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n°3728 du 28 octobre 2026 (Papier)

Editorial

Fusillade de Trappes : un Carpentras bis ?

LA FUSILLADE de Trappes le vendredi 23 octobre au matin où un Français célibataire de trente-neuf ans, Kévin T., schizophrène, cocaïnomane et alcoolique, a tiré au pistolet-mitrailleur sur des personnes racisées à Trappes et à La Verrière dans les Yvelines, tuant un homme de 26 ans et blessant grièvement cinq autres individus, dont une fillette de douze ans, avant d’être intercepté par les policiers de la BAC (Brigade anti-criminalité) peut-elle être considérée comme une nouvelle affaire Carpentras ? Il est encore tôt pour le dire mais il y a des éléments troublants de similitude entre ces deux événements et leur exploitation politique à trente-six ans d’écart. Rappelons que l’affaire de Carpentras arrive à un moment où le Front national de Jean-Marie Le Pen a le vent au poupe, où il est au plus haut dans les intentions de vote, où Marie-France Stirbois a été brillamment élue quelques mois plus tôt député de Dreux au scrutin majoritaire à deux tours, seule contre tous, où le président du Front national vient de réussir une excellente Heure de vérité, son émission fétiche, et que les observateurs n’excluent plus une possible arrivée aux responsabilités de ce mouvement. Un mois plus tôt, le VIIIe congrès du FN à Nice, dans une ambiance euphorique, a d’ailleurs pour thème : « Vers la conquête du pouvoir ». 
Même si le Rassemblement national de Marine Le Pen n’a plus grand-chose à voir avec le Front national de son géniteur, tant s’en faut, les perspectives lui sont pareillement très favorables aujourd’hui, les enquêtes d’opinion pronostiquant une victoire à la présidentielle de sa patronne en mai prochain, et ce quelles que soient les configurations. De même que les débats autour du voile islamique à l’école depuis l’affaire du collège de Creil fin 1989, alors dirigé par le principal d’origine martiniquaise Ernest Chenière, avaient favorisé l’ascension de la droite nationale, de même les images des émeutiers et autres pillards lors des journées des 17 et 18 octobre 2026 sont un puissant carburant électoral pour le parti de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, en tous cas pour les Français en âge de voter qui n’ont pas décidé d’opter pour l’abstention. 

OR C’EST DANS CE CONTEXTE que survient la fusillade de Trappes qui est objectivement du pain bénit pour la Macronie et pour la gauche en général qui s’en donnent à cœur joie pour dénoncer le racisme de l’extrême droite, les mots précédant les actes, les discours de haine engendrant des fusillades meurtrières. Il est trop tôt pour dire si cette affaire dont nous ignorons à ce stade si elle est le fait d’un déséquilibré ayant agi seul, de lui-même, sans influence extérieure, très atteint sur le plan toxicologique et psychiatrique (il avait ingéré de la cocaïne et fumé du cannabis au moment de son interpellation, avant donc son passage à l’acte et sa garde à vue a été retardée car il n’était pas en état d’être interrogé, puis interrompue car il a dû se rendre dans une unité de soins psychiatriques avant que son interrogatoire puisse reprendre ce lundi soir) ou s’il s’agit d’une provocation, par exemple d’une manipulation d’une personne fragile et influençable par des services, sera un tournant dans cette campagne présidentielle où de différents côtés tous les coups semblent permis. Mais il est étrange que le président de la République, quelques heures seulement après les faits, se soit rendu toutes affaires cessantes sur les lieux du crime et surtout qu’il ait prononcé un discours ahurissant parlant de “tournant” dans notre histoire et dénonçant le racisme comme seul et unique responsable de cette fusillade meurtrière, alors même que la garde à vue de l’auteur des tirs n’avait pas encore commencé et qu’on ne savait à peu près rien de sûr et d’approfondi sur ses motivations profondes, sur sa personnalité et sur son intimité. 
Cela rappelait le discours de Pierre Joxe, alors ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Michel Rocard qui, le jour même de la découverte de la profanation des tombes au cimetière israélite de Carpentras, le 10 mai 1990, se trouvait providentiellement sur place et affirmait qu’il connaissait le coupable de ces agissements : le racisme et l’antisémitisme. Sous-entendu : l’extrême droite en général et le Front national en particulier. Il n’était nul besoin d’enquête, d’investigations, de perquisitions. Non, on connaissait d’avance le coupable : le racisme !  Quelques jours plus tard, une immense manifestation était organisée à Paris à laquelle le président de la République de l’époque, François Mitterrand en personne, participait ès qualités, et où l’on pouvait voir un Le Pen sous forme de baudruche portant un écriteau sans équivoque : « Carpentras, c’est moi ! ».  La ficelle était grosse mais elle a en grande partie fonctionné. Le noyau dur de l’électorat du Front national est certes resté fidèle au mouvement de Jean-Marie Le Pen mais l’exploitation de cette affaire a cassé la dynamique du FN, ce formidable élan qu’il n’a jamais vraiment retrouvé par la suite, du moins pas au même niveau, pas dans les mêmes proportions. Et c’est d’ailleurs cette relative stagnation, cause de découragement et de frustration, qui est en grande partie à l’origine de la scission Le Pen-Mégret moins de dix ans plus tard. En sera-t-il de même cette fois pour le Rassemblement national de Marine Le Pen ? L’avenir le dira. Il y a encore six mois de campagne, huit si l’on compte les législatives qui auront lieu selon toute vraisemblance courant juin 2027, quel que soit le vainqueur le 2 mai prochain. Et dans ce climat absolument délétère, tout est possible. Les uns et les autres vont faire feu de tout bois.

L’AFFAIRE de Carpentras, dans laquelle le Front national n’était pour rien, ni de près ni de loin, a toutefois eu pour conséquence, outre une hystérisation du débat politique et des atteintes graves aux libertés — c’est à partir de ce moment que se sont multipliées les interdictions arbitraires de manifestations, de réunions, qui ne datent donc pas de la circulaire de Gérald Darmanin du 10 mai 2023, Jean-Christophe Cambadélis, un des dirigeants de l’époque du Parti socialiste, avait théorisé cette stratégie de combat sous le nom de harcèlement démocratique, ce qui avait fait dire au Menhir que le harcèlement démocratique est à la démocratie ce que le harcèlement sexuel est à l’amour —, le vote d’une nouvelle législation liberticide, la loi Rocard-Fabius-Gayssot du 13 juillet 1990. Il avait fallu à l’époque à peine deux mois aux pouvoirs publics et aux parlementaires pour adopter une nouvelle loi d’exception brimant et bridant la liberté de recherche, d’expression et de publication en pénalisant le révisionnisme historique. Les chercheurs et historiens révisionnistes comme le Professeur Faurisson n’étaient évidemment pour rien dans la profanation des tombes du cimetière juif de Carpentras mais on a utilisé de manière ignoble cette affaire pour les empêcher de s’exprimer et de publier librement. Et aussi pour dissuader Jean-Marie Le Pen de franchir le Rubicon sur cette question peu de temps après l’affaire dite du point de détail. 
Eh bien là encore cette fusillade de Trappes, criminelle, odieuse, abjecte, et de plus parfaitement imbécile et contre-productive car les immigrés tués ou blessés ne sont pas des émeutiers, des pillards, des délinquants, des trafiquants de drogue ou des criminels mais des gens sans histoire — deux des hommes blessés d’origine africaine nettoyaient même une école au moment où le tireur les a visés et la fillette de douze ans qui a reçu huit impacts de balles  ne représentait un danger pour personne et n’avait pour seul crime que de porter un foulard, à cet égard on ne répétera jamais assez les propos de Jean-Marie Le Pen selon lesquels il ne faut pas s’en prendre aux immigrés ni à l’immigré mais à la folle et criminelle politique d’immigration dont sont seuls responsables les politiciens français depuis des décennies et de plus lorsqu’il y a des meurtres ou des ratonnades de racisés, heureusement fort rares jusque-là, ce sont toujours des immigrés lambda qui en sont victimes, qui travaillent, ont une famille et sont pacifiques et jamais les racailles ethniques qui pillent, volent, violent et tuent — pourrait permettre l’adoption d’une nouvelle loi dite antiraciste. On aura remarqué qu’Aurore Bergé, ministre délégué à la Lutte contre les discriminations et à l’Egalité entre les femmes et les hommes, s’est également rendue à Trappes le jour de la fusillade, a dénoncé comme le chef de l’Etat un « attentat terroriste raciste » et a évoqué le projet de loi qu’elle souhaite voir adopté par le Parlement avant la suspension de la session parlementaire le 28 février au soir à cause de la campagne présidentielle. Elle dispose donc de quatre mois (il avait suffi de deux entre l’affaire de Carpentras et l’adoption de la loi Gayssot en 1990) pour faire voter par le Parlement cette nouvelle législation liberticide qui s’ajoutera aux lois Pleven (1972), Gayssot (1990), Lellouche (2003) et Perben (2004) et qui aggravera considérablement les sanctions en matière de racisme, d’antisémitisme et de négationnisme comme ils disent. Dans un entretien à La Tribune dimanche il y a quelques mois, Aurore Bergé avait même précisé que le journal RIVAROL était explicitement visé dans ce projet de loi gouvernemental, qu’il fallait faire évoluer la loi de telle manière qu’on puisse non pas seulement condamner le directeur de publication, ce qui est déjà fait surabondamment (voir mes nouvelles condamnations en page 2 : j’en suis déjà en l’espace de quelques semaines seulement à un an de prison ferme à exécuter sous bracelet et à plusieurs dizaines de milliers d’euros d’amendes, de jours-amende et de dommages et intérêts) mais également le journal lui-même en tant que personne morale. Pour pouvoir obtenir des condamnations beaucoup plus lourdes encore, les personnes morales étant toujours plus condamnées que les personnes physiques sur le plan financier. Et, pourquoi pas, pour pouvoir obtenir un jour de Thémis l’interdiction de RIVAROL.  A ce stade, ce n’est même plus de la liberté surveillée, c’est de la tyrannie patentée.

RIVAROL,<jeromebourbon@yahoo.fr>.

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Billet hebdomadaire

Le directeur de RIVAROL condamné à 6 mois de prison ferme, 12 000 euros de jours-amende, 14 600 euros de dommages et intérêts et interdit de YouTube !

Le mardi 22 septembre, le directeur de RIVAROL a été condamné par la XVIIème chambre du tribunal judiciaire de Paris à six mois de prison ferme (à exécuter sous bracelet électronique) et à 9 200 euros de dommages et intérêts pour avoir publié trois articles politico-historiques de Vincent Reynouard en 2024 et 2025 (RIV. 3724 du 30/09/2026). Un mois plus tard, ce lundi 26 octobre, Jérôme Bourbon a de nouveau été condamné à six mois de prison ferme (à exécuter également sous bracelet électronique) par le même tribunal, à 12 000 euros de jours-amende (120 jours-amende à 100 euros, ce qui correspond à quatre mois d’emprisonnement en cas de non-paiement) et à 14 600 euros de dommages et intérêts et de remboursement de frais d’avocats à verser aux quatre parties civiles habituelles : l’Observatoire juif de France (OJF), l’Organisation juive européenne (OJE), le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA). 
A cela s’ajoute une interdiction d’accès à YouTube pendant six mois à compter du 26 octobre, ce qui empêchera la réalisation et la mise en ligne pendant au moins un semestre des vidéos rivaroliennes d’actualité (il y en a eu soixante-dix jusque-là entre 2018 et 2026).
Et comme si cela ne suffisait pas, lors de deux procès dont l’audience a eu lieu le mercredi 21 octobre, toujours devant la XVIIème, et qui concernaient, l’un, l’incise d’une phrase d’un éditorial du 4 juin 2025 sur l’élévation de Dreyfus au grade de général de brigade, et l’autre, des extraits d’une vidéo de juillet 2025 sur « la religion de la Shoah », Madame le substitut du procureur a requis en tout contre le directeur de RIVAROL un an de prison ferme (aménagé ab initio sous bracelet), 30 000 euros d’amende et encore six mois d’interdiction de YouTube tandis que l’Observatoire juif de France, seule partie civile cette fois-ci à l’audience, a exigé 20 000 euros de dommages et intérêts. Les deux jugements seront rendus le lundi 14 décembre 2026 à 13h30, quelques jours seulement avant Noël, et pourraient encore alourdir l’addition. 
On le voit, le directeur de RIVAROL est matraqué sur le plan judiciaire avec des peines de prison ferme qui s’accumulent (on en est déjà à un an !) — même si pour l’heure elles sont aménagées ab initio avec le port à la cheville d’un bracelet électronique — et sur le plan financier avec des amendes, des jours-amende et des dommages et intérêts qui atteignent des sommes astronomiques. Nous en sommes pour l’heure, pour quatre dossiers seulement, à plus de 35 000 euros ! Ce qui est le prix d’une belle voiture neuve. La liberté d’expression et de publication a un prix de plus en plus exorbitant. Cela revient très cher de la consonne et de la voyelle !
Face à ce matraquage inouï, face à cet acharnement politique, administratif et judiciaire contre RIVAROL, nous n’avons que vous. Pour poursuivre envers et contre tout l’aventure rivarolienne dans des circonstances de plus en plus difficiles, de plus en plus périlleuses, de plus en plus agitées et alors que la tyrannie devient quasiment totale, absolue.
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