JORDAN Bardella est dans la tempête. Le 28 septembre, à moins d’un mois du congrès à Orléans du Rassemblement national qui doit le réélire pour trois ans à la présidence du mouvement, le sémillant trentenaire que Marine Le Pen a choisi comme Premier ministre si elle accédait à l’Elysée en mai 2027, doit faire face à des révélations — vraies ou fausses, l’avenir le dira — de Mediapart selon lesquelles le jeune homme, alors âgé de 17 ans, aurait tenu des propos jugés violemment antisémites ce qui, dans le monde actuel, est le pire des crimes, la pire des infamies. Le media fondé par Edwy Plenel dit s’appuyer sur des « dizaines de conversations écrites », authentifiées « de manière indépendante » et débutant à l’été 2013. Selon le média d’investigation (ou plutôt de délation) en ligne, Jordan Bardella écrit notamment dans une conversation : « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur. » Il affirmerait, par ailleurs, que « toutes les banques sont détenues par des juifs » et que les ministères « les plus importants reviennent à des personnes pour qui Israël et l’intérêt bancaire priment sur les intérêts Français », en ciblant trois ministres du quinquennat de François Hollande : Laurent Fabius, Pierre Moscovici et Manuel Valls. Il dirait aussi toute sa sympathie pour Alain Soral qui ne ferait que dire la vérité sur le pouvoir juif.
Il n’en fallait pas davantage pour que la classe politique réclamât la démission toutes affaires cessantes du coupable. Et bien que le juvénile président (en sursis ?) du Rassemblement national ait dénoncé des « faux grossiers » et une « opération de barbouzerie » et chargé son avocat de porter plainte contre Mediapart — « C’est une dinguerie », a réagi, pour sa part, Marine Le Pen. « Ça paraît tellement dingue que ça ne peut être qu’un faux, qu’une manip, qu’une barbouzerie », a-t-elle encore estimé —, il se retrouve dans une situation très délicate. Lui qui était pourtant allé à Tel-Aviv et à Jérusalem en mars 2025 pour participer à une conférence contre l’antisémitisme organisée par le gouvernement israélien, s’incliner piteusement au mémorial de la Shoah et faire allégeance au criminel de guerre Netanyahu. Sans surprise le président du CRIF, Yonathan Arfi, a dégainé parmi les premiers : « C’est une illustration des limites de la dédiabolisation du Rassemblement national. Je suis comme chacun stupéfait par la violence des propos antisémites attribués à Jordan Bardella, que même la jeunesse ne saurait évidemment expliquer ». La LICRA de Mario Stasi n’a pas tardé non plus à réagir : « Le socle idéologique du RN n’a pas changé », ce parti « n’a jamais fait partie de l’arc républicain et n’en fera jamais partie » tranche la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme. Le ministre chargé de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, heureuse de faire oublier la polémique dans laquelle elle est engluée depuis qu’elle a déclaré sur CNews que parler de grand remplacement n’est pas en soi raciste, a estimé que « ces écrits, s’ils sont avérés, sont d’une immense gravité. Leur nature antisémite et complotiste rappelle, à ceux qui voudraient l’oublier, la nature profonde de l’extrême droite. » Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui devrait pourtant avoir d’autres priorités, surtout en ce moment, a lui aussi fait la leçon : « À tous ceux qui auraient la mémoire courte : l’antisémitisme n’est pas un accident de parcours pour le RN, c’est l’histoire de ce parti ».
LA GAUCHE n’est évidemment pas en reste : Mélenchon, soulagé de voir que, pour un temps, l’accusation d’antisémitisme concerne un autre politicien que lui, a condamné “formellement” des considérations qui « relèvent du complotisme et de l’antisémitisme le plus absurde ». Il faudrait toutefois démontrer en quoi c’est absurde, il ne suffit pas de le dire. Quant au communiste Fabien Roussel, il assène péremptoirement : « Les enfants spirituels de Le Pen ne changeront jamais. Depuis le FN, fondé par des Waffen-SS, jusqu’au RN d’aujourd’hui, ils resteront les mêmes : antisémites, racistes, complotistes ». Un député écologiste des Hauts-de-Seine, Sabrina Sebaihi, bien que les supposés propos incriminés datent de 2013, et qu’ils soient donc prescrits, et de surcroît privés, annonce saisir le Parquet, au titre de l’article 40, de faits « susceptibles de recevoir une qualification pénale en raison de leur caractère antisémite », et notamment de propos allégués « prêtant aux personnes juives une volonté de domination politique, financière et internationale ». Enfin, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a ironisé à sa manière : « On comprend mieux aujourd’hui pourquoi Bardella a pu dire que Jean-Marie Le Pen n’était pas antisémite ». De fait, Marine Le Pen, en excluant en 2015 son père du parti qu’il a fondé et dirigé pendant près de quarante ans et en s’alignant inconditionnellement sur l’Etat d’Israël au point de justifier la politique d’anéantissement des Palestiniens, pensait s’être débarrassée définitivement de la tunique de Nessus de l’antisémitisme. Patatras ! Tout est à refaire ! Le jeune homme qu’elle a choisi et imposé à la tête du Rassemblement national et qu’elle a déjà désigné comme chef de son futur gouvernement a tenu, semble-t-il, des propos encore plus sulfureux et radicaux que Jean-Marie Le Pen sur ce que l’on appelait autrefois la question juive.
Car Mediapart a beau être un media partial, gauchiste et délateur tout à fait détestable, en général les informations qu’il donne sont relativement sérieuses et étayées, comme on l’avait vu notamment sur ses révélations concernant le financement libyen de la campagne présidentielle de Sarkozy, d’autant que ce media bénéficie de rapports de police et de précieux informateurs dans les rouages de l’Etat et des partis. Dans le cas de Bardella, il semblerait d’ailleurs que ce soient d’anciens proches du président du RN qui l’aient “balancé”, sans doute par basse vengeance, en faisant ces révélations explosives à Mediapart. Il est donc tout à fait plausible (quoique non formellement prouvé à ce stade) que Bardella, surtout âgé de 17 ans et dans le cadre de conversations privées, ait pu tenir des propos de ce type, très courants, reconnaissons-le, dans l’ancien Front national tant chez les cadres intermédiaires que chez les militants de base. Reste que si Mediapart peut apporter à ces révélations des preuves irréfutables, ce serait une déflagration politique de grande ampleur à quelques mois de la présidentielle, qui serait peut-être de nature à rabattre les cartes sur le plan électoral tant la question juive est taboue et tant l’accusation d’antisémitisme sous nos latitudes conduit inexorablement à un isolement total voire à une mort sociale et politique.
MALGRÉ son indéniable succès aux sénatoriales du 26 septembre — pour la première fois de son histoire le RN aura un groupe au Sénat avec ses alliés ciottistes (15 sénateurs en tout) grâce à ses excellents résultats aux municipales du printemps dernier — et les sondages qui promettent actuellement à Marine Le Pen une nette victoire au second tour de la présidentielle, quelles que soient les configurations, le Rassemblement national est encore loin d’avoir décroché la timbale. Avant même ce “scandale” Bardella, c’était un autre dirigeant du RN, Jean-Philippe Tanguy, qui était attaqué par la gauche, pour avoir déclaré lors d’une réunion publique il y a quelques jours que « le travail rend libre ». Une formule inscrite au-dessus du portail d’Auschwitz ! Il n’en fallait pas davantage pour que la mécanique de la diabolisation se remît en route malgré les professions de foi anti-national-socialistes de Tanguy et le fait qu’il ait publiquement présenté ses excuses aux personnes blessées par ses propos.
Le terrorisme intellectuel ne s’exerce toutefois pas uniquement contre les dirigeants du Rassemblement national. Martine Vassal, la candidate LR à la mairie de Marseille, avait été violemment attaquée, on s’en souvient, au printemps dernier pour avoir repris, sans y avoir prêté attention, la devise de l’Etat français « Travail Famille Patrie » lors d’un débat télévisé entre candidats. La polémique l’avait totalement tétanisée et avait précipité sa déconfiture électorale qui avait certes aussi d’autres causes. Ségolène Royal a également été attaquée ces derniers jours par le lobby juif et par ses deux concurrents communautaires piqués au vif, Jérôme Guedj et Raphaël Glucksmann, pour avoir encouragé, lors d’un débat télévisé entre candidats à la primaire socialiste, « des voix juives et israéliennes » à se faire entendre contre le génocide à Gaza. Que n’avait-elle dit là ? Elle essentialisait les Juifs, les forçait à se prononcer sur la politique de Netanyahu. C’était honteux, inadmissible, inacceptable. En réalité, ce qui lui était reproché, c’était de dénoncer les horreurs quotidiennes commises en Palestine occupée car, comme nous l’avons souvent écrit, au nom d’un génocide qu’on n’a pas le droit de contester se commet un génocide qu’on n’a pas le droit de dénoncer ni de faire cesser.
En revanche, dans leur monde, il est parfaitement licite et moral de poursuivre un vieillard de 105 ans — oui, 105 ans ! —. Soupçonné d’avoir été gardien au Stalag 326 entre 1941 et 1945, ce centenaire allemand est aujourd’hui visé par une enquête du parquet de Dortmund ainsi qu’on l’apprenait le 27 septembre. Simple conscrit et non officier SS, il peut désormais être jugé pour complicité de meurtre du fait de l’évolution de la jurisprudence allemande. Quelle infamie ! En revanche Netanyahu et ses sbires, eux, sont toujours en liberté et continuent leurs crimes de masse en toute impunité. Non, décidément, leur justice n’est pas la nôtre ! Leur monde n’est pas le nôtre !
A PROPOS de Thémis, votre serviteur a été condamné le mardi 22 septembre par la XVIIe chambre du tribunal judiciaire de Paris à six mois de prison ferme à exécuter sous bracelet électronique pour avoir publié dans RIVAROL en 2024 et 2025 trois articles de Vincent Reynouard, lui-même condamné à 8 mois ferme sans aménagement de peine ab initio. Par ailleurs, nous sommes condamnés à verser la coquette somme de 9200 euros de dommages et intérêts et de remboursement de frais d’avocats aux quatre associations parties civiles habituelles : la LICRA, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, l’Organisation juive européenne et l’Observatoire juif de France.
Mais à part ça bien sûr la coterie juive n’a aucun pouvoir, aucune existence, aucune influence, aucune réalité. C’est une invention des antisémites. Et les propos prêtés à Bardella n’ont non plus aucun sens. Le lobby juif, la puissance juive, la domination juive, ça n’existe pas. Ça ne se discute même pas. Comme le dit le vieux dicton : t’as qu’à croire, Grégoire !
RIVAROL,<jeromebourbon@yahoo.fr>.
Ainsi les cloches de France auront-elles sonné vendredi dernier, toutes ensembles, bien que je ne les ai pas entendues. On ne va pas s’en plaindre. Les chrétiens en pays conquis savent ce que signifie l’interdiction de sonner les cloches. Les uns connaissent le totalitarisme musulman, d’autres le totalitarisme républicain. J’arrête tout de suite le lecteur intelligent et modéré qui lève les yeux au ciel : vous n’allez pas confondre Marianne et les Imams, Cadis et autres califes ! Je ne confonds rien. Je sais que la république en France peut prendre l’air bonhomme, voire bonnasse, oubliant ses grandes heures de 1792 ou de 1901. Mais la schlague, le sang ni le feu ne sont nécessaires au totalitarisme. Nous avons lu Peillon, Giscard, Mélenchon, Chirac et Macron, ce sont au fond les mêmes. Nous savons que la république entend s’occuper du tout de l’homme, dans le moindre détail, et qu’elle est donc totalitaire par nature et en puissance. Les cloches ont donc sonné en France, c’est toujours ça de pris. En même temps qu’elle détaillait les efforts consentis par notre ministre de la Police et de la religion, Laurent Nunez, pour assurer la sécurité de l’homme en blanc (et rouge), notre bonne consœur La Croix relevait que les avortements atteignent un nombre record en France. Elle a bien changé depuis l’Affaire Dreyfus et les Assomptionnistes. Certains disent que c’est en bien, le jugement n’est pas très bien partagé en France.
L’avortement connaît à vrai dire une hausse persistante depuis plusieurs années et atteint, selon les données du ministère de la Santé, un record historique : 259.400, soit une hausse de 3 % depuis 2024. Selon le document de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), « le taux de recours à l’avortement poursuit sa hausse et atteint 17,8 IVG pour 1 000 femmes de 15 à 49 ans ». En clair deux pour cent des femmes en âge de procréer se font avorter. On retrouve le niveau des années 1980, juste après la loi. De 1990 à 2020, une baisse sensible avait été mesurée, 220 000 avortements annuels, et depuis 2022, c’est reparti à la hausse. La loi Veil de 1975, qui se flattait de faire reculer l’avortement, n’aura donc servi à rien, malgré (ou à cause de ?) son extension continue : remboursement par la sécurité sociale, extension du nombre de semaines de grossesses où l’avortement est légal, pillule du lendemain, etc. L’historique de ces glissades (une bonne dizaine) désole, mais elle nous éclaire sur la méthode des républicains, qui depuis Jules Ferry et Waldeck-Rousseau, n’a pas changé : il s’agit de saucissonner pour recueillir l’assentiment des hésitants, puis d’aller jusqu’au bout d’un mouvement qu’on avait juré de ne pas faire. Cela nous renseigne aussi sur la fermeté des modérés : s’ils se laissent leurrer et flouer par les révolutionnaires extrêmes, c’est qu’ils sont au fond, tout au fond, d’accord, parce que tous sont imprégnés d’idéologie antichrétienne et maçonnique.
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La Croix s’interroge sur la hausse continue de l’avortement. La pilule avorteuse serait-elle moins utilisée ? Pas vraiment, estime notre consœur, « car la très grande majorité des femmes qui ont recours à l’IVG utilise une méthode contraceptive ». Eh oui. On justifiait naguère la contraception pour éviter l’avortement, et l’on a les deux. L’horreur et le déshonneur. La Croix mobilise donc une chercheuse à l’INED (Institut national des études démographiques), et celle-ci répond : « Le principal facteur tient au fait que les gens veulent de moins en moins d’enfants […] Si bien que lorsqu’une grossesse est imprévue, elle se termine désormais plus souvent par un avortement ». Voilà qui est diaboliquement clair dans sa concision. Cela constate que l’habitant moyen de la France, de l’Europe et de l’Occident ne veut plus d’enfant, expliquant de ce fait le massacre de classes entières d’innocents par une variation d’un désir individuel. Cette dame donne ainsi sans le vouloir une image saisissante de notre crise morale.
Il n’y a plus à proprement parler de société française mais un agrégat régi par l’individualisme de masse. Et c’est tout à fait naturellement que la présidente du Planning familial s’oppose fermement à toute prévention de l’avortement et voudrait encore en faciliter l’accès ; « Les femmes qui décident d’avorter font ce choix malgré les freins à l’accès et la stigmatisation de la société ». La sacralisation du désir individuel sacralise aussi la liberté de tuer l’innocent. Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, récite consciencieusement ce catéchisme maçon : « L’avortement est une liberté reconnue aux femmes, inscrite depuis 2024 dans la Constitution. C’est une bonne chose qu’elles puissent faire valoir pleinement leur droit ». Ce n’est pas Emmanuel Macron qui la contredira puisqu’il a constitutionnalisé l’avortement en grande pompe — avec l’appui de la classe politique unanime, même si quelques-uns, à droite, ne l’ont pas approuvé. L’arc-en-ciel maçon a gagné toute l’opinion, ses valeurs faisandées ont remplacé la morale chrétienne, donnant très simplement le nom du bien au mal.
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Parmi ceux qui ont accueilli l’homme en blanc en France, il y a une foule de braves gens qui veulent le bien, même en dehors des catholiques traditionalistes, une part du peuple conciliaire qui sent bien que Vatican II n’a pas été le printemps qu’on annonçait, que beaucoup de ses mauvais fruits rebutent et qu’il suffirait d’un pasteur à la hauteur pour ramener au bon sens. Même dans la hiérarchie officielle, on trouve sur la question de l’avortement des paroles et des sentiments justes — beaucoup plus que voilà quarante ou cinquante ans. Les sondages d’un Jérôme Fourquet, directeur à l’IFOP, le montrent clairement : en même temps que s’effondre la présence catholique en France (nombre de fidèles, de prêtres, de religieux, de vocations) et l’influence du christianisme sur la société (lois, vacances, films, livres, médias, fêtes, prénoms, etc.), ce qui subsiste, quelles ques soient les chapelles, se tourne vers une forme de tradition, plus vive, plus ferme, que la pratique de ses aînés. Les prétendus “progressistes”, les modernistes déclarés, ne sont plus qu’une minorité de vieux dentiers et de pasionarias sur le retour qui renâclent à lâcher le manche, des apparatchiks qui s’accrochent à l’argent, aux institutions, bureaux et conférences. Le mouvement est général. Les catholiques africains ou antillais en France, que certains mettent en avant, sont bien plus attachés à la tradition que les dames patronnesses de Saint-Honoré d’Eylau. Quelqu’un a dit que c’était la revanche des jeunes soutanes sur les boomers de Vatican II. C’est cela qui pousse la hiérarchie conciliaire à être moins conciliante avec l’avortement que ses prédécesseurs ne le furent dans les années 1970 lors de la préparation et du vote de la loi dépénalisant l’avortement. Simone Veil, dans son livre de souvenirs, Une vie, décrit en quelques phrases les très molles et diplomatiques réserves qu’ils lui opposèrent dans leurs conversations d’alors. La pastorale de Nosseigneurs consistait à s’aligner sur le monde, et ce monde expérimentait les piteuses sottises de 1968, ni le monde ni l’Église n’ont fini de le payer. Seuls, écrit-elle, les “intégristes” s’élevèrent contre son projet. C’est une médaille qu’elle leur donne : grâces leur soient rendues.
Revenons sur l’épidémie toujours aggravée d’avortements, sur cette pandémie devrait-on dire car elle s’étend à la planète (et elle, contrairement au COVID, tue, par millions). Sans doute tient-elle aux lois (en France, dix, successives en cinquante ans, nous l’avons dit) pensées pour le rendre facile, pas cher, moralement et socialement souhaitable, en particulier à son inscription dans la Constitution qui en fait « une liberté ». Mais si l’on regarde les choses de plus haut, elle tient à un état d’esprit de la société mondiale qui a été souhaité et organisé, notamment par les quatre conférences mondiales sur les femmes organisées par l’ONU : Mexico (1975), Copenhague (1980), Nairobi (1985) et Pékin (1995). C’est dans ce cadre que se sont imposées à la planète la notion de « gender equity » (Nairobi) et les règles de la « santé sexuelle et reproductive », c’est-à-dire la séparation explicite entre copulation et reproduction, qui fonde l’actuelle morale du monde, ses amours et son droit à l’avortement, ce droit de vie et de mort sur la vie de l’embryon que le plus furieux des Pater familias ou des patriarches n’a jamais prétendu exercer. Quoi qu’il en soit, c’est une subversion générale de l’esprit public qui a eu lieu depuis les années 1970. […]
HANNIBAL.