sont des prêtres de la FSSPX qui y célèbrent les offices et y administrent les sacrements ? Il suffirait par exemple que des gauchistes à la mairie de Paris s’agitent dans ce sens, surtout pendant la campagne présidentielle qui va bientôt commencer, pour que peut-être les autorités civiles s’en mêlent. Quant aux églises dont pouvait disposer ici et là la Fraternité pour des mariages ou des obsèques, cela semble terminé ainsi que l’a dit dans un communiqué le pourtant conservateur Mgr Aillet, évêque de Bayonne. Les basiliques de Lourdes qui étaient ouvertes à la Fraternité depuis l’an 2000 pour son grand pèlerinage annuel fin octobre pour le Christ-Roi lui seront très probablement interdites cette année. La persécution, de latente, pourrait devenir ouverte. Et pas seulement pour les baptisés qui adhèrent aux positions doctrinales de la Fraternité Saint-Pie X. Mais bien au-delà pour tous les catholiques qui refusent de plier le genou devant un monde apostat, anti-chrétien, anti-naturel, qui va chaque jour un peu plus loin dans la décivilisation, l’inversion et l’abjection.

RIVAROL,<jeromebourbon@yahoo.fr>.

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Billet hebdomadaire

Les naissances définitivement remplacées par l’immigration ?

Le chômage repart à la hausse et l’immigration ne cesse pas, bien que partout en Europe les citoyens envoient des signes politiques pour que le pouvoir la bride, la contienne sérieusement, l’arrête radicalement en renvoyant les clandestins et les criminels chez eux. Mais voilà, le bien-être des peuples n’a strictement aucune importance pour les autorités dont la première des missions n’est pas de garantir la sécurité de tous (je crois que les Français, notamment, commencent à le comprendre) mais de faire en sorte que le modèle économique néo-libéral exigé par la haute banque perdure.
Nous voyons bien que, derrière les jolis mots de l’humanisme, la promotion de la liberté et de l’individualisme philosophique, s’impose un modèle économique destructeur, un modèle qui lamine les peuples, les nations, les communautés et les familles.

LE TRIOMPHE DU NÉO-LIBÉRALISME

Le néo-libéralisme est différent du libéralisme qui est davantage contractuel et qui sait vivre en concorde avec les particularités nationales. Le néo-libéralisme est un mondialisme intégral où, pour résumer à l’extrême, l’individu ne peut compter que sur lui.
Les tenants de cette idéologie n’entendent donc pas soigner la société, préserver ce qu’il reste de son organisation, mais, bien au contraire, accélérer sa dissolution, son Etat, ses croyances ancestrales pour que chaque personne ne devienne qu’un travailleur et un consommateur. Et rien d’autre.
A ce propos, la très faible natalité qui mine depuis de trop nombreuses années les nations européennes est une aubaine pour eux. Un nouveau think tank de leur obédience, le Comité d’Action pour la Méditerranée (CAM) vient ainsi de sonner l’alerte quant à la trop faible démographie française : « la démographie ne ment pas ».
Les naissances sont en chute libre ? L’horizon en la matière est très sombre pour les Européens ? Les jeunes gens ne veulent plus faire d’enfants ? Aucune mesure efficace pour relancer la natalité n’est mise en œuvre ? Mais c’est très bien, c’est formidable, ça tombe bien ! Il y a plein de travailleurs en herbe au sud de la Méditerranée ; il y en aurait même beaucoup trop dans ces pays du Sud ! Accueillons-les ! Car demain on manquera de bras et de cerveaux !
Nous ne caricaturons qu’à peine leur discours : « Au Nord, les discours anti-immigration se font de plus en plus forts. Au Sud, les sentiments anti-occidentaux sont en hausse. Pourtant, au-delà de ces divisions politiques, notre réalité commune raconte une autre histoire. La démographie et l’interdépendance créent des liens que la politique ne peut effacer.
Les mutations démographiques de notre région changent tout. Les populations vieillissantes du Nord ont besoin de l’énergie et des talents du Sud en pleine jeunesse, tandis que le Sud bénéficie des opportunités économiques et des ressources du Nord. Ces dynamiques, conjuguées aux disparités de richesses, nous poussent vers une région euro-méditerranéenne plus intégrée — un avenir qui se dessine déjà.
Cette réalité commune signifie que nous devons agir ensemble pour relever les défis auxquels nous sommes confrontés : stabiliser la région, s’adapter aux changements démographiques, harmoniser les marchés du travail, créer des chaînes de valeur partagées dans l’industrie et les services, faire face aux effets du changement climatique, assurer la sécurité alimentaire, écrire un récit commun et améliorer l’intégration culturelle. »

VERS UNE IMMIGRATION LITTÉRALEMENT INDUSTRIELLE

L’immigration massive, de peuplement, serait donc nécessaire aux pays européens comme l’émigration serait nécessaire aux pays du Sud méditerranéens dont les femmes font en moyenne plus de 2,5 enfants (L’Algérie et l’Egypte affichent par exemple des taux de fécondité de 2,77 et 2,75 en 2023, même s’ils reculent. Leur population devrait augmenter respectivement de 36 % et 31 % entre 2023 et 2050), quand les Françaises en font 1,6, les Allemandes 1,4 pourtant plus fertiles que les Espagnoles et les Italiennes… Le think tank ne juge pas cette immigration comme nécessaire seulement mais la considère ouvertement comme inéluctable.
Sans immigration, affirment nos experts, l’Europe va perdre 20 % de sa population en âge de travailler avant 2050. C’est aussi ce que dit la Commission européenne : les pertes d’actifs se chiffreraient, selon elle, sans l’arrivée de migrants, à 15,6 millions d’actifs d’ici à 2050, et à près de 25 millions d’ici à 2070. […]


François-Xavier ROCHETTE.