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n°3723 du 23 septembre 2026 (Papier)

Editorial

L’heure de la récession, de la répression et de l’oppression 

LES PRIX À LA POMPE atteignent des records ne cessant d’augmenter. Le litre de gazole est désormais supérieur à 2,40 euros et pourrait s’envoler vers trois euros. Quand on pense que le mouvement des gilets jaunes a démarré en novembre 2018, il y a huit ans, parce que le litre d’essence était à 1,50 euro, on mesure la gravité de la situation. Nombre de professions sont au bord de la faillite comme les pêcheurs particulièrement en colère actuellement. La situation actuelle est dramatique pour les particuliers et pour les petites entreprises qui n’ont pas beaucoup de trésorerie d’avance et dont les surcoûts engendrés par la hausse vertigineuse et continue des prix des carburants peut entraîner des faillites à très court terme. Face à ce désarroi, que fait le gouvernement ? Rien. Il se refuse toujours à bloquer les prix ou à réduire les taxes comme l’ont pourtant fait des pays voisins comme l’Espagne, l’Italie et ces derniers jours l’Allemagne. Non seulement il se refuse à agir mais il prévoit dans le budget 2027 une nouvelle cure d’austérité avec une forte augmentation des impôts, contrairement aux promesses du Premier ministre qui, dans un entretien au Figaro, le 17 septembre, affirmait, la main sur le cœur : « stabilité fiscale, nous n’augmenterons pas les impôts ».  
Or, le projet de loi de finances a été transmis pour avis au Haut Conseil des finances publiques le samedi 19 septembre. Il prévoit explicitement une hausse des prélèvements obligatoires de 0,3 point du PIB entre 2026 et 2027, les impôts et les cotisations sociales atteindront en effet 44,2 % du PIB l’année prochaine contre 43,9 % cette année. La dette publique, quant à elle, va grimper et atteindre un niveau record de 121,7 % du PIB. 
Pis, la somme des intérêts que doivent verser les administrations publiques à leurs créanciers va atteindre 91 milliards d’euros l’an prochain, douze milliards de plus que cette année, ainsi que l’a affirmé le ministre de l’Economie Roland Lescure sur France Inter ce lundi 21 septembre. Une hausse sensiblement plus élevée que ce qu’attendait encore le gouvernement au début de l’été. Sait-on que la charge de la dette, c’est-à-dire le seul remboursement des intérêts (pas même celui du capital !), est devenu en 2026 le premier budget de l’Etat devant celui de l’Education nationale ? Sait-on également que les taux d’emprunt de la France atteignent actuellement des niveaux historiques ? Le 17 août 2026, le taux de l’échéance à 10 ans a franchi les 4 % et, le 11 septembre 2026, ce taux est passé à 4,41 %. Cette hausse, qui alourdit le coût de la dette, déjà faramineux, aggrave encore une situation déjà très dégradée.

Voilà où nous en sommes après plus de neuf ans de présidence Macron que d’aucuns appelaient avec flagornerie « le Mozart de la finance » alors même que sous son double quinquennat la dette a augmenté de plus de mille milliards d’euros. François Fillon, alors Premier ministre de Nicolas Sarkozy, disait déjà il y a près de vingt ans qu’il était à la tête d’un pays en faillite. Que dirait-il aujourd’hui alors que la situation est devenue incontrôlable et qu’il n’est pas besoin d’être grand clerc pour prédire que tout cela va très mal finir ?
Malgré cette faillite générale et abyssale, les pouvoirs publics et ses auxiliaires que sont la police et la justice savent se montrer efficaces quand il s’agit de sanctionner, de réprimer, de brider et de brimer les délinquants de la pensée. Le 17 septembre Dieudonné a ainsi été condamné à trois ans d’inéligibilité, 5000 euros d’amende et six mois de prison ferme — et devra verser 1000 euros de dommages et intérêts à l’Organisation juive européenne — pour avoir souhaité un bon anniversaire à sa fille Plume née un 7 octobre dans une brève vidéo postée le 7 octobre 2024, jour anniversaire de l’assaut du Hamas sur l’Entité sioniste. S’il y avait bien sûr un certain humour noir dans la démarche de l’humoriste ainsi que l’a reconnu son avocat à l’audience — mais n’est-ce pas le propre d’un chansonnier, d’un saltimbanque de provoquer et de rire de tout, y compris de la guerre ? —, il n’y avait absolument rien dans ses propos et dans son initiative qui justifiât une condamnation au pénal et, qui plus est, une peine de prison ferme, fût-elle aménagée sous forme de bracelet électronique, et une peine complémentaire d’inéligibilité. Quand on pense que ceux qui soutiennent sans réserve les massacres de masse à Gaza, en Cisjordanie et au Liban ne sont jamais inquiétés, jamais poursuivis, jamais condamnés, il y a vraiment de quoi être révolté et écœuré. 

Dieudonné n’est d’ailleurs pas le seul à être persécuté et à être interdit de spectacle. Voilà que l’on interdit désormais des conférences. A l’invitation du mouvement France Patrie, Vincent Reynouard devait en effet tenir le samedi 19 septembre devant une cinquantaine de participants une conférence à Toulouse avec pour thème : « Un homme face à la répression ». Un thème particulièrement bien choisi puisque, la veille, la préfecture de Haute-Garonne publiait un arrêté interdisant la tenue de cette conférence non seulement dans la ville rose mais également dans tout le département. Le motif est toujours le même et il est ahurissant : risque de trouble immatériel à l’ordre public ! Comme la préfecture ne peut pas démontrer que des violences ont déjà eu lieu lors de conférences de Vincent Reynouard car de fait il n’y en a jamais eues, elle considère dans son arrêté qu’ « il existe des risques sérieux pour que des propos à caractère antisémite et négationniste soient tenus, que de tels propos constituent des infractions à la loi pénale et sont de nature à mettre en cause la cohésion nationale ou les principes consacrés par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et par la tradition républicaine, que ces propos peuvent porter atteinte à la personne humaine alors même qu’ils ne provoqueraient pas de troubles matériels, que la notion de troubles immatériels développée par la jurisprudence permet de prévenir les troubles à l’ordre public en s’attachant à la préservation d’un système de valeurs objectives qui cimentent l’harmonie sociale sans pour autant porter d’atteinte excessive à l’exercice par les citoyens de leurs libertés fondamentales ».

CES CONSIDÉRATIONS sont d’une extrême gravité car elles permettent d’interdire de manière préventive et systématique tout ce qui s’oppose à la pensée unique, tout ce qui déplaît aux puissants du jour, tout ce qui contrarie de puissantes et influentes coteries communautaires. On peut craindre que désormais toutes les conférences de Vincent Reynouard ne soient interdites. Mais pas seulement les siennes, celles des différents rédacteurs de RIVAROL, de son directeur. Et bien au-delà encore. Cette crainte est d’autant plus légitime quand on voit le scandale provoqué par les causeries qu’Henri de Fersan, Vincent Reynouard et votre serviteur ont données en Suisse romande, dans le canton de Vaud, le 11 juillet dernier, devant une trentaine de personnes à l’initiative du sympathique et valeureux mouvement Résistance helvétique. La Radio Télévision Suisse (RTS) a consacré le 13 septembre près de six minutes dans son journal de 19h30 à cet événement en soi anodin comme s’il s’agissait d’un scandale d’Etat.  Le Pôle enquête de la RTS a même soumis les trois vidéos de la conférence de Résistance Helvétique mises en ligne début septembre sur sa chaîne YouTube à la Commission fédérale contre le racisme (CFR), preuve que les journalistes deviennent de plus en plus aujourd’hui des auxiliaires de police et des délateurs, ce qui est une détestable évolution. « Après examen des extraits qui nous ont été transmis, la CFR estime, dans un communiqué, que certains propos sont susceptibles de relever du champ d’application de l’article 261bis du code pénal et méritent dès lors un examen attentif par les autorités compétentes. L’article 261bis du code pénal sanctionne notamment le fait de nier, de minimiser grossièrement ou de justifier un génocide ou d’autres crimes contre l’humanité. Certains des propos transmis, notamment ceux relatifs à la Shoah et à la Seconde Guerre mondiale, peuvent être pertinents à cet égard. D’autres reprennent des stéréotypes antisémites. La CFR n’étant pas une autorité pénale, elle ne se prononce pas sur la qualification pénale définitive de ces propos, qui doit être appréciée en fonction de leur teneur exacte et de leur contexte. » Bref, il faut, selon toute vraisemblance, s’attendre à un procès de la part de la justice suisse alors qu’objectivement, si on se donne la peine d’écouter et de regarder intégralement les vidéos incriminées il n’y a vraiment pas de quoi fouetter un chat. Il n’y a même aucun propos explicitement révisionniste. Il n’y a rien. Absolument rien. Et pourtant on cherche par tous les moyens à justifier des poursuites judiciaires. Là encore l’objectif est clair : il est de faire taire par tous les moyens les opposants au régime actuel, au nouvel ordre mondial. 
Cette campagne de presse n’a d’autre but que de justifier les interdictions préalables et systématiques de réunion, de conférence, de manifestation, aussi modestes, aussi discrètes, aussi privées soient ces réunions. Ce que nous vivons est inouï, il faut s’en rendre compte. On ne peut plus rien dire, on ne peut plus rien faire. On ne peut même plus penser, plus argumenter, plus développer un raisonnement, une idée, une considération qui n’est pas totalement conforme à la doxa. Sur la Shoah, sur le lgbtisme, sur l’Entité sioniste, sur la question juive, etc. Et au-delà des idées qui nous sont prêtées, ce sont nos personnes désormais qui sont rejetées. Partout et toujours. Il faut nous interdire, nous faire taire, nous faire rendre gorge. Et ce n’est qu’un début. Cela ne va pas s’arrêter là selon toute vraisemblance. La répression appelle, nourrit, renforce la répression. A ce stade il serait d’ailleurs plus pertinent de parler d’oppression. Le temps n’est plus loin désormais où, sauf à accepter d’être des esclaves, les braves gens devront devenir des gens braves.

RIVAROL,<jeromebourbon@yahoo.fr>.

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Billet hebdomadaire

La cherté du pétrole est-elle vraiment combattue par le pouvoir ?

Le 18 septembre, Emmanuel Macron a dit comprendre les Français touchés par la crise énergétique (qui ne fait que commencer). « La situation est très dure et angoissante pour beaucoup de familles », a-t-il déclaré, devant un parterre de journaleux, après avoir commis un discours très sombre dans lequel il rappela les deux menaces pesant, selon lui, sur la France et sur l’Europe : l’explosion des prix des énergies et la Russie qui nous livrerait une guerre hybride, et probablement, demain, une véritable guerre… « Nous avons énormément protégé les Français, beaucoup plus qu’ailleurs en Europe », a-t-il ajouté en évoquant ici aussi bien la crise du Covid que l’agression russe en Ukraine. Mais, « aujourd’hui, a-t-il poursuivi, on a une responsabilité aussi de finances publiques ». Une façon assez claire de dire qu’il est temps, pour les Français, de se serrer la ceinture, et certainement de plusieurs crans.
Macron a dit agir sur le terrain international, en psalmodiant un vieux discours : il faudrait « nous mobiliser pour sécuriser les approvisionnements, et mettre en place une mobilisation européenne pour agir ensemble et faire baisser les prix ». « Au-delà de ça, une fois qu’on a activé tous ces leviers, une fois qu’on a [fait le] maximum, il y aura en effet des mesures d’accompagnement, et il y en a déjà », a insisté Macron en rappelant ici la mesure « gros rouleurs ».
Il l’avoue et semble très pessimiste : les conflits, les crises vont durer, et il affirme que lui et son gouvernement n’y sont pour rien. Ce qui n’est pas tout à fait exact. Néanmoins, confronté au risque d’une colère sociale qui monte, il a appelé les Français à « rester unis ». « Les mobilisations sociales sont toujours légitimes », néanmoins  « lorsqu’elles protestent contre les conséquences de phénomènes qui ne sont pas le résultat de l’action gouvernementale, elles disent une souffrance, mais elles produisent moins une solution », a-t-il lancé effrontément devant la presse.

UN PLEIN, C’EST SOIXANTE EUROS DANS LA POCHE DE L’ÉTAT

Ainsi, Macron n’entend pas agir efficacement contre l’envolée des prix de l’essence et du gazole en ne baissant ni la taxe fixe sur les carburants ni la TVA. Il n’évoque, pour l’instant du moins, qu’un saupoudrage d’aides plus ou moins ciblées dont ne bénéficieront pas certaines catégories de Français pourtant durement touchées par la cherté de l’énergie.
On comprend aisément que l’administration française ne soit pas enthousiaste à l’idée de serrer la vis du robinet à cash que constitue la pompe à essence. Il faut dire qu’elle touche près de 130 millions d’euros chaque jour grâce à cette manne (accise et TVA). Un moyen actuellement très efficace pour imposer lourdement presque tous les Français, l’Etat se cachant derrière la crise pétrolière pour ce faire. Cette taxation, folle et féroce, pourra-t-elle cependant perdurer chez nous, alors que les automobilistes les moins aisés sont déjà à bout de souffle et que l’Allemagne, socialement plus opulente pourtant, a décidé la semaine dernière de baisser très sensiblement le niveau des taxes sur le carburant ? Comment Macron peut-il tenir ? Combien de temps peut-il tenir quand, à chaque plein, l’usager donne directement à son Etat gourmand entre cinquante et soixante euros ! C’est tout simplement intenable pour beaucoup de Français qui considèrent cette imposition comme un véritable racket !
Est-il par ailleurs juste, moral, de surtaxer un produit d’utilité publique facile à fabriquer (à grande échelle) et issu d’une matière première toujours extrêmement abondante quoi qu’en disent les chercheurs stipendiés ? Evidemment non. Et c’est parce que l’essence est indispensable, que sa consommation ne peut diminuer en deçà d’un certain seuil, qu’elle est si fortement taxée. C’est un impôt sûr et pérenne. C’est tout. Les arguments écologiques et sur la prétendue raréfaction de l’or noir ne sont que des historiettes pour gogos. Aussi ne faut-il surtout pas tomber dans le piège de la solution électrique tendu par le pouvoir économique mondial. Car lorsqu’un nombre critique de voitures électriques sera en circulation, l’énergie électrique sera surtaxée exactement (ou un tout petit peu moins) comme le sont les carburants aujourd’hui. Des tas de nouvelles taxes surgiront sous différents prétextes, et même sous le prétexte écologique. On dira que l’électricité pollue moins mais pollue quand même. C’est ce qu’on disait hier des véhicules diesel un peu moins taxés que les véhicules essence. Las, cela n’empêche pas aujourd’hui le gazole d’être plus dispendieux que l’essence, et les voitures toujours plus chères comme les voitures électriques souvent hors de prix. L’entretien des centrales nucléaires deviendra soudainement plus coûteux. Le consommateur devra assumer le stockage des déchets radioactifs, le recyclage des éoliennes et des panneaux solaires que l’on découvrira plus polluants que prévus. Le pouvoir, soyons-en assurés, sera très créatif pour inventer de nouveaux impôts. Dans le même temps, les producteurs d’électricité feront part de leurs difficultés pour obtenir de l’uranium ou d’autres matières rares à cause de conflits régionaux notamment. Ils le feront, encore, si l’énergie devient insuffisamment rentable.
Nous l’avons évoqué à plusieurs reprises, notamment avant la pause estivale. Avant le déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, un déclenchement aussi surprenant que celui de l’actuel conflit russo-ukrainien, le prix du baril du pétrole ne cessait de dégringoler. Et nous disions que rien ne laissait à penser, avant les premières détonations et le blocage plus ou moins complet du détroit d’Ormuz, qu’un rebond pouvait se produire en 2026. Nous pouvons aujourd’hui apporter des précisions sur ce point après avoir lu la dernière édition du Commodity Markets Outlook  (octobre 2025), qui est le rapport phare de la Banque mondiale sur les perspectives des marchés des matières premières.
« Les prix de l’or noir se sont inscrits à la baisse cette année, en raison des tensions commerciales existantes et des craintes d’offre excédentaire (dans une économie mondiale atone), et ce malgré des hausses sporadiques de courte durée liées aux soubresauts géopolitiques (principalement des sanctions contre la Russie et son pétrole). À la suite de la baisse du prix du Brent, celui de l’Oural est tombé au-dessous du plafond de 60 dollars le baril en vigueur depuis février 2025, avant que celui-ci ne soit ramené à 47,6 dollars en septembre. » Un véritable effondrement du prix du baril de pétrole.
La Banque mondiale, qui s’appuyait sur les données de tous les grands analystes (les grandes agences internationales spécialisées dans l’énergie et les matières premières) alertait alors sur « la demande de pétrole » qui continuait « de s’essouffler. » Par rapport à la dernière période de référence 2015-2019 (période pré-covid), les chiffres de la croissance de la demande de pétrole étaient fort bas et indiquaient une aggravation du ralentissement de l’économie mondiale. « Cette tendance devrait se poursuivre, avec une demande annuelle qui devrait ressortir à 103,8 Mb/j en 2025 et 104,5 Mb/j en 2026. La consommation de pétrole dans les économies avancées devrait rester stable, tandis qu’elle devrait se tasser en Chine ».
En revanche, l’offre de pétrole (soit la production) devait augmenter en 2025 et 2026, selon les analystes, avec la mise en service de nouvelles capacités de production. La production devrait « augmenter de 3 Mb/j en 2025 (+2,9 % par rapport à l’année dernière) pour atteindre 106,1 Mb/j, puis progresser à 108,5 Mb/j en 2026 ». On notait déjà au début du mois d’octobre 2025 un excédent mondial de pétrole de 2,7 millions de barils par jour que l’on stockait dans d’immenses cuves et dans des supertankers errant dans l’océan. « Les évolutions récentes du marché suggèrent de plus en plus un trop-plein d’offre d’or noir : plusieurs cargaisons de brut au Moyen-Orient sont récemment restées invendues, tandis que la quantité de pétrole brut stockée en mer connaît une augmentation rapide et significative. Selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie, le surplus pétrolier devrait atteindre 2,3 Mb/j (millions de barils par jour) en 2025 et augmenter encore jusqu’à 4 Mb/j en 2026, soit 1,6 Mb/j de plus que l’excédent enregistré en 2020 pendant la pandémie. » La réalité fut pire que les prévisions les plus pessimistes. […]  

François-Xavier ROCHETTE.